jeudi 30 avril 2009

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LE MONDE
La vague de l’islamophobe Geert Wilders déferle sur les Pays-Bas

Populisme. Le Parti pour la liberté pourrait faire une percée aux européennes.
AMSTERDAM (Pays-Bas),
de notre correspondante SABINE CESSOU

A quelques semaines des élections européennes du 7 juin, la droite populiste néerlandaise inquiète, car elle pourrait faire une percée.

Un taux de participation de 47 % est prévu aux Pays-Bas pour ce scrutin, comme en France, l’un des plus élevés de l’Union européenne (UE).

Or l’islamophobe Geert Wilders, qui marche sur les pas du défunt leader populiste Pim Fortuyn, est au plus haut dans les sondages.

Son mouvement, le Parti pour la liberté (PVV), fait campagne «contre l’Eurabie» et «pour les Pays-Bas». Il préconise un repli sur des objectifs nationaux, et voudrait ramener l’UE à une «mission de coopération économique».

Le PVV n’a pour l’instant que 9 sièges sur 150 au Parlement néerlandais, mais il en raflerait plus du triple, 32 sur 150, selon un sondage Maurice-de-Hond réalisé le 31 mars, si des législatives se tenaient aujourd’hui aux Pays-Bas.

Geert Wilders, qui se voit déjà Premier ministre en 2011, passe désormais chez lui pour un héros de la liberté d’expression. Il récolte les fruits de sa stratégie provocatrice, lancée l’an dernier avec sa vidéo Fitna («épreuve» en arabe).

Ce brûlot de dix-sept minutes juxtaposait des versets du Coran et des images d’attentats terroristes. Il n’a pas provoqué les émeutes tant redoutées par le gouvernement néerlandais. Dans le monde musulman, seul un collectif d’associations en Jordanie a engagé des poursuites judiciaires, en juillet, et appelé au boycott des marques néerlandaises.

Noises.
Pour continuer à faire les gros titres, Geert Wilders a entrepris en décembre une tournée internationale de promotion de Fitna et annoncé le 14 avril qu’il ferait un autre film contre l’islam. Sa nouvelle vidéo, annoncée pour 2010, sera consacrée à son thème favori :

«l’islamisation des sociétés occidentales».

Le Parlement européen a refusé la diffusion de Fitna dans ses murs. Après une étape en Israël, le populiste néerlandais s’est vu interdire, le 10 février, l’entrée sur le territoire de Grande-Bretagne, pour cause de «menace à l’ordre public».

Depuis, sa popularité s’est envolée aux Pays-Bas. Fin mars, l’Italie l’a laissé montrer son film, de même que les Etats-Unis, où il a été reçu par la chaîne conservatrice Fox News et des responsables du Pentagone. Invité en juin en Suède pour participer à une conférence sur la liberté d’expression et la radicalisation, Geert Wilders provoque déjà une vive polémique à Stockholm, où un parti libéral s’oppose catégoriquement à sa venue.

En réalité, Geert Wilders n’est vraiment devenu sympathique aux yeux des Néerlandais que depuis que les autorités lui cherchent des noises. En novembre, le gouvernement a été contraint de retirer, après des plaintes, du matériel scolaire qui comparait Fitna à Mein Kampf, d’Adolf Hitler. Le parquet néerlandais a par ailleurs lancé en janvier des poursuites contre Geert Wilders pour discrimination et incitation à la haine. Ce procès est largement perçu, aux Pays-Bas, comme un empiétement sur la liberté d’expression.

L’homme le plus cité par les médias néerlandais est aussi le plus menacé de mort dans son pays. Il vit sous protection rapprochée, depuis le meurtre du cinéaste Theo van Gogh, le 2 novembre 2004. Bien qu’accusé par Maxime Verhagen, le ministre néerlandais des Affaires étrangères, de vouloir polariser le pays, il est déterminé à «attaquer plus et à passer à l’offensive».

Simple effet d’humeur ou transformation politique plus profonde ? «Les thèmes favoris de Wilders ont imprégné toute la classe politique et la société», rappelle le sociologue Paul Scheffer. La vogue Wilders ne pourrait retomber comme un soufflé, d’ici à 2011, que si les deux grands partis au pouvoir, chrétiens-démocrates et travaillistes, parvenaient à s’emparer du débat sur l’intégration.

Car la question de fond, selon Paul Schnabel, directeur du Bureau de planification socioculturelle (SCP), tient en ces quelques mots : «A qui appartient le pays ?»

Extrême droite.
Si Wilders dit tout haut ce que beaucoup de Néerlandais pensent tout bas, il ne peut pas être comparé à Jean-Marie Le Pen.

Sur la question de savoir s’il est d’extrême droite ou pas, personne n’est d’accord aux Pays-Bas.

Paul Schnabel estime que non, dans la mesure où Geert Wilders n’est pas antisémite, homophobe ou sexiste.

Un rapport publié en décembre par l’université de Leyde et la Fondation Anne-Frank le classe dans l’extrémisme, à cause de son «orientation positive pour tout ce qui est indigène (nationalisme) et sa forte aversion pour tout ce qui est étranger (racisme)».

Réaction de l’intéressé : «Sont-ils devenus complètement fous ?»

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