vendredi 23 août 2013

ARCHIMANDRITE LEV GILLET ET CHEVETOGNE

Chevetogne, un monastère de réconciliation
 

Dans le sud de la Belgique, les moines de rites latin et byzantin de Chevetogne perpétuent l’intuition de Dom Lambert Beauduin, pionnier du mouvement liturgique et précurseur de l’œcuménisme. 


23/8/13


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Thursday, February 28, 2013


Archimandrite Lev Gillet



Wikipedia - Lev Gillet

Orthodox Wiki - Lev Gillet


The Jesus Prayer

A classic treatise on the Jesus Prayer written by Fr. Lev Gillet, also known through many of his writings as "A Monk of the Eastern Church".

In this excellent article, Father Lev Gillet, an Orthodox monk, discusses what it means to have a "heavenly vision", and the importance of pursuing that vision in today's age. Father Gillet is also widely known throughout his writings as "A Monk of the Eastern Church."



As we endure these difficult times and suffering, we experience a range of emotions, including despair, anger, and restlessness. The Lord has blessed us with His peace and promised us victory over all evil.
Reflections in Christ
 
Father Lev Gillet: The Monk in the City, a Pilgrim in many worlds by Fr. Michael Plekon



















 Avec cet article
Du sommet de la « tige », comme on appelle les crêtes dans cette région des contreforts des Ardennes belges, on la voit apparaître sur l’autre versant : une solide bâtisse de briques rouges et, à côté, une église blanche de style russe. L’espace d’un instant, on se croirait aux confins de l’Oural ! Nous sommes pourtant au cœur du Condroz, plateau vallonné à une trentaine de kilomètres au sud de Namur où, en 1939, des moines venus d’Amay, près de Liège, sont venus s’installer pour perpétuer l’intuition œcuménique de leur fondateur, Dom Lambert Beauduin (1873-1960). 

 « Nous avons été fondés en 1925 pour travailler et prier pour l’unité de l’Église », résume Dom Philippe Vanderheyden, abbé de Chevetogne. Pionnier du mouvement liturgique et précurseur de l’œcuménisme, Dom Lambert avait en effet l’intuition que, pour parler avec les autres chrétiens, et spécialement les orthodoxes, il fallait les connaître de l’intérieur et savoir comment ils priaient. D’où ce monastère où cohabitent rites latin et byzantin et cette église russe traditionnelle.

une large part du travail des moines consacrée à l’étude

Une seule communauté avec deux liturgies différentes était une gageure. Aujourd’hui, faire cohabiter 27 moines de 10 nationalités est, en soi, un signe d’unité. « Le monastère est paradoxal, reconnaît le P. Cyrille, moine ici depuis vingt-quatre ans. Ecclésiologiquement et canoniquement, il ne tient pas. Mais, fondamentalement, la division n’est pas mauvaise : le péché serait de se replier sur son identité. » « Dans chaque famille, il y a des frottements, renchérit Dom Philippe. Mais un diamant brille par frottement ! À nous de nous convertir pour aimer le Christ dans l’autre. » 
Dès le départ, le fondateur a voulu qu’une large part du travail des moines soit consacrée à l’étude, et d’abord celle des autres chrétiens. D’où la vaste bibliothèque de 200 000 volumes. « Je m’étonne chaque jour de ce que l’on a, s’émerveille le P. Antoine, bibliothécaire. Récemment, deux étudiants de Saint-Pétersbourg sont venus trois mois pour un travail sur le monachisme pour lequel ils ne trouvaient rien chez eux. » 
Le monastère conserve aussi un beau fonds d’archives telles celles du dominicain Jean-Marie Tillard ou de la théologienne orthodoxe Élisabeth Behr-Sigel. Ce matin-là, un prêtre du centre de la France, étudiant à la Grégorienne, à Rome, épluchait une partie des archives du cardinal Willebrands, artisan de l’œcuménisme à Vatican II, pour une thèse sur le liturgiste Louis Bouyer…

des moines engagés dans le dialogue théologique

Autre pôle d’études important : la revue Irenikon devenue, dès sa fondation en 1926, l’organe du mouvement œcuménique et forte aujourd’hui d’un millier d’abonnés dans le monde. « Son avantage est d’être porté par une communauté, explique Dom Michel Van Parys, directeur d’Irenikon. Elle a le mérite d’avoir une certaine indépendance tout en étant loyale vis-à-vis de l’Église catholique. » 
Consulteur à la Congrégation pour les Églises orientales, l’ancien abbé est aussi membre de la commission théologique Foi et Constitution, seul organe du Conseil œcuménique des Églises auquel participe l’Église catholique. D’autres moines de Chevetogne sont aussi engagés dans le dialogue théologique au plus haut niveau, comme le P. Thomas, membre de la commission de dialogue avec l’Église orthodoxe.
Fondé à une époque où on ne concevait l’unité chrétienne que comme un retour pur et simple des frères séparés à l’Église romaine et où l’uniatisme était la seule méthode envisageable, le monastère a toujours refusé tout prosélytisme. « À une époque, Rome voulait que nous soyons des moines pour missionner les chrétiens. Mais Dom Lambert se refusait à cela. » 

dialogue difficile avec les catholiques

Cette exigence, rare à l’époque, a toujours valu à Chevetogne un regard bienveillant des Églises orthodoxes qui n’ont jamais regardé ces moines de rite oriental comme des « loups déguisés en brebis ». « J’ai connu le patriarche Kirill de Moscou jeune diacre. Le patriarche Bartholomeos de Constantinople aussi », se souvient Dom Nicolas Egender, ancien prieur qui fut ensuite dix-huit ans abbé de la Dormition à Jérusalem. 
 « Là-bas, j’ai constaté l’apport de Chevetogne dans ma vie, raconte-t-il. Ici, on est habitué à être en contact avec les Orientaux : ce lien humain est très important car il contribue à faire tomber la méfiance. »  
 « En vivant leur rite, on comprend mieux ce qu’ils vivent comme chrétiens : on ne les rencontre pas comme quelqu’un avec qui on va négocier », renchérit le P. Thaddée, également responsable de la commission œcuménique du diocèse de Namur.
 « Les difficultés actuelles du dialogue œcuménique viennent du fait que les orthodoxes ne sont pas convaincus de la sincérité des catholiques. Il faut créer un climat de confiance et ne pas jouer les rapports seulement au niveau diplomatique », explique Dom Michel qui se souvient avoir prêché sur l’unité devant l’ancien pape copte-orthodoxe Chenouda III : « Cela, tu peux le dire parce que tu es aussi moine », lui avait lancé le patriarche égyptien… 

un dialogue ouvert à toutes les religions

 « Le problème, c’est que la méfiance revient tout le temps à cause de l’inconsistance ressentie entre le langage des catholiques et leur façon de faire », regrette le P. Thomas qui s’engage aussi dans le dialogue avec les anglicans au sein du groupe des Conversations de Malines. « Un groupe d’amis où l’on fait abstraction du droit canonique et de la théologie non liturgique », résume-t-il.
Car Dom Lambert ne s’est pas tourné seulement vers l’Orient chrétien. « Initiateur du mouvement liturgique, il a trouvé chez les anglicans une manière de célébrer qui lui faisait dire que, si une Église prie comme cela, elle n’est pas rien », raconte Dom Michel. De son côté, avec les responsables œcuméniques belges, le P. Thaddée approfondit le travail avec les protestants
 « Les moments les plus forts sont souvent avec les Églises les plus éloignées », explique-t-il, se souvenant d’une rencontre mémorable avec les mennonites français. « Il faut être capable de percevoir la requête du moment », insiste Dom Michel pour qui l’un des défis actuels est celui du dialogue avec les pentecôtistes. 

 « Il y a quelques semaines, un de nos frères est allé donner un cours d’histoire spirituelle dans une faculté évangélique : ils sont très attentifs à la vie chrétienne et à l’exigence de conversion et reconnaissent que leur expérience rejoint celles de l’Esprit Saint tout au long de l’histoire. » Premiers pas d’un dialogue ? « Il faut s’apprivoiser, met-il en garde. Tous les problèmes ne vont pas se résoudre parce que, tout à coup, nous sommes devenus gentils. » 

  NICOLAS SENÈZE, à CHEVETOGNE (Belgique) 

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