jeudi 21 novembre 2013

L'ULTRA-GAUCHE, VOUS CONNAISSEZ ?






Le tireur est une figure de l'ultra-gauche

Par AFP
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  • Mis à jour




Abdelhakim Dekhar, le tireur présumé du quotidien Libération et placé en garde à vue mercredi soir, est un personnage complexe, mystérieux, figure de l'ultra-gauche française des années 90, qu'il affirmait avoir eu pour mission d'infiltrer.

Soupçonné d'être "le troisième homme" de l'affaire Rey-Maupin, une fusillade au cours de laquelle cinq personnes dont trois policiers ont été tuées en 1994, il avait été blanchi de l'accusation d'attaque à main armée mais condamné à quatre ans de prison pour "association de malfaiteurs". 


Cette peine correspondant exactement au temps passé en détention préventive, il avait été libéré immédiatement après le procès, en octobre 1998, alors qu'il était âgé de 33 ans.

C'est lui qui avait acheté dans un grand magasin parisien, sous son nom et avec sa pièce d'identité, le fusil à pompe qui avait servi à Florence Rey et Audry Maupin pour attaquer la pré-fourrière de Pantin, dans la banlieue parisienne. Avec ses cheveux courts et ses lunettes à la Malcom X, sous le pseudonyme de Toumi, c'était au début des années 90 un habitué des squatts et des appartements dans lesquels quelques centaines de jeunes gens de la gauche radicale se retrouvaient, souvent sous étroite surveillance policière.

Lors du procès au cours duquel Florence Rey a été condamnée à 20 ans de réclusion (elle a été libérée en 2009 après 15 ans de "détention exemplaire"), Abdelhakim Dekhar avait vainement tenté de persuader la cour qu'il était en fait un espion, un agent en mission de la Sûreté militaire algérienne, chargé d'infiltrer les milieux autonomes pour en débusquer d'éventuels intégristes.

Des témoins cités à l'audience l'ont décrit comme un chaperon, un mentor pour le couple Maupin-Rey, et l'ont accusé d'avoir mis à profit leur jeunesse et leur exaltation pour les manipuler.


 "C'est un homme énigmatique, étrange", a confié mercredi soir son ancienne avocate, Me Emmanuelle Hauser-Phélizon. "Je n'ai jamais très bien su qui il était. Il disait qu'il était agent des services français ou algériens. Il était très secret, ne se révélait pas."

Son autre avocat de l'époque, Me Raphaël Constant, se souvient qu'il "disait avoir été piloté par son oncle, responsable des services secrets algériens". "Il prétendait avoir reçu pour mission d'infiltrer l'ultra-gauche qui aurait eu des accointances avec les islamistes et le GIA algérien", ajoute-t-il.

A la suite du procès il avait disparu, ses deux conseils n'avaient plus jamais entendu parler de lui. Selon les premiers éléments de l'enquête il serait alors parti vivre à l'étranger, peut-être en Algérie.

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    L'ultragauche en France après 1968



    1978-1992 : un négationnisme issu de l'ultragauche

    À la fin des années 1970, des anciens militants de l'ultragauche font de la critique bordiguiste de l'antinazisme un de leurs chevaux de bataille48

    Cette « convergence » avec Robert Faurisson est marquée en 1978 par la rencontre de ce dernier avec Pierre Guillaume, co-fondateur de l'ancienne librairie La Vieille Taupe, fermée en 197249 et leur collaboration tout long des années 1980 pour défendre et propager des thèses négationnistes.

    En avril 1977 avait paru le premier numéro de La Guerre sociale50, une revue animée par Dominique Blanc et issue de King-Kong International (voir : Communisme de conseils). 

    Le soutien d'une certaine « ultragauche » à Robert Faurisson commence en juin 1979 par la diffusion par La Guerre sociale à Lyon d'un tract intitulé « Qui est le Juif ? ».
     Un deuxième tract est intitulé « Les chambres à gaz hitlériennes sont-elles indispensables à notre bonheur ? »51.

     Ces textes sont repris dans « Vérité historique et Vérité politique » un livre de Serge Thion publié aux éditions de La Vieille Taupe

    Toujours en juin 1979, Un texte intitulé « De l'exploitation dans les camps à l'exploitation des camps » paraît dans La Guerre sociale. Il aurait été écrit initialement par Gilles Dauvé et corrigé par Pierre Guillaume52

    La Jeune Taupe, revue du groupe « Pour une intervention communiste », développe également les thèmes de l'ultragauche faurissonienne à partir de 198053.

    Un tract, « Notre Royaume est une prison », est distribué à 60 000 exemplaires le 4 octobre 1980. 
    Plusieurs "groupes" ont participé à la rédaction de ce tract qui s'appuie sur l'ouvrage de Serge Thion et plagie dans certaines phrases le discours de Faurisson :
     « Les amis du Potlatch », « Le Frondeur », le « Groupe Commune de Crondstadt », le « Groupe des travailleurs pour l’autonomie ouvrière », « La Guerre sociale », « Pour une intervention communiste » (certains de ces groupes étant par ailleurs inconnus)54.

     À la suite de ce tract, Libération publie Le 25 octobre « la gangrène », un texte de militants de la première Vieille Taupe comme Jacques Baynac et Belà Elek qui s'en prennent à cette gangrène faurissonienne qui gagne rapidement sinon l'extrême gauche, du moins des individus dont on pourrait penser que leur passé était une garantie55. Plusieurs textes collectifs dénoncent ces agissements négationnistes :

     une tribune publiée en octobre 1980 dans Libération par Jacques Baynac, ancien de la première Vieille Taupe et d'autres militants de l'« ultragauche »56 et en 1992 le texte « Les Ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis », texte57 signé également par un certain nombre de militants « ultra-gauche »58.




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