mardi 22 juillet 2014

CHRETIENS D'IRAK

La persécution des chrétiens d'Irak s'apparente à un «crime contre l'humanité»



VIDÉO - Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon dénonce la «persécution systématique» des minorités par l'Etat islamique, qui a chassé les derniers chrétiens de Mossoul après un ultimatum expiré samedi.

En Irak, les actes commis par l'Etat islamique peuvent être considérés comme un «crime contre l'humanité». Ce sont les termes employés dimanche par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, qui a «condamné de la manière le plus ferme possible la persécution systématique des minorités en Irak par l'Etat islamique (EI) et les groupes armés qui lui sont liés».
Ban Ki-Moon est «particulièrement troublé» par les informations qui filtrent sur le traitement réservé aux chrétiens de Mossoul . 

Ce lundi, la France a dénoncé «les menaces intolérables» de l'EI à leur encontre. «Il s'agit d'une nouvelle illustration de la véritable nature de cette organisation terroriste», a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Romain Nadal. Les insurgés ont lancé vendredi un ultimatum donnant quelques heures aux familles chrétiennes pour quitter les lieux. «Le Daech (Etat islamique, NDLR) a pris leur argent, leurs voitures et tous leurs effets personnels, avant de leur demander de quitter la ville sur le champ», raconte au Figaro un prêtre actuellement basé à Bartella, situé à 35 kilomètres au Nord de Mossoul. Dans des messages diffusés vendredi par haut-parleurs, les djihadistes ont appelé les chrétiens à se convertir à l'islam, payer une taxe spéciale ou quitter la ville, sous peine d'être exécutés. 

Les maisons chrétiennes ont été marquées d'un «N» comme «nazaréen», terme péjoratif par lequel les insurgés désignent les chrétiens. «Ils marquaient aussi l'inscription: ‘cette maison est la propriété du Daech'», poursuit le prêtre. Avant l'offensive djihadiste, il y avait 35.000 chrétiens à Mossoul, selon les estimations du patriarche chaldéen Louis Sako. Mais en prenant la contrôle de la ville, les insurgés ont mis fin à 1600 ans de présence chrétienne.

«Pourquoi l'ONU ne s'interpose-t-elle pas à Mossoul?»

Les chiites subissent également des persécutions, comme d'autres minorités. 

Plus de 200 Turkmènes, Shabaks et Yézidis ont été enlevés par l'EI, qui en a tué au moins onze depuis la prise de la ville en juin dernier, selon Human Rights Watch. L'EI a aussi enlevé deux nonnes et trois orphelins chrétiens le 29 juin, et les a retenus en otage pendant 15 jours. Ces exactions poussent des centaines de familles à fuir Mossoul.

Dimanche matin, au moins 400 familles avaient rejoint Dohuk et Erbil dans le Nord du pays, selon l'ONU. Mais l'organisation attend encore 700 familles supplémentaires à Erbil où elle met en place une aide humanitaire d'urgence en collaboration avec le gouvernement autonome kurde. «Beaucoup de familles se sont aussi réfugiées à Qaraqosh, Alsqosh, Karemlesh ou Tall Kayf, explique au Figaro le prêtre basé à Bartella. Mais nous ne sommes pas en sécurité.

Nous vivons dans la peur que le Daech vienne jusqu'ici. Pourquoi la communauté internationale ne réagit-elle pas? Pourquoi les soldats de l'ONU ne s'interposent-ils pas pour nous protéger? Nous sommes en grand danger.» 

Plusieurs initiatives émergent par ailleurs sur les réseaux sociaux pour sensibiliser le public à leur sort. Ces dernières heures, de nombreuses personnes postent des photos où ils posent à visage découvert avec l'inscription: «Je suis un Irakien, je suis un Chrétien.» 

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lundi 21 juillet 2014

LES SYRIENS SONT PLUS EGAUX QUE LES AUTRES ?

Mare Nostrum (Italie) : Les passeurs sont-ils racistes avec les noirs ?


Un nouvel apartheid à bord des rafiots:  « Les Syriens ne veulent pas se mêler aux autres »

 
 
PALERME (Sicile) 
 
– Comme dans un replay sans fin, dix-neuf autres désespérés sont morts étouffés dans la cale d’un des chalands qui s’est aventuré dans la Méditerranée. Comme dans une chambre à gaz. Sans air pour respirer avec les odeurs et les poisons qui filtrent de la salle des moteurs, la graisse qui se colle aux mains, pendant qu’on tente désespérément de pousser la trappe fermée.
Le récit semblait déjà écrit le 1er juillet à Pozzallo quand un bateau de pêche mal en point  arriva traîné par un navire militaire avec sa charge de morts, 45 noirs asphyxiés.  Et alors on découvrit que ce n’était pas un hasard de mourir dans cette tour infernale de la cale, encagés dans l’obscurité, ils étaient seuls migrants provenants de Gambie, Mali, Ghana et autres pays africains où la couleur de la peau est de plus en plus sombre. « Il y a une rivalité féroce qui divise ces peuples », explique le chef de la Mobile de Raguse, Nino Ciavola. Renforcé par des témoignages lors de l’arrestation d’un passeur tunisien qui racontent qui et comment ils finissent dans la cale« Les Syriens ne veulent pas rester à côté des noirs », ils disent qu’ils » puent et qu’ils volent…. » (…)
Parmi les morts, un garçon anéanti par l’étouffement mais aussi de misère et racisme, le préfet d’Agrigente Nicola Diomede ajoute en confirmant une coutume qui le bouleverse: « Dans l’enfer de la Méditerranée ils meurent nombreux, mais surtout les noirs . » (…)
 
Un récit emblématique est celui d’un Marocain qui indique que les passeurs libyens: « sont durs avec les gens de couleur qu’ils embarquent en les menaçant avec de longs couteaux et en les tapant. » Le surpeuplement sur le bateau était tel qu’il devenait difficile de s’asseoir et quand quelqu’un le faisait, il fallait supporter le poids des autres qui s’asseyaient par manque de place. Aux gens, exclusivement de couleur, ils devaient aller à l’intérieur de la cale du bateau, avec aucune permission de monter, même pour prendre un peu d’air frais et ceci dans la peur qu’ils auraient compromis la stabilité du bateau en le faisant renverser. (…)

Une raison en plus pour décourager les migrants à se mettre dans les mains de ces trafiquants, comme le commandant de la capitainerie  du port le souhaite : »J’appelle à les repérer et les poursuivre comme ces 67 passeurs arrêtés en 2014 et avec celui-là arrêté hier à Raguse, Saber Helal, un tunisien de 27 ans, qui indique : « A Tripoli, avec 250 migrants j’ai fait encaisser à l’organisation 375 000  euros en un voyage alors que c’est ce que je gagne en deux ans comme pêcheur. » 
 
Malgré le coût de jeter les noirs dans la cale sans oxygène.
 

mercredi 16 juillet 2014

PERTURBE ?

Rouen : il asperge des policiers au gaz lacrymogène… au commissariat

Un homme d’une vingtaine d’années a été interpellé, peu avant 18h, mardi 15 juillet 2014, à Rouen. Encagoulé et ganté, il est soupçonné d’avoir aspergé de gaz lacrymogène… des policiers, à l’accueil du commissariat de la place Alfred-de-Musset, aux Sapins, dans les Hauts-de-Rouen, en milieu d’après-midi !

La scène aurait duré moins d’une minute. Le suspect serait entré dans ce poste de police de quartier, aurait aspergé les fonctionnaires, avant de prendre la fuite. Il a été rattrapé rapidement par l’une des nombreuses patrouilles mobilisées. Il a été placé en garde à vue.

Source
(fdesouche.com)
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vendredi 11 juillet 2014

LES SIX DE POITIERS

Génération identitaire : il faut désormais parler des "cinq de Poitiers"

Génération identitaire : il faut désormais parler des “six de Poitiers”

 
 
04/07/2014 
– POITIERS (NOVOpress)


Ce sont désormais six militants de Génération identitaire qui subissent les foudres de la justice, concernant l’occupation du toit du chantier de la future mosquée de Poitiers. 


Interrogé longuement par la juge d’instruction chargée de l’affaire, Damien Rieu, porte-parole de Génération Identitaire, et Arnaud Delrieux, président de Génération Identitaire, ont été mis en examen pour incitation à la haine, vol, dégradations et rassemblement non autorisé, mise en examen assortie d’un contrôle judiciaire strict pour Damien Rieu, auquel il est interdit de contacter les 76 militants présents de l’occupation.

Ironiquement, Damien Rieu fait remarquer que’il est poursuivi suite à une plainte pour provocation déposée par l’imam de cette future mosquée, accessoirement membre de l’UOIF


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jeudi 10 juillet 2014

LA ROYALE

La guerre sous Louis XIV (IV) – Puissance et déclin de la Royale
Bataille de Barfleur-La Houge. Au centre, le Soleil Royal français entre un vaisseau hollandais et un vaisseau anglais. Tableau de 1693.

La guerre sous Louis XIV (IV) – Puissance et déclin de la Royale

 

Si le Roi Soleil vouait une admiration sans faille à son armée, il n’en a pas été de même pour sa marine. Ignorant tout de la chose, le cardinal de Mazarin ne transmit donc que peu de choses au futur roi. 

Lorsque ce dernier accède au pouvoir personnel en 1661, la marine française ne regroupe qu’une petite vingtaine de navires, la plupart en mauvais état. Pourtant, sous l’impulsion de Colbert, la Royale va être réformée, renforcée considérablement, à une vitesse et un niveau jamais atteint.

I. Des débuts difficiles

Malgré les efforts de Richelieu, la marine de guerre française n’était, avant le règne de Louis XIV, qu’une marine de seconde zone, largement dépassée par les marines hollandaises et anglaises, qui employaient déjà des navires de ligne aux performances et à l’armement nettement supérieurs aux galions français, dans les années 1653-1654.

Colbert arrive aux affaires en 1665. Comprenant parfaitement que la supériorité navale allait déterminer l’avenir du commerce maritime, et donc donner à celui qui posséderait la marine la plus puissante la maîtrise des mers et du commerce, Colbert va s’efforcer, avec succès, de doter le royaume d’une marine à la hauteur de sa puissance.

En 1661, la France ne dispose que d’une vingtaine de navires en mauvais état, ainsi que six galères en Méditerranée. La politique de Colbert va être si efficace, qu’à sa mort en 1683, la flotte française comprendra 250 bâtiments, devenant de facto la flotte la plus imposante d’Europe.[1]

Pourtant, la montée en puissance de la Royale, note Olivier Chaline, quoique fulgurante, fut aussi bien éphémère, si l’on compare avec la Royal Navy qui, bien qu’ayant mis plus de temps à atteindre l’apogée de sa puissance, est restée pérenne, recevant le soutien politique, économique, financier et social dont elle avait besoin.[2]
Constat fait par tous ceux qui ont étudié l’évolution de la marine militaire et marchande en France depuis les origines : le gouvernement ne s’est jamais véritablement intéressé à la mer, préférant de loin jouer son va-tout sur terre. Le développement de la marine fut donc le fait d’hommes qui avaient compris la nécessité vitale, à l’heure de la multiplication des échanges commerciaux et de l’expansion coloniale, d’entretenir une flotte puissance capable de protéger les convois de marchandises à travers les océans, mais aussi de pouvoir paralyser le commerce ennemi en cas de guerre.

Portrait de Colbert par Philippe de Champaigne (1655), Metropolitan Museum of Art
Portrait de Colbert par Philippe de Champaigne (1655), Metropolitan Museum of Art.

C’est donc grâce à l’action de Colbert que la Royale a pu se reconstituer. Celle-ci se fait d’ailleurs dans un contexte favorable : la décadence de la marine espagnole, les luttes anglo-hollandaises, la réorganisation des finances du royaume dans les années 1660 — toujours grâce à Colbert — dans une période de paix, permet la construction de nombreux vaisseaux de guerre.[3] De ce fait, on rompt avec la tradition navale française qui perdure depuis le Moyen Âge, consistant à se fournir en navires (et en marins) dans les États étrangers, notamment Gênes et Venise.

Mais la croissance exponentielle du nombre de vaisseaux ne fait pas pour autant de la marine française une flotte redoutable : combattre Anglais et Hollandais dans la Manche et en mer du Nord reste quelque chose d’extrêmement difficile, d’abord parce que malgré la multiplication des ports sur l’Atlantique, aucun port à l’Est de Brest ne peut accueillir une flotte en difficulté. De plus, ces deux mers restent largement inconnues des marins français, contrairement à « l’empire de la mer Méditerranée assurée à la France par quarante galères »[4], le spectre de 1588 n’étant pas si éloigné.

En effet, si les Français construisent plus de navires qu’auparavant, le rôle de ces derniers restent majoritairement le transport de troupes ou le bombardement de places, contrairement aux Hollandais et aux Britanniques qui se lancent depuis longtemps dans des « batailles rangées » navales. L’échec de la stratégie navale française se constate d’ailleurs lors de la tentative de secours de Candie (Chypre), assiégée par les Turcs, en 1669, ou encore le désastre de La Lune au retour de la campagne contre les corsaires barbaresques en 1664 (avec la prise puis la perte de Djidjelli), qui coula en rade de Toulon, faisant 700 victimes.
Au niveau institutionnel, Colbert doit lutter contre les mêmes problèmes que l’on trouve dans l’armée de terre, à savoir l’indépendance jalousement gardée des nobles capitaines de vaisseaux, se réclamant « empereur en leur navire », et l’ignorance des officiers en matière navale.

II. La Royale, première marine du monde

La marine royale ne tarde pourtant pas à cueillir les fruits de sa réformation : lors de la révolte de Messine, Duquesne parvient à détruire la flotte hispano-hollandaise à Stomboli en 1674, et récidive deux ans plus tard avec la flotte hollandaise de Reyter, devant Agosta.

Grand marin que ce Duquesne : ce Dieppois né en 1610 est l’un des rares hommes nommés à un poste influent dans la Royale à avoir jamais entendu quelque chose à son domaine. Commandant son premier navire à 18 ans, Abraham Duquesne reçoit le commandement du Neptune sur ordre de Richelieu en 1636, et participe activement à la reprise des îles Lérins aux Espagnols, puis combat en Méditerranée, où il se fait remarqué à Tarragone et à Carthagène. Après la mort du Cardinal en 1643, Duquesne passe au service de la Suède et mène une brillante campagne contre le Danemark, où il obtient le statut de vice amiral. Il revient en France l’année suivante et participe au siège de Rosas. Resté fidèle au roi pendant la Fronde, Duquesne mate la révolte de Bordeaux avec 4 navires en 1649. Face à la désorganisation de la marine, il est contraint à une période d’inactivité d’une dizaine d’années avant de se voir confier la charge de lieutenant général en 1667, grade confirmé par le roi en 1669. Excellent navigateur, Duquesne n’entretient pourtant pas de bons rapports ni avec son supérieur direct l’amiral D’Estrées, ni avec Colbert, qui voit tout de même en lui un homme « fort habile et le plus expérimenté capitaine ».[5]

Ses succès à Messine et à Agosta valurent à Duquesne les honneurs de la part du roi et de Colbert, ravi que sa marine, si décevante en 1672-73, vienne d’écraser un échantillon de la deuxième plus puissante flotte du moment.

Un vaisseau français affrontant deux galères barbaresques  (Tableau de Théodore Gudin).
Un vaisseau français affrontant deux galères barbaresques (Tableau de Théodore Gudin).

Dans les années qui suivirent, Duquesne opéra en Méditerranée pour la protection des navires marchands, notamment contre les corsaires barbaresques. Très attaché au protestantisme, il refusera toujours de se convertir, ce qui le privera du bâton de maréchal et du titre de vice-amiral, pourtant fort mérité en dépit de « son humeur difficile et intéressée ».[6]

Exemple parmi les grands noms de la marine française, comme Tourvile ou plus tard Cassard, Duquesne fait partie de ces hommes qui permirent à la Royale de s’affirmer sur les mers et de donner tout son sens à la volonté réformatrice de Colbert. Après la guerre de Hollande, ce dernier ordonne que les navires trop usés soient détruits, les restants réparés et améliorés et bien-sûr, que de nouveaux soient construits. Cela fut rendu possible grâce à l’agrandissement et la création de nouveaux ports et chantiers navals sur l’Atlantique.

Dans les années 1680-90, la Royale atteint son apogée : l’outil militaire naval se perfectionne avec la création de véritables écoles navales, la production de navires de ligne par dizaines (sous le secrétariat de Seignelay, Colbert est mort en 1683, on produit entre 75 et 93 navires par an entre 1690 et 1693).

III. La Hougue et le revirement stratégique (1694-1695)

Le Soleil Royal brûle pendant la bataille de la Hougue, Huile sur toile par Adriaen van Diest.
Le Soleil Royal brûle pendant la bataille de la Hougue, Huile sur toile par Adriaen van Diest.

Malgré le nombre croissant de navires français, dépassant les effectifs de la Royal Navy au début des années 1690, la marine française n’en reste pas moins sujette à des défaites, particulièrement dans la Manche et en mer du Nord, pour les raisons évoquées plus haut.

Cette incapacité à vaincre l’Anglais sur son terrain de manière décisive est fort bien illustrée par la bataille de La Hougue ­— au large du Cotentin — le 29 mai 1692.

Nous sommes alors en pleine guerre de la ligue d’Augsbourg, qui marque le véritable sommet de la puissance navale française, avant sa chute inexorable. La construction de la flotte française a monopolisé pendant une dizaine d’années la quasi totalité des ressources du royaume, coûtant à l’État près de deux fois celles du château de Versailles.

En 1692 donc, Louis XIV apporte son soutien au catholique Jacques II d’Angleterre, afin de l’aider à recouvrer son trône. Le roi ordonne donc à Tourville de tenir tête à la flotte coalisée afin de permettre le débarquement en Angleterre d’une force de 20 000 hommes devant marcher sur Londres et rétablir Jacques II dans son droit.
Le déroulement de cette bataille nous permet de voir explicitement les défauts récurrents de la marine française, malgré les efforts de Colbert :
  • Bien qu’il commande la flotte, Tourville, marin expérimenté, ne possède aucun pouvoir de décision, ce droit étant réservé à Jacques II en personne, au maréchal de France Bellefonds et au commissaire général de la marine Bonrepaus, personnages qui n’entendent rien aux choses de la mer.
  • Le recrutement s’avère difficile : Colbert avait réformé le système de « la presse » qui contraignait tous les gens de mer à servir sur les navires du roi en temps de guerre, en créant une sorte de « service militaire obligatoire » avant l’heure, chacun devant servir une année sur trois, moyennant certains avantages, comme l’exemption de logement des gens de guerre ou des exemptions d’impôts, tout ceci étant réglementé par l’édit de 1673. Or, ce système ne permettait pas de recruter autant de marins que nécessaire pour une flotte aussi conséquente, et l’on dut recourir de nouveau à la contrainte.
  • Si Tourville devait disposer d’environ 70 navires pour l’opération, la flotte du Levant censée l’appuyer manqua à l’appel le jour du départ, laissant Tourville avec 45 bâtiments sous-armés et en manque d’équipement.
Tourville reçoit du roi un courrier, lui indiquant ses ordres et lui ordonnant, s’il aperçoit l’ennemi, de l’attaquer « en quelque nombre qu’ils soient » : Tourville devra donc affronter, mais il ne le sait pas encore, 99 navires anglo-hollandais avec moins de la moitié de cela, à Barfleur. Pourtant la bataille reste indécise : ayant reçut l’ordre d’attaquer, Tourville fonce en plein centre du dispositif ennemi avec ses 45 navires…et n’essuie aucune perte ! Les anglais eux, déplorent la mort du contre-amiral Carter et la perte de deux navires. Cependant, de nombreux bâtiments français sont dans l’incapacité de poursuivre le combat : Tourville doit se replier.

La côte normande ne dispose pas de fortifications capables de tenir en respect la flotte ennemie et d’abriter celle de Tourville, il faut donc se replier en Bretagne en franchissant le cap de la Hague. Si la majorité des navires y parvient, 13 ne le peuvent et sont contraints de se réfugier dans la baie de la Hougue. Le navire amiral, le Soleil Royal, fleuron de la marine française, fortement endommagé, s’échoue à proximité de Cherbourg avec deux autres navires. Les maigres défenses de la ville tiennent pour un temps l’ennemi à distance, mais, touché à sa réserve de munitions, le Soleil Royale s’enflamme et explose, propulsant boulets, morceaux de coque et membres d’équipage dans toutes les directions, y compris sur la ville, causant de gros dégâts matériels et humains.
Deux jours plus tard, Jacques II assiste, impuissant, à l’incendie du reste de la flotte en rade de la Hougue par des brûlots anglais. Dans cette bataille, la France perd 15 navires de ligne, mais la proximité de la côte permet de sauver une bonne partie des équipages, ce qui relativise la défaite, d’autant que les navires perdus seront remplacés l’année suivante.
La poupe du Soleil Royal, par Jean Bérain. Musée du Louvre.
La poupe du Soleil Royal, par Jean Bérain. Musée du Louvre.

Versailles tire les conclusions de cette défaite (Tourville n’est d’ailleurs pas tenu responsable, et fait maréchal de France en 1694). On ne peut vaincre les Anglo-hollandais en mer du Nord ni dans la Manche en bataille rangée. On va donc « les battre à la course ». La course, l’activité pratiquée par les corsaires, vise à paralyser le commerce ennemi en capturant ses navires. C’est donc le choix de la guerre d’usure, qui pousse à terme l’ennemi à la paix.

Ce tournant stratégique s’opère dans une période difficile : même si les navires perdus à la Hougue sont rapidement remplacés, le royaume subit une crise démographique et frumentaire en 1694-95. Au même moment, Tourville, alors Maréchal de France, décide d’attirer la flotte anglo-hollandaise en Méditerranée afin de la battre sur une mer bien connue des Français, contrairement aux Anglais, éloignés de leurs bases, qui plus est. Seulement cette affaire ne fut très prolifique envers la France. Au contraire, cela poussa les Britanniques à s’installer durablement en Méditerranée, chose faite en 1703 avec la conquête de Gibraltar.
Le recours à la course est-elle l’aveu de l’échec naval français ? Non, répond l’historien Olivier Chaline. Selon lui, la course était déjà monnaie courante avant même la défaite de la Hougue, puisque les Dunkerquois la pratique depuis 1672, date d’entrée de Jean Bart au service de la France, véritable virtuose de la guérilla navale.[7] La course ne remplace donc pas la stratégie initiale par nécessité, mais prend cependant l’ascendant.

IV. La fin

Si les années 1693-94 ne marquent pas la fin de la primauté française, elle sont toutefois un tournant majeur. Incapable de financer la restauration et la construction de navires de 1er et de second rang (plus de 100 canons pour le premier, environ 80 pour le second), dont les débris de ceux construits dans les années 1680 sont condamnés à pourrir dans les ports, la France se tourne vers des navires plus petits et plus maniables et surtout, moins onéreux. Cela n’empêche nullement la France d’avoir quelques succès en Méditerranée, mais la grandeur n’y est plus. La flotte est vieillissante et à peine remplacée. De 100 bâtiments en 1700, on passe à 90 l’année suivante, alors que le nombre de navires en service dans la Navy ne cesse de croître, même en temps de paix (13 vaisseaux anglais construits contre 2 français en 1698, idem en 1699). Mais même si les navires sont vieux,  la France conserve jusqu’en 1708, une flotte honorable.

Cette année là survient une crise financière. Les caisses sont vides, la marine est sacrifiée : un seul navire est construit en 1708, aucun ensuite. Depuis 1698 l’Angleterre a lancé une centaine de navires, construits dans des bassins performants et nombreux, la France 37.  Les navires restants sont condamnés à être démantelés ou à pourrir dans les rades. En 1715, Philippe d’Orléans, régent de la Couronne après la mort du roi, tire la conclusion que le quasi-abandon de la marine est la condition sine qua non pour conclure une alliance avec les puissances maritimes étrangères ­(alliance avec l’Angleterre contre l’Espagne en 1719).
Malgré cette fin tragique, il faut relativiser : si l’Angleterre a pris la première place dans la hiérarchie des puissances maritimes, place qu’elle ne perdra qu’après la seconde Guerre Mondiale, la France n’a jamais été chassée des mers : les convois commerciaux continuent de circuler et les corsaires français sont toujours dans la capacité d’organiser l’interlope et des attaques de convois faiblement escortés. De même, si la marine a été sacrifiée lors de la crise économique, c’est également parce que la France devait faire face à des coalitions terrestres (guerre de succession d’Espagne entre 1701 et 1714).

Conclusion générale

Ici s’achève cette  première série consacrée à la guerre sous Louis XIV. Nous y avons détaillé l’outil militaire du roi, aussi bien terrestre que naval. En somme, l’armée de Louis le Grand atteint son apogée dans les années 1690, où elle est véritablement l’armée la plus vaste du monde, sur terre comme sur mer. Louis XIV disposait d’un potentiel humain, financier et matériel considérable, dont ne disposera pas Napoléon Ier en son temps.[8] Mais la primauté française sur terre et sur mer fut mise à mal par des guerres imprévues, la perte rapide de grands hommes comme Turenne, Colbert, Seignelay (1690), puis Louvois (1691), la complexité de l’appareil militaire laissé en héritage, gangrené par la vénalité des charges et la primauté du rang sur le talent.

 A Estelle-Aurore, qui m’a inspiré cet article.
Nicolas Champion



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RELECTURE COMPLETE DE LA REVOLUTION FRANCAISE

Lecture : La Révolution française 

de Philippe Pichot-Bravard






Pichot-Bravard
Présentation de l’éditeur :
Cette histoire de la Révolution française n’a pas pour but de narrer à nouveau des événements ou des anecdotes mille fois ressassées.

Son ambition ? Susciter une relecture complète de la Révolution nourrie par les recherches récentes publiées au cours de ces dernières décennies. Ces découvertes permettent d’affirmer que la Révolution a eu pour dessein essentiel la régénération de la société et de l’homme, la création d’un monde nouveau et d’un homme nouveau adapté à ce monde bâti par la mise en œuvre des idées rationalistes, individualistes, contractualistes, matérialistes et laïcistes des Lumières. Comprendre ce qu’a été réellement la Révolution française semble dès lors indispensable pour saisir les enjeux de la politique contemporaine.
Rédigé dans une langue claire, l’ouvrage est destiné au grand public.

Philippe Pichot-Bravard est docteur en droit et maître de conférences en histoire du droit public. Il a publié notamment Le pape ou l’empereur : les catholiques et Napoléon III (Tempora, 2008) ; Conserver l’ordre constitutionnel (XVIe-XIXe siècle) (LGDJ, 2011) ; Histoire constitutionnelle des Parlements de l’Ancienne France (Ellipses, 2012).

Note critique par Fdesouche :
Ceux qui connaissent déjà très bien le déroulement de la Révolution et ses enjeux n’apprendront rien de fondamentalement nouveau. Si effectivement, comme l’indique la quatrième de couverture, l’auteur ne se contente pas de narrer les événements de la période, lesdits événements occupent une large place dans le livre qui adopte d’ailleurs un plan chronologique. Le livre, très bien écrit et très documenté, à cheval entre le manuel et l’essai, convient en revanche parfaitement à ceux qui n’auraient pas saisi la dimension profondément idéologique d’une Révolution française portant en elle les germes des totalitarismes modernes.

L’idée centrale de l’ouvrage est que la Révolution française n’est pas animée par un esprit de réforme mais par une volonté de régénération complète de la société nourrie par les idées des Lumières. C’est la philosophie de la table rase qui est à l’œuvre au sein des assemblées révolutionnaires. Philosophie qui conduisit par exemple à substituer à l’espace-temps de la monarchie traditionnelle un nouvel espace-temps républicain construit sur une nouvelle toponymie (noms de villes, localités, places, rues, …) et un nouveau calendrier. 

La sémantique aussi se trouve changée. Ainsi le Peuple, dans la bouche des révolutionnaires, ne désigne plus la population française mais les partisans de la Révolution. L’opposition entre le peuple réel et le peuple abstrait ne fut jamais aussi forte que lors de la Terreur dont la majorité des victimes furent des petites gens. De même, la Patrie ne renvoie plus à la terre des pères, ou à une dimension historique et charnelle, mais se confond avec la République à vocation universelle : un patriote est un républicain, et inversement. Il est à noter que l’ambiguïté du terme de Patrie a perduré jusqu’à nos jours : quel sens a ainsi ce mot quand il est utilisé par un élu PS, UMP voire DLR ou FN ?

L’élimination des opposants apparaît comme indispensable au processus régénérateur. Pichot-Bravard met en évidence l’engrenage de la radicalisation qui conduisit d’abord à éliminer les opposants déclarés de la Révolution (royalistes) et qui, à terme, finit par toucher les révolutionnaires eux-mêmes (les modérés ou les moins enthousiastes : on trouve toujours plus « pur » que soi). L’auteur souligne le fait que le climat de terreur apparaît dès le 14 juillet 1789, bien avant la chute de la monarchie. Les massacres de masse en Vendée font l’objet de sept pages, il est dommage que l’auteur ne se soit pas davantage appesanti sur le sujet.

Le livre a aussi le mérite de mettre à bas une série de mythes à la peau dure. Ainsi en est-il du mythe de la prétendue opposition idéologique entre les Girondins et les Montagnards : cette opposition est d’abord une opposition de personnes. Ces deux groupes sont issus du Club des Jacobins, et les Girondins ne sont pas davantage favorables au Roi que les Montagnards. Même s’il est dommage qu’il ne développe pas ce point, l’idée de Girondins « fédéralistes » (partisans d’une décentralisation administrative) s’opposant à des Montagnards centralistes est aussi une légende.

Il est rappelé aussi l’important discours du 7 septembre 1789, prononcé par Sieyès, distinguant la démocratie du système représentatif, le second n’imposant pas de mandat impératif aux députés (qui pouvaient ainsi se dispenser de respecter les cahiers de doléances).


En conclusion, il est souligné que la Révolution française et l’utopie de l’homme nouveau ont profondément marqué les deux siècles nous séparant de la chute de la monarchie et qu’elles sont toujours d’une brûlante actualité. Le livre se termine sur une citation bien choisie de Vincent Peillon : « La Révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu […] 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau […]. La Révolution implique l’oubli total de ce qui précède la Révolution.
Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines. » Citation tirée d’un livre au titre significatif : La Révolution française n’est pas terminée (2008).
Aetius.
Philippe Pichot-Bravard, La Révolution française, préface de Philippe de Villiers, éd. Via Romana, février 2014, 294 pages.

(fedesouche.com)

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mardi 8 juillet 2014

CES BRAVES GITANS




Une famille bulgare jugée pour traite d'êtres humains à Marseille


Six personnes d'une même famille de Roms exploitaient une équipe de mendiants et une prostituée, battus et mal nourris. 

Le principal accusé risque dix ans de prison ferme.

C'est un procès d'esclavage humain qui se tient à Marseille, mardi et mercredi. Une famille de ferrailleurs bulgares est jugée pour avoir contraint une jeune femme à se prostituer et six hommes à mendier.

 Le principal accusé, le père de famille, Yordan Hristov, risque dix ans de prison ferme pour traite d'êtres humains. Il est le chef présumé de ce gang de mendiants, avec sa compagne, sa belle-sœur, son fils Ivan, un travesti prostitué, son deuxième fils, Stefan, et sa compagne, alors domiciliés dans un camp de Roms du 11ème arrondissement de Marseille

C'est la prostituée, elle aussi bulgare, Sevdalina Yankova, qui a porté plainte au commissariat de police. Elle s'était laissé convaincre par Ivan de venir se prostituer à Marseille. Dès son arrivée, ses papiers lui sont confisqués et elle est contrainte de travailler toutes les nuits de 20 heures à 5 heures du matin et de donner l'intégralité de sa recette, 100 à 200 euros par nuit, à Ivan qui bizarrement se prostituait à ses côtés. Subissant régulièrement des violences, parfois même à coups de barre de fer, ou des brûlures de cigarettes, elle s'est enfuie. Un client l'a recueilli. Il a subi des pressions fortes de la famille lui demandant une indemnisation!

Un café, deux sandwiches et des restes de poubelles

Les mendiants interrogés ensuite par la police ont confirmé la déposition de Sevdalina. Ils avaient tous été recrutés en Bulgarie et avaient exercé en Grèce avant de venir à Marseille. Agés de 43 à 69 ans, certains étant malades ou infirmes, ils mendiaient chaque jour et par tous les temps, de 7h30 à 19h, et «avaient droit pour toute pitance à un café le matin, à 2 sandwiches le midi et à des restes récupérés des poubelles de supermarchés le soir», précise l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Il s'agissait de cas sociaux, d'accidentés de la vie. Comme Sevdalina, ils étaient dépouillés de leurs papiers et l'intégralité de leurs quêtes et faisait l'objet de violence physiques.

«On est en présence d'un réseau de mendicité très organisé. 

D'après les témoignages, un grand nombre de mendiants se sont succédé», souligne Me Yann Prévost, défenseur de la prostituée et de deux des mendiants.
 Pour sa défense, le père avance que tous reversaient volontairement leurs gains dans «un pot commun» et que tous vivaient ainsi réunis dans «une grande famille» dans une démarche volontaire… Et s'il a versé sur son compte bancaire, entre mars 2012 et juin 2013, 11670 euros en liquide, c'était pour les mettre à l'abri du vol…

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lundi 7 juillet 2014





LA BATAILLE DE CASTILLON

La bataille de Castillon : Le plus grand spectacle d’Aquitaine

La bataille de Castillon : Le plus grand spectacle d’Aquitaine

07/07/2014

 – CASTILLON-LA-BATAILLE (via Infos Bordeaux)

Comme chaque été depuis 37 ans, Castillon-la-Bataille va revivre un spectacle unique, celui de la reconstitution de la bataille ayant clôturé la guerre de Cent-Ans.


 Cette victoire décisive pour les Français eut lieu le 17 juillet 1453 entre les armées d’Henri VI d’Angleterre et celles du roi de France Charles VII.

 La Bataille de Castillon est devenue le plus populaire des événements culturels aquitains.

Sur 7 hectares d’aire scénique, à une portée de canon du lieu même de la bataille, 700 bénévoles dont 450 comédiens et plus de 50 cavaliers participent à cette immense reconstitution historique.

Au-delà des faits d’armes, ces deux heures intenses, relevées de cascades, d’effets spéciaux et de prouesses pyrotechniques, nous replongent aussi dans la vie quotidienne au Moyen-Âge, entre fermes et auberges, femmes au puits, scènes de vendanges, parties de chasse, arracheurs de dents et marchands ambulants.
Avec, souligne Éric Le Collen, le metteur en scène, « la précision du cinéma, la finesse du théâtre et la dimension de l’opéra »

Les représentations sont prévues entre le 18 juillet et le 16 août 2013. 

Plus d’informations sur le site www.batailledecastillon.com
Crédit photo : www.batailledecastillon.com

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ROMS

La criminalité des Roms inquiète Ottawa

En mars dernier, des policiers ont fait irruption... (Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse)

En mars dernier, des policiers ont fait irruption dans le quartier rom de Craiova, en Roumanie, pour arrêter les chefs allégués du réseau criminel qui aurait organisé l'immigration clandestine vers le Canada. 

Les suspects arrêtés sont accusés d'avoir collecté les fruits de crimes perpétrés au Canada par des demandeurs d'asile.
Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse
Vincent Larouche
 
La Presse
L'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) s'inquiète du haut taux de criminalité chez les demandeurs d'asile de la minorité rom venus de Roumanie, qui «place le public canadien à risque», selon un rapport obtenu par La Presse et dont l'existence même suscite la controverse.
Le rapport sur la «migration irrégulière» en provenance de Roumanie a été publié en novembre dernier, alors que les autorités constataient une augmentation marquée des passages clandestins de la frontière entre le Québec et le Vermont par des Roms souhaitant présenter une demande d'asile au Canada.

Se disant victimes de persécution chez eux, les migrants s'envolaient vers le Mexique ou le Guatemala avec l'aide d'un réseau qui les aidait à remonter clandestinement jusqu'au Canada. Un groupe de criminels, dont d'anciens Montréalais, coordonnait le tout à partir du ghetto rom de Craiova, en Roumanie.

«Les migrants irréguliers roumains d'origine rom cheminent de plus en plus vers le Canada, en contournant le processus légal d'immigration, pour accéder aux généreux programmes d'accueil des réfugiés, de services sociaux et de soins de santé», affirme le rapport de l'ASFC.
«Ce mouvement illicite non seulement sape le régime d'immigration du Canada, mais il place le public canadien à risque étant donné les activités criminelles auxquelles se livrent la majorité des migrants à leur arrivée au Canada», poursuit le document.

Selon les chiffres de l'Agence, en 2011, un demandeur d'asile rom adulte sur trois a été accusé d'un crime. Le pourcentage passe à 67% pour le dernier échantillon analysé, soit ceux entrés au Québec en avril 2012. Les personnes arrêtées s'étaient tournées vers le crime «soit par choix, ou pour rembourser des dettes reliées à leur passage clandestin au Canada», expliquent les auteurs.
«Depuis 1998, il y a eu une évolution et une diversification des activités criminelles entreprises par les groupes roms d'origine roumaine au Canada. Alors qu'ils se spécialisaient initialement dans la fraude de cartes de crédit et les vols par distraction, ils se lancent maintenant dans d'autres formes d'activités illicites, comme le trafic de drogue et le passage clandestin d'humains entre le Canada et les États-Unis», affirme l'ASFC.

L'Agence a aussi remarqué que des leaders du réseau de passeurs s'étaient établis de nouveau à Craiova après avoir été reconnus comme réfugiés au Canada parce qu'ils craignaient prétendument la persécution en Roumanie.

En avril dernier, une équipe de La Presse s'était rendue à Craiova et avait pu constater à quel point certains individus liés au réseau vivent dans l'opulence, habitant de grandes villas et roulant au volant de voitures de luxe immatriculées au Québec.
Dans son étude des causes de ce vaste mouvement migratoire, l'ASFC remarque que «l'échec de l'intégration des Roms de Roumanie au sein de l'Union européenne [...] les a poussés à tenter de s'établir au sein de pays qu'ils voient comme plus tolérants, tel le Canada».

Un document critiqué
Mais l'idée même de compiler des statistiques sur la criminalité d'un groupe ethnique précis sème la controverse.
Selon l'avocat Stéphane Handfield, qui a représenté plusieurs Roms devant le tribunal de l'immigration, les autorités canadiennes font un amalgame dangereux avec ce rapport.
«On mélange deux choses: la criminalité et l'obligation du Canada envers les demandeurs d'asile. Le Canada a l'obligation d'offrir la protection à ceux qui en ont besoin. On n'a pas à mélanger la criminalité là-dedans. Si des gens font des crimes, on les arrête et on les punit, c'est tout. On ne doit pas utiliser l'immigration pour pallier le système criminel», martèle-t-il.

Pour Dafina Savic, directrice générale de l'organisme montréalais Romanipe, toute l'approche de l'ASFC démontre une mauvaise compréhension de sa communauté.

«Ce que nous espérons pour le futur, c'est un rapport qui tente de présenter la situation avec précision et objectivité. Un rapport qui représente aussi le fait que plusieurs Roms viennent ici pour trouver un travail honnête pour subvenir aux besoins de leurs familles. Nous espérons un rapport qui ne présente pas les Roms comme des trafiquants illégaux et criminels, mais comme des êtres humains, qui tentent de fuir la persécution, qui tentent de sauver les vies des gens à qui ils tiennent», dit-elle.

- Avec la collaboration de William Leclerc(lapresse.ca)
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dimanche 6 juillet 2014

BON VOYAGE

Annecy : manifestation musclée des

"Bon voyage, Monsieur Dumollet" - Les Quatre Barbus et ...

www.youtube.com/watch?v=Qz1UWLCKdpQ
21 mars 2010 - Ajouté par fenicnarfabc
Alert icon. You need Adobe Flash Player to watch this video. ... "Bon voyage, Monsieur Dumollet" - Les ...

agriculteurs contre les gens du voyage


Mercredi 02 juillet 2014 

Mercredi, dès 7 heures du matin, une centaine d’agriculteurs ont stationné leurs tracteurs devant les grilles de la préfecture de la Haute-Savoie à Annecy et on recouvert le Pâquier de lisier. 

Un coup de colère pour dénoncer l’occupation illégale de leurs champs par certains groupes de gens du voyage.




Une vingaine de tracteurs sont restés stationnés durant toute la matinée de mercredi devant la préfecture de la Haute-Savoie. Richard Vivion © Radio France

"Chaque occupation illicite de terrain est dramatique pour l'agriculteur" explique Bernard Mogenet, le président de la FDSEA des Savoie. Richard Vivion 
Lecture
'On en a ras-le-bol', lâche dépité Mickael Godet. Depuis dimanche, le champ de cet exploitant de Sillingy est occupé par 200 caravanes. Une nouvelle installation illégale des gens du voyage sur un terrain privé, c’est la goutte d’eau qui a fait sortir les agriculteurs et les a poussé à manifester en plein cœur d’Annecy. Et ce mercredi matin, ils sont venus en force. Une centaine de personnes, plus de vingt tracteurs avec des cuves à lisier remplies à ras bord, quelques vaches aussi, des tonnes de foin et du fumier déversés devant la préfecture. 

Les agricultuers ont déversé du fumier devant les grilles de la préfecture de la Haute-Savoie à Annecy.  Richard Vivion © Radio France

"Un Jour il y aura un drame" estime un agriculteur
"A chaque fois qu’un terrain est occupé par plus de 200 caravanes, c’est pour l’agriculteur des pertes sèches. Il ne peut plus récolter" dénonce Bernard Mogenet le président de la FDSEA des Savoie.
 Avec les Jeunes Agriculteurs, les syndicats demandent au préfet de procéder à l’expulsion de tous les groupes installés illégalement sur des terrains privés. L’exaspération des agriculteurs est palpable et pour montrer leur détermination ils ont épandu plusieurs milliers de litres de lisier sur les pelouses du Pâquier. "On est armé, ils sont armé… un jour il y aura un drame" assure Mickael Godet. 

Depuis dimanche, 200 caravanes stationnent sur le champs de Mickael Godet. Cet agriculteur de Sillingy estime qu'un jour "cela finira très mal". (Richard Vivion)  

Les agriculteurs ont épandu des milliers de litres de lisier sur le Pâquier à Annecy. Richard Vivion © Radio France

Actuellement, il y a un millier de caravanes en Haute-Savoie

Du côté de la préfecture, on explique comprendre la colère des agriculteurs. "En Haute-Savoie, il y a un schéma d’accueil des gens du voyage qui comprend 4 aires de grands passages" explique Anne Coste de Champéron. "Actuellement 500 caravanes y stationnent sans problèmes, mais nous en avons 500 autres qui posent problèmes" poursuit la directrice la cabinet du préfet.  

"Dès que nous pouvons procéder à des expulsions, nous le faisons" assure-t-elle. "Mais sur Sillingy, il faut aussi préciser que la communauté de commune qui n’a pas d’aire d’accueil n’est pas en règle. L’état ne peut donc pas procéder à l’expulsion." 

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