lundi 8 octobre 2012

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La Chanson de Roland



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La Chanson de Roland est un poème épique et une chanson de geste de la fin du XIe siècle attribué sans certitude à Turold (la dernière ligne du manuscrit dit : Ci falt la geste que Turoldus declinet).
Neuf manuscrits du texte nous sont parvenus, dont un (manuscrit d'Oxford) est en anglo-normand. 
Ce dernier, redécouvert par l'abbé de La Rue en 1834, demeure le texte le plus ancien que l'on connaît, ce qui ne fait pas de lui le texte original car il s'agit d'une tradition tout d'abord orale.
C'est donc lui que l'on désigne quand on parle sans autre précision de la Chanson de Roland. L'auteur de cette chanson de geste est aujourd'hui encore inconnu.


Roland
Statue de Roland à Riga en Lithuanie

La Chanson de Roland comporte environ 4 000 vers (dans sa version la plus ancienne ; elle en compte 9 000 pour un manuscrit de la fin du XIIIe siècle) en ancien français répartis en laisses assonancées, transmises et diffusées en chant par les troubadours et jongleurs.
Elle relate, trois siècles après, le combat fatal du chevalier Roland (ou Hroudland), marquis des marches de Bretagne et de ses fidèles preux contre une puissante armée maure à la bataille de Roncevaux puis la vengeance de Charlemagne.
C'est un exemple classique de chanson de geste (du latin gesta « action aventureuse ») par le glissement de l'Histoire à la légende, et par la célébration épique des vertus de la chevalerie, de l'honneur féodal et de la foi.

statue de Roland à Brême en Germanie

Fondement historique
Après une campagne en Espagne, l'arrière-garde de Charlemagne, menée par le gouverneur de la marche de Bretagne, Roland, doit faire face à une attaque surprise au col de Roncevaux dans les Pyrénées le 15 août 778. Selon le chroniqueur Eginhard, les Francs sont massacrés jusqu'au dernier.
La plupart des historiens s'accordent maintenant pour dire qu'à la bataille de Roncevaux, les chevaliers carolingiens ont, en fait, affronté la milice basque et non l'armée sarrasine.
En pleine époque de reconquête de l'Europe et de conquêtes en Orient, il est fort possible que le texte de la Chanson de Roland ait été écrit pour donner un fondement historique aux croisades, et transformer une guerre territoriale en guerre sainte.


statue de Roland à Dubrovnic en Croatie

Joseph Bédier (1864-1934) a aussi émis l’hypothèse que les principaux passages de la Chanson de Roland auraient été composés sur les routes du Saint-Jacques-de-Compostelle passant par le col de Roncevaux par les troubadours qui récitaient des fragments aux lieux de halte.
Elle est aussi mentionnée dans le codex Calixtinus ou Liber Sancti Jacobi (Livre de saint Jacques) (le IVe livre, Historia Karoli Magni et Rotholandi.)
En Catalogne, où son nom apparaît beaucoup dans la toponymie, Roland (Rotllà) est un puissant géant mythique.
Au Pays basque, à Itxassou et dans le département du Nord existent deux lieux nommés Pas de Roland.
Si en Pays basque il s'agit d'un trou dans la roche, rond et vertical, qui résulte selon la légende d'un coup de sabot donné par le cheval de Roland qui lui ouvrit un passage pour fuir les Vascons, dans le Nord il désigne un lieu censé être une immense trace de sabot du destrier.


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Les quatre parties de la chanson
La chanson peut être divisée en quatre parties :
1. La trahison de Ganelon : Ganelon, beau-frère de Charlemagne et beau-père de Roland, jaloux de la préférence de Charlemagne envers son neveu auquel l'empereur a confié l'arrière-garde de ses armées, trahit Roland. Il intrigue avec le calife Marsile, roi des Sarrasins pour s’assurer de la mort de Roland. Cette partie va des laisses 1 à 79 dans la chanson.



2. La bataille de Roncevaux : Roland et son compagnon le chevalier Olivier meurent dans la bataille ainsi qu'un grand nombre de Sarrasins et de Francs. Cette partie va des laisses 80 à 176.
3. La vengeance de Charlemagne sur les Sarrasins : Roland avait sonné du cor pour alerter Charlemagne mais quand ses armées arrivent pour secourir l'arrière-garde, le comte est déjà mort. Charlemagne venge alors son neveu en battant les Sarrasins avec l'aide de Dieu. Cette partie va des laisses 177 à 266.
4. Le jugement de Ganelon : Après la bataille, Charlemagne fait juger Ganelon qui est condamné à mourir écartelé. Cette partie va des laisses 267 à 291.



Marsile, roi Maure souhaitant épargner sa ville Saragosse de l'avancée de l'armée des Francs, convient d'un traité de paix avec Charlemagne.
Ce dernier se demande qui sera envoyé comme émissaire à Marsile, qui a une grande réputation de traîtrise.
Celui qui sera envoyé courra donc un grand danger.
L'empereur refuse que ses chevaliers préférés prennent ce risque.
On décide enfin, sur proposition de Roland, d'envoyer Ganelon.
Mais Ganelon, corrompu et haineux envers Roland, décide de trahir Charlemagne et propose un plan à Marsile.
Marsile fera semblant de conclure la paix avec Charlemagne, qui se retirera. Roland commandera l'arrière-garde.
Les Sarrasins attaqueront alors par surprise l'arrière-garde isolée.
Une fois Roland, le plus vaillant des chevaliers de Charlemagne, tué, Ganelon considère que l'armée de Charlemagne ne vaudra plus rien.
Marsile approuve le plan. Ganelon rejoint Charlemagne, qui se retire avec son armée.
Roland prend comme prévu la direction de l'arrière-garde, tandis que Ganelon reste en compagnie de l'empereur.



Les Sarrasins attaquent Roland dans le défilé de Roncevaux.
Le chevalier Olivier, grand ami de Roland, signale une large troupe sarrasine approchant l'arrière-garde.
Il demande à Roland de sonner du cor (ou olifant) pour avertir Charlemagne.
Roland préfère mourir en guerrier plutôt que de se déshonorer en appelant à l'aide (il avait un dicton qui disait : il faut toujours avancer et jamais reculer).
Les hommes de Roland se battent contre une force (commandée par Marsile) vingt fois supérieure à la leur, et malgré la bravoure de ses hommes, l'arrière-garde de Charlemagne est exterminée.
Lorsqu'il ne reste plus que soixante combattants, Roland fait sonner son olifant tellement fort qu'il « explose » (ses veines éclatent).
Charlemagne, quant à lui, continue à s'éloigner avec le gros de l'armée, persuadé par Ganelon que le son du cor, qu'il entend, n'est pas un appel à l'aide.


Mais Charlemagne finit par soupçonner le pire et chevauche vers le lieu de l'embuscade.
Pendant ce temps, tous les chevaliers de l'arrière-garde meurent, mais Roland et l'archevêque Turpin blessés arrivent à faire fuir l'armée maure avant de s'effondrer tous les deux.
Roland a encore la force d'essayer de briser son épée Durandal contre un bloc de marbre pour éviter qu'elle ne tombe entre les mains de l'ennemi, sans succès : la lame luit et flamboie sans s'ébrécher.



Il s'allonge face à l'Espagne pour mourir et c'est alors que saint Michel, Chérubin et saint Gabriel emportent son âme vers le paradis.
Quand Charlemagne rejoint son arrière-garde, il est trop tard, Roland est mort et la bataille est terminée.
L'armée de Marsile a subi de lourdes pertes, mais elle est renforcée par une immense armée représentant l'ensemble des peuples musulmans.
Cette armée affronte l'armée de Charlemagne.
Il s'engage alors une seconde bataille, aux effectifs énormes (et totalement invraisemblables pour l'époque), mais littérairement moins célèbre que la première.
Charlemagne détruit l'armée sarrasine avant de retourner à Aix-la-Chapelle.
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La Chanson de Roland.
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Là, il doit apprendre la triste nouvelle à la belle Aude, sœur d'Olivier et fiancée de Roland, qui meurt sur le coup à cette annonce.
Le jugement de Ganelon peut alors commencer. Des seigneurs prennent part à sa cause et des duels sanglants s'engagent.
Ils mourront pendus et Ganelon écartelé.




Taillefer, combattant aux côtés de Guillaume le Conquérant à Hastings aurait entonné la Chanson de Roland pour galvaniser les troupes normandes.
D'après de nombreux historiens, tout au long du XIe siècle et du XIIe siècle, les troupes françaises auraient régulièrement déclamé ce chant carolingien avant de livrer bataille.
On raconte aussi que le roi Jean demanda un jour à ses soldats : « pourquoi chanter Roland s'il n'y a plus de Roland ? » Ce à quoi un homme répondit : « il y aurait encore des Roland s'il y avait des Charlemagne. »
textes via Wikipedia

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Roland sent que son temps est fini. Il est couché sur un tertre escarpé, le visage tourné vers l’Espagne. De l’une de ses mains il frappe sa poitrine : "Dieu, par ta grâce, mea culpa, pour mes péchés, les grands et les menus, que j’ai faits depuis l’heure où je naquis jusqu’à ce jour où me voici abattu." Il a tendu vers Dieu son gant droit. Les anges du ciel descendent à lui.
« Le comte Roland est couché sous un pin. Vers l’Espagne il a tourné son visage. De maintes choses il lui vient souvenance : de tant de terres qu’il a conquises, le vaillant, de Douce France, des hommes de son lignage, de Charlemagne, son seigneur, qui l’a nourri. Il en pleure et soupire, il ne peut s’en empêcher. Mais il ne veut pas se mettre lui-même en oubli ; il bat sa coulpe et demande à Dieu merci : "Vrai Père, qui jamais ne mentis, toi qui rappelas saint Lazare d’entre les morts, qui sauvas Daniel des lions, sauve mon âme de tous périls, pour les péchés que j’ai faits dans ma vie !". Il a offert à Dieu son gant droit : saint Gabriel l’a pris de sa main. Sur son bras il a laissé retomber sa tête : il est allé, les mains jointes, à sa fin. Dieu lui envoie son ange Chérubin et saint Michel du Péril ; avec eux y vient saint Gabriel. Ils portent l’âme du comte en paradis.
« Roland est mort : Dieu a son âme dans les cieux. »

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http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/joconde/0491/m017204_0006997_p.jpg

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