samedi 28 mars 2009

L'OPINION DES CATHOLIQUES D'EXTREME-GAUCHE :





LES CONTRE-VERITES de l’évêque d’Orléans et des lobbys catholiques intégristes

Christian Terras

L’évêque d’Orléans Mgr André Fort
a laissé entendre que le préservatif n’était pas efficace pour empêcher la transmission du virus du sida, quelques jours après la déclaration du pape selon laquelle on ne peut "régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs".

"Vous le savez très bien, tous les scientifiques le savent : la taille du virus du sida est infiniment plus fine que celle d’un spermatozoïde. La preuve est faite que le préservatif n’est pas une garantie à 100% contre le sida", a indiqué l’évêque au micro de France Bleu Orléans. "Il y a écrit sur les boîtes de cigarettes : danger. On devrait mettre sur les boîtes de préservatifs : fiabilité incomplète", a-t-il ajouté.
"Le virus ne passe pas à travers la paroi du préservatif", a assuré le docteur Philippe Arsac, du Réseau sida du Loiret.
Les propos de l’évêque relèvent d’"un discours qu’on entend depuis longtemps mais qui ne s’appuie sur aucun raisonnement scientifique valable", a-t-il ajouté. "Les préservatifs vendus en France doivent avoir la norme NF.
Leur qualité à été contrôlée", a souligné le médecin.

Cette prise de position s’inscrit dans le registre d’une riposte concertée pour soutenir le pape Benoît XVI suite à ses propos sur le préservatif. Elle est aussi le vecteur d’une croisade contre la fiabilité du condom dans la lutte contre le SIDA, croisade entreprise depuis les années 90. Cette opération menée par les milieux conservateurs et intégristes s’efforce à présent de nous faire croire que le Pape n’a en réalité pas voulu dire ce qu’il a dit Quitte à donner un aperçu très partiel et partial de l’état scientifique de la question du préservatif face à la pandémie du Sida. Au risque d’énoncer de bien dangereuses allégations.

De "Présent" à "Famille Chrétienne" en passant par... l’Osservatore Romano
Rémi Fontaine, dans un éditorial du journal intégriste et d’extrême-droite « Présent » n’y vas guère par quatre chemins : "C’est sous l‘étendard du préservatif, nous l’avons déjà dit, que la culture de mort mène mondialement sa seconde révolution sexuelle (après la pilule), répandant et décuplant les mœurs de Sodome sous couvert de lutter sanitairement (sic) et salutairement contre le sida.
Par cette classique tentation diabolique, selon laquelle la fin justifie le (mauvais) moyen, on substitue progressivement à la responsabilité sexuelle la prétendue maîtrise technique avec cette nouvelle « morale » universelle du Sidaction : — Sortez couverts ! C’est par le même procédé dit « prophylactique » qu’on avait déjà opéré avec la révolution contraceptive en commençant à détruire la famille.
Et à la jeune fille à peine pubère ou à la femme « libérée » qu’on a ainsi poussées à l’irresponsabilité morale mais qui n’ont pas su maîtriser le leurre défaillant de la responsabilité technique, on assène aujourd’hui ce nouvel impératif (im)moral : — Tu dois avorter car c’est ton droit ! Voici le cercle « vertueux », en réalité très vicieux, du nouvel ordre moral avec le génocide que l’on sait, déguisé en « santé reproductive ». De la même manière que la mentalité contraceptive augmente l’avortement, la mentalité capote soi-disant antisida augmente le sida, selon une logique de pompier-pyromane scientifiquement démontrée par les chiffres". Ces propos alignent un grand nombre de contre-vérités, En soi, le préservatif demeure le moyen le plus efficace d’endiguer l’épidémie, et prétendre le contraire c’est mentir. De nombreuses vies sont sauvées grâce à lui. M. Fontaine se moque du monde en prétendant le contraire et en invoquant de pseudo-chiffres, inexistants, ou qui disent autre chose, à son appui.

L’Association catholique des infirmières et médecins, d’orientation intransigeante, (l’ACIM) abonde également dans le sens du Pape.
Ecrire comme cette association "le Pape nous rappelle simplement à la raison. Le préservatif est en fait la roulette russe qui par un faux effet de sécurité condamnera à mort au bout d’une année quatre personnes sur cent" est un affreux et criminel mensonge. Le préservatif sauve de très nombreuses vies.
Les fameux quatre pour cent exprime le taux de non-fiabilité mais non pas de contagion effective qui est vraiment infime, car même en cas de rapports non protégés le risque d’attraper le sida n’est évidemment pas de cent pour cent. De sorte que si tous les rapports étaient protégés avec préservatif le sida ne se propagerait plus, car un risque infime ne suffit pas à continuer une épidémie, encore moins à l’aggraver.

Un médecin proche des thèses intégristes, Jean-Pierre Dickès avance un autre argument : "nous constatons que le seul pays au monde qui a vu s’effondrer le nombre des malades atteints du sida est l’Ouganda qui a fait de la fidélité conjugale et de la lutte contre la polygamie son cheval de bataille.". Voici bien encore vérité déformée. L’Ouganda inclut dans son programme l’emploi de préservatifs. L’encouragement à l’abstinence seule est illusoire étant donnée la nature humaine, et aussi l’état des mœurs, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore. Bien qu’il soit fondé de la recommander comme une protection absolument infaillible, l’abstinence n’est jamais de fait vécue que par un nombre limité de personnes. Si les autres ne se protègent pas en ayant recours à un préservatif, l’épidémie continuera ses ravages meurtriers.

Personne n’a jamais reproché au Pape d’inciter à l’abstinence pour lutter contre le sida mais de nier l’importance du préservatif pour tous ceux qui ne peuvent ou ne veulent pratiquer l’abstinence.
Tel est le vrai débat. Avec à la clé le sort de millions de personnes.

Edward C. Green scientifique américain, entend mettre en corrélation le progrès de la séropositivité et l’accès facilité aux préservatifs. Il tente d’expliquer ce constat, en fait mal interprété, par un phénomène bien connu de "compensation du risque".
En effet, lorsque les personnes se sentent moins menacées, elles deviennent moins prudentes ou plus imprudentes. Ainsi, lorsque le sceptre d’une récession économique s’éloigne, lorsque la menace d’être en grave difficulté devient moins probable, les gens dépensent-ils parfois plus et parfois de trop. En voiture on prend davantage de risques après un contrôle technique positif qu’après avoir tout juste assisté à un accident mortel. L’effet pervers de toute protection est de favoriser un relâchement de la vigilance. Il serait faux toutefois d’en conclure qu’il faut revenir sur la protection, par exemple ne plus vacciner contre une maladie parce que les gens ensuite font moins attention.

Il faut surtout rappeler que la solution n’est pas, à cause de ce relâchement, de ne plus recommander le préservatif mais au contraire d’insister sur son utilisation, et sa bonne utilisation. Ce qui suppose aussi un accès facile et sans honte au condom et une information solide, pour que personne ne soit par exemple tenté d’utiliser le même préservatif plusieurs fois.

L’hedomadaire "Famille chrétienne" fait campagne en faveur du Pape en instrumentalisant une interview d’un malade du sida, Dominique Morin, de façon pas vraiment décente.
Il dénonce la campagne d’information à destination des jeunes : "Celui qui leur dit d’utiliser un préservatif se lave les mains et s’offre une bonne conscience à peu de frais (...) Le préservatif est un leurre et une escroquerie".

Paradoxalement, la contradiction à ces défenseurs infatigables de la vérité catholique absolue du "no préservatif" leur est donnée par ... l’Osservatore Romano. En première page de l’édition du 22 mars, un article "Eglise et Sida" reconnaît l’efficacité du préservatif à 97% (même si en Afrique par exemple cette efficacité tombe en effet à 87% en raison de mauvaises conditions : préservatifs déjà utilisés, troués, placés sans gel, etc...). Le journal officiel du Vatican cite la campagne gouvernemental ABC de l’Ouganda : A comme "abstinence", B comme "fidélité" et C comme "condom". Autrement dit, même si l’Ouganda, selon les voeux du Pape plaide pour l’abstinence, comme le fit en son temps l’abbé Pierre d’ailleurs, il n’exclut pas le troisième moyen toujours incontournable et indispensable : celui du préservatif. Aujourd’hui la fréquence d’infection dans la population est descendue à 5 %. Le texte vaticanesque reconnaît explicitement que le préservatif constitue un "recours pour ceux qui n’appliquent pas les deux premiers points de la méthode".
De façon sans doute équivoque, et sans renier sa dénonciation de ce que le Père Lombardi osa appeler l’"idéologie du préservatif" (c’est-à-dire une prévention trop centrée sur le condom et pas assez sur l’abstinence ou pas du tout) ce texte romain corrige pourtant, bien entendu sans l’avouer explicitement, la prose pontificale soutenant que le préservatif aggravait le sida. C’est une façon très ecclésiastique et très romaine de se dédire en partie, sans se renier sur le fond, d’esquisser une correction de trajectoire tout en prétendant enseigner toujours la même et avoir toujours eu raison.

Mais les croisés d’un nouvel ordre moral n’ont cure de ces subtilités.
Ils ont trouvé en la personne de Mgr Fort le porte drapeau de leur désinformation sur le préservatif au nom d’une certaine conception de la vérité catholique sur l’abstinence et la fidélité pour éradiquer la pandémie du SIDA.
(golias.fr)
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