mercredi 10 juillet 2013

"NAZI" SIGNIFIE NATIONAL ...SOCIALISTE !

10 juillet 1940 : L’Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs à Pétain




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1941 06 27 Allocution du Maréchal Pétain


Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale – réunion de la Chambre des députés et du Sénat – votent les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain, alors président du Conseil.

Voici le texte voté :


« Article unique.

L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie.

Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. La présente loi constitutionnelle, délibérée et adoptée par l’Assemblée nationale, sera exécutée comme loi de l’État »

Résultat :


846 parlementaires, sur les 907 inscrits, ont participé au vote. Ils ont voté pour à 87,67 % des suffrages exprimés (569 votes). 80 parlementaires votent contre, 20 s’abstiennent.

Des 569 votants en faveur des pleins pouvoirs, 286 parlementaires – la majorité – ont une étiquette de gauche ou de centre-gauche et 283 ont une étiquette de droite, de centre-droit ou sont sans étiquette.

Polémiques :


Une polémique naîtra alors concernant l’origine politique des votants (majoritairement de gauche). Deux thèses s’affrontent, dont voici deux illustrations.

Pour les historiens Éric Conan et Henry Rousso :

« [...] il faut rejeter le slogan selon lequel c’est « la chambre du Front populaire » qui a sabordé la République, cliché véhiculé depuis longtemps par l’extrême-droite pour dédouaner le régime pétainiste et repris récemment par ceux qui affirment que les crimes de Vichy doivent être assumés par la République, celle-ci ayant eu sa part dans l’avènement du nouveau régime. Cette assertion, souvent répétée au cours des polémiques de 1992, est inexacte (même si elle recèle une part de vérité dans la mesure où il n’y eut pas d’élection législative entre le 5 mai 1936 et le 10 juillet 1940). Elle sous-estime d’abord l’évolution politique entre 1936 et 1940, la fragilité de la coalition des radicaux, des socialistes et des communistes ou encore les fractures engendrées en 1938 par la crise de Munich. Surtout, elle fait fi de la présence, au Casino de Vichy, de 245 sénateurs qui, pour le moins, n’avaient guère été favorables, dans leur immense majorité, au Front populaire, puisque c’est le Sénat qui avait fait chuter le premier gouvernement Blum. Ensuite, il faut rappeler que, sur un effectif de 907 députés et sénateurs en 1939, seuls 670 étaient présents à Vichy. [...] »


Pour l’historien Simon Epstein :

« Le groupe qui domine le Sénat est en effet le Parti radical, et celui-ci fait intégralement partie de la coalition du Front populaire [...] Le Sénat ajoute donc de très nombreux radicaux [...] aux députés élus en 1936. [...] La réalité est, on le sait, moins exaltante : 36 parlementaires de la SFIO votent contre Pétain, mais 90 parlementaires de la même SFIO votent pour le même Pétain, [...]. Dans leur grande majorité (90 contre 36), les socialistes ont voté, comme les autres, comme l’ensemble des antifascistes du Front populaire, comme les partis du centre et de droite, la fin de la République. »

Ce dernier ajoute, concernant les communistes :


« Les communistes ayant dénoncé le pacte germano-soviétique sont là et ils votent en majorité pour Pétain. Quant aux autres, ceux qui sont restés fidèles à la nouvelle ligne du parti, ils soutiennent le pacte et sont en phase défaitiste révolutionnaire aiguë, ils sont hostiles à tout effort de résistance nationale [...] ce n’est certainement pas sur eux, en juillet 1940, qu’on pouvait compter pour défendre une République dont ils dénonçaient, depuis l’automne 1939, le caractère impérialiste, belliciste et bourgeois. »

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