samedi 21 septembre 2013

TIENS, TIENS... LE BREBIS SERAIT-IL DEVENU LE PREMIER DISCIPLE (APRES PIERRE LANCE) DE JPPS ?






"A moins que Jésus n'ait jamais existé, qui sait, et qu'il ne soit que l'agrégat condensé de divers prophètes plus ou moins illuminés, ou une invention pure et simple, une fabrication de rabbins inspirés dont la finalité, au travers du Coran ou de la Bible, de fonder deux sous-judaïsmes, afin que les peuples prient pour un même "Dieu" aussi tribal qu'inexistant  ?"

(labrebisgalleuse.blogspot.com)
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L’historicité de Jésus de Nazareth…


10 avril 2004 


En octobre 1993, j’étais exclu de l’École Pratique des Hautes Études (EPHE), Ve section – Sciences Religieuses, par le Prof. Pierre Géoltrain, directeur d’études (origines du Christianisme). Motif : « Se permet de remettre en question l’historicité de Jésus ».

Je fus donc contraint d’aller poursuivre mes recherches à Rome, à l’Institut Biblique et à « l’Urbaniana », avec l’un des grands spécialistes du judéo-christianisme, le Prof. Emanuele Testa (auteur de « La Fede della Chiesa Madre di Gerusalemme » – 1992).

À l’occasion de la sortie du film – très controversé – de M. Gibson, et prenant le risque de m’attirer les foudres de la « Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi » (ex-Inquisition), je récidive : les Juifs n’ont pas pu faire crucifier Jésus de Nazareth par les Romains, parce qu’il n’a jamais existé !

Je rappellerai tout d’abord, à toutes fins utiles, l’une des règles fondamentales de la recherche « historique » : la charge de la preuve incombe à celui qui affirme et non à celui qui nie. En d’autres termes, je n’ai pas à prouver la non-existence de Jésus : il appartient à ceux qui voudraient nous en convaincre d’en rapporter la preuve.

D’un point de vue purement académique, c’est-à-dire faisant abstraction de toutes considérations religieuses ou théologiques, le problème de l’historicité de Jésus porte essentiellement sur des questions de critique littéraire.

Contrairement à ce que prétendent, depuis des siècles, les Églises Chrétiennes, les Évangiles, qu’ils soient « canoniques » ou « apocryphes », ne constituent nullement, du point de vue littéraire, des récits « historiques » ou des « témoignages de témoins oculaires » : il s’agit en fait d’un genre littéraire très particulier – mais aussi très courant, dans les milieux juifs (et judéo-chrétiens) des premiers siècles de notre ère : le midrash.

Ce mot signifie en hébreux : commentaire, recherche exégétique (de la racine « deresh » : chercher, fouiller), mais la meilleure traduction est probablement celle de Pierre Géoltrain qui intitula son recueil d’études sur les écrits non canoniques : « La fable apocryphe » (1990).

Les midrashim sont en effet des « fables » théologiques – par opposition aux fables « morales » de M. de La Fontaine. Ils n’avaient donc, originellement, aucune prétention historique. Il s’agit de « spéculations » sur la venue éventuelle du messie (Héb. : Mashiah – Grec : Christos), basées sur les nombreux textes vétéro-testamentaires traitant de ce thème fondamental (je dirais même, du thème le plus fondamental du judaïsme) qu’est le messianisme (dont les avatars modernes se sont appelés « communisme », « trotskisme », et aujourd’hui « alter mondialisme »).

La tâche de ces rabbins, auteurs de midrashim, était d’autant plus facilitée qu’il existait à l’époque des « florilèges messianiques », dont vingt et un fragments furent retrouvés à Qumram (cf. A. Dupont-Sommer : « Les Écrits Esséniens découverts près de la Mer Morte » – 1959).
En fait, tous les détails des paroles prononcées et des actes accomplis dans le Nouveau Testament par Jésus, ont leur source dans l’Ancien Testament ; et les auteurs des écrits attribués à Matthieu, à Marc, à Luc ou à Jean (pour les « canoniques »), mais aussi à Jacques, à Barthélémy, à André ou à Philippe (pour les « apocryphes »), se trahissent souvent en plaçant à la fin d’un épisode de ces « romans de Jésus-le-Messie », la fameuse formule : « Et impleta est scriptura » (et ainsi fut accompli ce que dit l’Écriture), suivie généralement de la citation elle-même (« testimonia »).

Il suffit donc de « chercher » et de « fouiller » (Héb. Midrash) l’Ancien Testament et l’on retrouvera, par exemple, pratiquement tous les détails de la « Passion » dans le Psaume 22 (« Ils ont percé mes mains et mes pieds », « Ils se partagent mes vêtements et tirent au sort ma tunique ») – y compris le « Eli, Eli, lama Sabachthani » de la neuvième heure ! (Mt 27 : 46)
Les trente pièces d’argent de Judas ainsi que le champ du potier proviennent de Zacharie 11:12-13.

Quant à ce qui ne se trouvait pas dans la Bible, les très prolifiques auteurs de ces midrashim n’hésitaient pas à l’inventer, afin de répondre à la curiosité de leurs lecteurs : ainsi les auteurs des Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) ayant omis de donner un nom à leurs « Rois Mages » (que les Évangiles appellent simplement « Mages » – Latin : Magi, Grec : Magoï), un auteur prit l’initiative de les baptiser Gaspard, Melchior et Balthasar…

Je tiens à préciser dès maintenant qu’il ne s’agissait nullement de malhonnêteté de la part des Darshanim : tout le monde, à l’époque, savait pertinemment qu’ils ne frelataient pas des faits passés, mais qu’ils spéculaient sur des faits à venir; ils annonçaient une "Bonne Nouvelle" grec: evangelion).

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