FINKELKRAUT EST UN CON ! (MAIS CE QU'IL DIT SUR LA NATURE EST VRAI )
EUX AUSSI LE DISENT ! : Alain Finkielkraut.
Par Isabelle Laraque
Dans L’imparfait du présent :
- « La vache qui broute dans son pré est un chef d’œuvre en péril… » (page 185)- « La nature, nous y étions plongés. Voilà que nous la produisons… Nous tendons à devenir cause de plantes, des bêtes, de nous-mêmes. Il n’est plus guère de nouveaux vivants qui ne soient, au moins pour partie, un objet technique (page 240)
- « La nature se dévoile sur le mode de l’utile » (page 218)
Dans Nous autres modernes :
- « Cultiver c’était prendre soin de la nature, c’est maintenant instaurer un univers fonctionnel, machinable, malléable » (page 276)
Sur cette question de la nature, la pensée de Finkielkraut, ne présente aucune ambiguïté. Il déplore le fait que la technique ait réduit la nature à la simple utilité. Il se révolte face aux violences qu’elle exerce plus ou moins directement sur les arbres et les bêtes.
Il suffit qu’un motard, un automobiliste soit venu s’écraser contre un platane pour que l’arbre soit traité d’assassin et abattu.
La lumière artificielle répandue sur les villes conduit les oiseaux migrateurs à se fracasser contre les gratte-ciel éclairés. Chaque année, à Berlin, lors d’une parade techno, des milliers de jeunes dansent toute la nuit devant d’énormes enceintes. Le lendemain, les lapins, les écureuils du Tiergarten, le tympan crevé par les décibels, se ramassent à la pelle, et les crapauds qui survivent restent sourds.
Plus grave encore : l’agriculture s’aligne sur l’industrie. L’agriculteur, devenu exploitant agricole vise l’efficacité et la productivité : d’où l’élevage concentrationnaire de veaux, de porcs, de poulets… On ne voit que la rentabilité et non le malheur des bêtes.
La vache n’est plus qu’un objet fonctionnel, un laboratoire vivant. Son lait, autrefois don de la nature, n’est aujourd’hui qu’une liste de taux divers : taux de protéines, de matières grasses, de leucocytes.
Et pour répondre à la volonté du consommateur de manger de plus en plus de viande, les éleveurs devenus producteurs de bovins ont dopé les vaches avec des farines carnées. Avec les conséquences désastreuses que l’on connaît !
On est entré dans la spirale infernale du maïs, des tomates, des cochons transgéniques (eux-mêmes destinés à servir de réservoir d’organes), des animaux clonés !….
Conscient de l’enracinement de l’existence dans les contours réels d’un sol et constatant le refus de plus en plus répandu de s’en remettre aux élus et aux experts, Alain Finklielkraut annonce l’irruption du citoyen qui décide « de ne pas laisser les décideurs décider seuls des affaires communes »
Sources de cette réflexion :
Charles Péguy, auteur méconnu, auquel Alain Finklielkraut a consacré un ouvrage (le mécontemporain) où il est dit « Péguy vit dans l’angoisse de l’irréparable », celle de voir « abîmer, décréer le monde. ». Ce qui touche, dans son œuvre, c’est la piété à l’égard de la terre, le souci du monde animal. « Les hommes ont envers les animaux les devoirs d’aînesse parce que les animaux ont des âmes adolescentes»
Martin Heidegger jamais mentionné, pourtant largement utilisé ! Alors qu’Hannah Arendt, l’élève et l’amie du philosophe allemand, est citée.
Or Heidegger disait déjà (La question de la technique -1954) que l’homme « provoque » la nature/ il ne se contente plus de transformer la nature par le travail , il la contraint à produire l’énergie.
Une région est alors mise en demeure de produire du charbon. La centrale électrique mise en place sur le Rhin contraint le fleuve de livrer sa pression hydraulique tandis que la flore et la faune dégénèrent dans le réservoir du barrage.
L’homme épuise la terre. La technique réduit la nature à un stock d’énergie Si aujourd’hui nous avons beaucoup de compétences scientifiques et techniques, nous avons perdu la faculté de percevoir les choses.
Alain Finkielkraut est né à Paris en 1949. Il enseigne la philosophie à l’école polytechnique et anime depuis 1985 l’émission « Répliques sur France Culture ».
Sur cette question, nous recommandons les livres ci-dessous d’Alain Finkielkraut :
- L’imparfait du présent (Folio Gallimard)
- Nous autres modernes (Folio Gallimard)
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Dans L’imparfait du présent :
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