samedi 21 mai 2011

LE LIVRE DE PIERRETTE LALANNE ...SUR JEAN-MARIE LE PEN


L’ex-femme de Le Pen tient toujours son mari à l’oeil

samedi 5 juin 2010
par Laurent Macabies



Bakchich Hebdo publie les bonnes feuilles du livre de Pierrette Lalanne sur son ex-époux Jean-Marie Le Pen.

Petits échantillons avant de vous ruer chez vos marchands de journaux.

22 ans que le brûlot devait sortir… Bakchich Hebdo n°27 (disponible en kiosque samedi 5 juin) publie les bonnes feuilles du livre écrit par Pierrette Lalanne, l’ancienne femme de Jean-Marie Le Pen.

Un bouquin bourré de scoops sur le leader du Front National, qui aurait dû sortir après la présidentielle de 1988.

A l’époque, Pierrette Le Pen, en instance de divorce, avait donné une interview pour le journal Globe pour annoncer sa sortie. Le livre devait marquer l’apogée de sa contre-attaque après les injures répétées de son mari et ses filles suite à la parution de ses photos nues dans Playboy en 1987 (pas la peine de cliquer sur ce lien petits coquinous il s’agit seulement de la couverture du magazine).

Un échantillon gratiné

Pendant quelques mois, les Le Pen ont lavé leur linge sale en public. Les filles et le père attaquant leur mère qui a choisi "Globe" pour donner un aperçu de son futur livre jamais paru. L’interview aurait d’ailleurs été également menacée de censure.

En France, Thierry Ardisson commente cet entretien dans "Bains de minuit" (15 avril 1988). Pierrette estime que son mari (le divorce n’aurait pas été encore officialisé) utilise ses filles pour sa campagne. Miss Playboy étale même leurs premières expériences sexuelles.

Les confidences de l’épouse deviennent surtout intéressantes quand elle évoque le financement du parti par des personnalités et les héritages obtenus par Jean-Marie Le Pen. « Pas un sous pour ces connards ! », aurait lancé le chef du parti d’extrême-droite à propos des adhérents.

Le frontiste, si attaché aux valeurs familiales aurait même refusé de rendre les cendres de sa belle-mère. Et voici l’une des amabilités qu’il aurait proférée à son ex-épouse : « Tu reviendras à Saint-Cloud à genoux. Je te mettrai à la cave et je te pisserai sur la tête ! »

Selon la femme qui a partagé sa vie pendant plus de 25 ans, Jean-Marie « déteste plus les arabes que les juifs »… Il aurait pourtant dit en public qu’il aurait fallu « inventer une machine à concasser les juifs ».

L’antisémitisme et le racisme de Le Pen sont d’ailleurs développés dans ce livre, dont « l’interview n’est qu’un échantillon ». « D’un commun accord », l’éditeur « courageux » et Pierrette ont décidé de le sortir après les élections « pour ne pas porter un coup trop rude ».

retrouver ce média sur www.ina.fr

Mari menaçant, raciste, antisémite, mais aussi menteur, d’après l’ex. Dans l’interview au Globe, Pierrette revient sur « la légende de l’oeil » de Jean-Marie Le Pen. Lorsqu’il était taxé de racisme, le Breton qui a longtemps porté un bandeau de pirate rapportait souvent qu’il avait perdu son oeil droit en défendant un ami algérien.

« Tout le monde croit que c’est lors d’un meeting à la mutualité pour Ahmed Djebbour », un député du Front national des Combattants pendant une campagne électorale (voir vidéo), rappelait Pierrette au journal en 1988. « En fait, ce jour-là son oeil a été désorbité mais on lui a remis sans mal », précisait-elle en soulignant qu’il n’y avait pas eu de complication. « Deux ans plus tard, il a commencé à souffrir de la cataracte… mais à l’autre oeil (…) A partir de ce jour-là, il a commencé à fabuler ». « L’oeil blessé à la mutualité, il va très bien, merci ! », concluait-elle en montrant la preuve photographique avant/après au Globe.

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Pierrette Lalanne s’est longtemps retenue avant de balancer des anecdotes sur les pratiques de son mari au sein du FN.

En 1985, le Sunday Times prétend que le diplomate d’origine roumaine Gustav Pordea serait un agent des services secrets roumains et qu’il aurait donné 4 millions de francs à Jean-Marie Le Pen pour être placé en position éligible sur sa liste aux élections européennes. Parmi ses sources, le Sunday Times cite Pierrette Le Pen, qui serait allée chercher le pactole dans un appartement du 16ème arrondissement. « Si j’avais des déclarations officielles, je les ferai dans des journaux français », avait alors nié celle qui était alors toujours l’épouse de Jean-Marie Le Pen.

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Avant d’être trahi par Pierrette Lalanne, Jean-Marie Le Pen n’hésitait pas à faire parader sa famille devant les caméras. Dans ce premier reportage télévisé (1973) sur le patron de l’extrême-droite française, (dégoté grâce à l’excellent site de l’INA), le "tendre" (sic) papa Le Pen est "spontanément" (re-sic) accueilli par ses charmantes filles en arrivant chez lui. « Ah ça fait du bien d’être à la maison », lance-t-il en s’étalant sur le canapé pendant que son épouse dévouée s’empresse de lui servir sa bibine.

Le Pen parvient à s’extirper du canapé pour parler de ce qui lui tient tant à coeur, la famille : « Pour moi, c’est le plus important. C’est le cadre de la vie des hommes, c’est là où s’enseigne le cadre de vie, l’amour, le sacrifice… C’est la cellule fondamentale, essentielle des sociétés humaines et je crois que c’est la base de notre civilisation. »

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Voir en ligne : In Bakchich Hebdo n°27 du 5 juin 2010

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Le Pen, la part cachée de l’héritage Lambert

jeudi 10 juin 2010
par La Rédaction

Dans le manuscrit jamais publié de l’ex-femme de Le Pen, celle-ci raconte comment ils ont hérité des ciments Lambert. Jean-Marie Le Pen a accusé le fisc de lui avoir tout pris, mais un "trésor" gisait en Suisse.

Bakchich s’est procuré le manuscrit, jamais publié, écrit en 1988 par Pierrette Le Pen, l’ex-femme de Jean-Marie Le Pen. Après 25 ans de vie commune, Pierrette Le Pen dresse le portrait intime du leader du Front national.

Un chapitre est consacré à l’héritage Lambert, à l’origine de la fortune de Le Pen. L’occasion d’une âpre bataille avec la famille Lambert, mais aussi d’un pied-de-nez au fisc.

Dessin de Pavel Keniz - JPG - 33.8 ko
Dessin de Pavel Keniz

Extraits :

Il serait inconcevable d’écrire sur Jean-Marie Le Pen sans évoquer l’affaire Lambert. (…) Je l’affirme, et l’affirmerai jusqu’à la fin de mes jours, Jean- Marie n’a strictement rien fait pour hériter des Lambert, mère et fils. J’ajouterais qu’il s’est montré envers eux d’une telle désinvolture qu’à l’heure ultime l’héritage aurait très bien pu passer entre d’autres mains… (…)

[Après la mort d’Hubert Lambert, héritier sans enfants des Ciments Lambert, ami du couple Le Pen] Du jour au lendemain, des amis de la veille se retournèrent contre nous. Il y avait Jean Féraudy, il y avait les frères Sidos, dont il convient de dire qu’ils possédaient des testaments de la main d’Hubert Lambert, mais dépourvus de valeur légale, comme ce fut démontré au cours de nombreux procès, tous gagnés par Jean-Marie.

Évidemment, lorsqu’ils apprirent que Jean-Marie Le Pen héritait, ses coreligionnaires se persuadèrent qu’il s’agissait d’un "héritage politique". Chacun traduisait à sa manière et faisait des comptes intéressés. Ceux du Front National étaient dans le ravissement. Ils se voyaient déjà nantis, certains que le parti allait désormais rouler sur l’or.

Jean-Marie précisa dans les meilleurs délais que ce n’était pas un testament politique, mais un testament en faveur de sa famille. Ce fut un beau tollé. Sa cote de popularité tomba en flèche. Jean-Marie alla jusqu’à déclarer publiquement, ce qui écartait encore mieux le caractère hypothétique d’une donation en faveur du Front National : "Le choix des Lambert s’est arrêté définitivement sur nous grâce à la personnalité de Pierrette. Si les Lambert n’avaient pas reconnu en elle des qualités essentielles, si elle n’était pas ce qu’elle est, nous n’aurions peut-être pas hérité". (…)

Par la suite, avec sa malice habituelle, il "noya le poisson" en démontrant que le fisc lui avait tout pris, ou presque.

Il oublie délibérément le plus important.

L’autre "source d’eau claire", dont apparemment personne ne cherche à savoir si elle est "potable" ou pas.

Je veux parler de la Suisse.

Il faut être un rude casse-cou pour narguer le fisc comme le fait Jean-Marie, reprochant à l’administration de l’avoir dépouillé à outrance sur ce fameux héritage Lambert en France, alors que l’essentiel de cet héritage se trouve en Suisse.

Il y est pour la bonne raison que les Lambert, eux aussi souhaitaient échapper au fisc (ils ne sont pas les seuls) et éviter ainsi, par le jeu des « Fondations », d’être assujetti à l’impôt.

Jean-Marie en bénéficiera totalement, ou presque. Il y avait certes les Philippe Lambert, mais un arrangement fut conclu, très heureux pour les deux parties…

Habile comme toujours, Jean-Marie fit tant et si bien qu’il ne laissa apparaître, aux yeux des jaloux et du fisc crédule, que la partie immergée de l’iceberg Lambert.

Quand nous fûmes « envoyés en possession » à Saint-Cloud, nous devions découvrir des documents laissant apparaître qu’un trésor gisait en Suisse.

Encore fallait-il le récupérer.

Depuis une vingtaine d’années, Jean-Marie usait et abusait des services gracieux d’un brillant avocat, Maître André Guibert, qui réussit l’étonnante performance de gagner trente-trois procès dans l’année contre Philippe Lambert, qui se jugeait injustement dépouillé par le testament.

Maître Guibert l’accompagna, nanti du testament l’instituant légataire universel, pour faire valoir ses droits chez MM. Broccard, père et fils, gestionnaires d’une fiduciaire, Grand-Palace à Fribourg, lesquels leur révélèrent l’existence de la « Fondation Saint-Julien ».

Le principe des « fondations » est qu’il libère les héritiers de tous droits successoraux.

Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir recours à un notaire.

Jean-Marie choisit le plus averti, le plus célèbre de Genève : Maître Zyclounov, qui le remit entre les mains de Pierre Jaccoud (…), homme affable et sympathique. De surcroît fort efficace, il sut régler toutes les péripéties sans encombre et à notre avantage. Le capital de la « Fondation Saint-Julien » était composé de titres et de valeurs, d’actions, qui furent vendues dans d’excellentes conditions par des spécialistes au niveau de quatre milliards de centimes (1977) [environ 20 millions d’euros, ndlr], et le dépôt fut effectué à l’Union des Banques Suisses (…)

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12 octobre 1976, TF1 évoque le sulfureux héritage. Le Pen noie le poisson sur sa future utilisation du pognon des Lambert : « Mes amis ont voulu me laisser le libre arbitre de l’argent que je recevrai d’eux. En conséquent, en temps utile et selon ma conscience, je déciderai de ce que j’en ferai »

retrouver ce média sur www.ina.fr

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Pour en savoir plus, lisez "Le livre de Pierrette enterré sur Le Pen" et "Le FN dans son petit pull Marine" dans Bakchich Hebdo n°27, en vente en kiosques samedi 5 juin et ici même.

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