LE BRESIL ISLAMISE ?
26/10/2012
La Turquie, le Brésil et la Suède présenteront à l'ONU un projet d'interdiction des "atteintes au sacré"
Une autre initiative visant à introduire le délit de blasphème en droit international !
A
noter que les diplomates derrière cette initiative imputent l'attaque
du consulat américain de Benghazi le 11 septembre à la colère suscitée
par le film L'innocence des musulmans.
Or cette attaque
djihadiste a été orchestrée par des éléments liés à Al-Qaïda et n'a
aucun lien avec le film.
L'un des objectifs d'Al-Qaïda est l'abolition
de la liberté d'expression et de la démocratie.
Toute initiative visant à
limiter la liberté d'expression dans le vain espoir de prévenir les
violences musulmanes n'est rien d'autre qu'une capitulation devant la
terreur et un encouragement à la poursuite du djihad violent.
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La
Turquie a invité les ministres des Affaires étrangères
du Brésil et de la Suède à participer à la réunion annuelle des
ambassadeurs turcs du 2 au 9 janvier à Izmir pour discuter d'une
initiative
conjointe visant à prévenir les atteintes aux valeurs sacrées.
La
Turquie a fait cette proposition au cours de l'Assemblée générale des
Nations Unies en septembre
après l’indignation suscitée par le film anti-islam intitulé
«L’innocence des musulmans»
ayant mené à l’assassinat de l’ambassadeur américain en Libye,
Christopher
Stevens, et de trois autres Américains lors d’une
attaque contre le consulat américain à Benghazi. Des hommes armés non
identifiés avaient attaqué le consulat lors de protestations
de musulmans contre le film produit aux États-Unis qui insulterait
Mahomet.
L'initiative «Trois puissances douces de trois
continents» vise également à sécuriser les diplomates dans les missions
étrangères en accroissant les précautions contre les menaces terroristes
auxquelles ils sont confrontés. Les ministres des Affaires
étrangères Antonio de Aguiar
Patriota du Brésil et Carl Bildt de Suède ont été invités
à la réunion de janvier pour poursuivre les travaux sur cette
initiative.
Les diplomates des trois pays ont commencé à travailler sur les documents de
l'initiative à New York et ils comptent les présenter à l’ONU en 2013.
Source : Turkey, Brazil, Sweden to meet on faith insults, Hurriyet, 26 octobre 2012. Traduction par Poste de veille
La liberté d'expression a des limites et le Brésil le fait savoir.
Un tribunal de Sao Paulo, ville qui abrite une forte communauté
musulmane, a ordonné, mardi 25 septembre, le retrait de la vidéo islamophobe « L'innocence des musulmans » et a donné 10 jours au site de partage YouTube, appartenant à Google, pour se conformer à cette décision « sous peine d'une amende de 10.000 reales (environ 4.950 dollars) par jour ».
Le jugement a été rendu quelques heures après que la présidente du Brésil Dilma Rousseff a dénoncé devant l'Assemblée générale de l'ONU l'islamophobie des puissances occidentales.
Le procès fait suite à une plainte déposée par l'Union islamique nationale, une organisation composée de Brésiliens de confession musulmane, contre YouTube et Google pour avoir mis en ligne un film qu'elle juge insultant. La procédure a fini par porter ses fruits en peu de temps.
Le juge Gilson Delgado Miranda a expliqué dans sa décision que cette affaire mettait en balance la liberté d'expression et la nécessité de protéger des individus ou des groupes d'individus contre des actes de discrimination religieuse. Il a aussi estimé que l'interdiction de cette vidéo n'allait pas à l'encontre de la liberté de pensée ou d'expression.
De nombreux pays comme l'Egypte, l'Arabie saoudite, l'Inde, la Malaisie ou l'Indonésie, ont déjà interdit l'accès au film via internet ou obtenu de Google qu'il supprime les liens permettant de voir « L’innocence des musulmans ».
Le jugement a été rendu quelques heures après que la présidente du Brésil Dilma Rousseff a dénoncé devant l'Assemblée générale de l'ONU l'islamophobie des puissances occidentales.
Le procès fait suite à une plainte déposée par l'Union islamique nationale, une organisation composée de Brésiliens de confession musulmane, contre YouTube et Google pour avoir mis en ligne un film qu'elle juge insultant. La procédure a fini par porter ses fruits en peu de temps.
Le juge Gilson Delgado Miranda a expliqué dans sa décision que cette affaire mettait en balance la liberté d'expression et la nécessité de protéger des individus ou des groupes d'individus contre des actes de discrimination religieuse. Il a aussi estimé que l'interdiction de cette vidéo n'allait pas à l'encontre de la liberté de pensée ou d'expression.
De nombreux pays comme l'Egypte, l'Arabie saoudite, l'Inde, la Malaisie ou l'Indonésie, ont déjà interdit l'accès au film via internet ou obtenu de Google qu'il supprime les liens permettant de voir « L’innocence des musulmans ».
Le gouvernement turc va également suivre en supprimant les liens menant vers la vidéo «
à cause du malaise provoqué dans notre pays et dans le monde par le
film qui insulte l'islam et les musulmans et qui contient des éléments
provocants », selon le ministère de la Communication.
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L’Islam au Brésil, quel avenir ?
Depuis quelques années l’expansion de l’Islam à travers le monde intrigue.
Mais qu’en est-il au Brésil, dans ce pays où l’effervescence et le pluralisme religieux sont de mise ? Peut-on imaginer qu’à l’image
des minorités évangéliques – qui en l’espace d’un demi-siècle sont
passées d’1% à plus de 20% de la population – les musulmans pourraient
bientôt constituer une importante minorité religieuse dans ce qui reste
le premier pays catholique au monde ?

Quelle présence au Brésil ?
Implanté au Brésil à la fin du XIXème siècle par des communautés de migrants syro-libanais dans la région de São Paulo, le développement de l’Islam reste avant tout lié aux mouvements migratoires et à la croissance démographiques de ces populations pour la plupart issues du moyen-orient ou du maghreb.
Si les conversions existent et ont même connu une certaine médiatisation au début des années 2000 – à la suite du 11 septembre 2001 – dans les favelas de grandes métropoles, elles restent aujourd’hui un épiphénomène dont il ne faut pas exagérer l’ampleur.
Le recensement de 2000 ne dénombrait ainsi « que » 27.239 musulmans (16.000 hommes pour 11.000 femmes) soit moins de 0,016% de la population et à peine 5.000 fidèles de plus qu’en 1991, soit une moyenne annuelle de 500 fidèles supplémentaires qui correspondraient vraisemblablement davantage à la natalité qu’à des conversions.
Certaines entités musulmanes vont jusqu’à parler d’1,5 millions de fidèles, ce qui semble très largement exagéré comme le montre le nombre de mosquées, qui ne dépasserait pas la centaine. Il faut toutefois admettre que les recensements nationaux ont souvent tendance à sous-estimer la population des minorités religieuses (qui n’osent souvent pas admettre leur affiliation réelle devant les censeurs).
Au final, on peut probablement se fier à l’estimation de la spécialiste Vitória Peres de Oliveira qui estime le nombre de musulmans au Brésil à environ 200.000.
On sait par ailleurs que 40% environ de la population musulmane se situe dans la région de São Paulo.
On compte aussi de nombreux musulmans dans la région controversée de la « Triple Frontière » à l’intersection du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay.
Une présence numérique et physique encore très faible donc et qui ne fait du coup l’objet d’aucune reconnaissance publique de la part des hommes politiques et de peu d’études académiques. Néanmoins, la communauté musulmane est bien présente sur internet et mobilise de plus en plus les moyens de communications pour gagner en visibilité (http://www.fambras.org.br/). Il est aussi intéressant de noter que le Brésil est entrain de se positionner comme l’un des principaux exportateur de viande halal dans le monde, renforçant ainsi ses liens commerciaux avec le monde arabo-musulman.
Quel avenir pour l’Islam au Brésil ?
Au sein d’un « marché religieux » particulièrement dense et concurrentiel, l’Islam parviendra-t-il à se faire une place ?
Feres Fares, l’un des grands diffuseurs de l’Islam au Brésil reste particulièrement optimiste. D’après lui, en l’espace de huit ans, le nombre de locaux à prières aurait été multiplié par quatre, passant de 32 en 2000, à 127 en 2008, et ce, dans l’ensemble du pays jusqu’en Amazonie. Culturel et limité aux populations d’origines arabe, Fares assure par ailleurs que l’Islam se répand de plus en plus auprès d’afro-brésiliens et de jeunes adeptes du mouvements hip-hop en quête d’identité, de rigueur et de « certitudes ».
Objet médiatique éphémère ou véritable phénomène religieux émergent ?
L’Islam et son avenir restent encore un mystère dans ce qui reste le plus grand pays chrétien de l’hémisphère sud.
Eliott Mourier
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