samedi 8 janvier 2011

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"Jeunes nationalistes d’aujourd’hui"

(Publié le 12 novembre 2008, mise à jour le 25 novembre 2008 par REFLExes)


De Christian Bouchet - Editions Deterna - 2008


Au début de l’année 2008 Christian Bouchet a publié une série
d’entretiens avec des militants d’extrême droite dans un livre
intitulé "Jeunes Nationalistes d’aujourd’hui".

C’est la deuxième fois
que Bouchet se livre à cet exercice. Il avait déjà tenté l’expérienceen 2001 avec un livre intitulé Les Nouveaux Nationalistes.

A l’époque,
ce livre avait surtout pour vocation de faire la promotion des individus qui gravitaient autour d’Unité Radicale et de la galaxie NR.

On y retrouvait alors entre autres André-Yves Beck [1], Christian
Bouchet, Sébastien Legentil [2], Guillaume Luyt [3] , Eddy Marsan [4],
Stéphane Parédé [5], Fabrice Robert, Philippe Vardon et Franck
Vandekerkof [6].

Cette fois-ci C. Bouchet a voulu faire un livre plus
oecuménique (du moins en théorie) et réaliser un état des lieux des préoccupations et des références idéologiques des nationalistes en 2008.

Pour cela l’ancien dirigeant de Nouvelle Résistance a ratissé

très large dans le paysage nationaliste :

David Rachline du FNJ,
Romain Vincent du RED, Thierry Boudreaux alias Thibaut de Chassey du Renouveau Français, Kavan Herbin [7] de la Gauche Nationale, Evgueni Ivanov de la revue Eurasia et de l’association « Les Notres », AyarLozano d’Egalité et Réconciliation, Pierre Gillieth [8] alias Bertrand
Le Digabel de la revue Réfléchir et Agir et Grégory Gennaro [9] du MSP
( Son interview ayant finalement été retirée à sa demande).

À l’énoncé des différentes organisations citées, on peut noter
l’absence de l’Action Française étudiante, du FNJ ou du MNJ
(aujourd’hui disparu) et surtout des Jeunesses Identitaires, pourtant
l’un des groupes les plus important parmi les jeunes nationalistes
aujourd’hui en France.

Mais comme le précise C. Bouchet, ses «
inimitiés idéologiques », ses sympathies ou ses relations personnellesont joué tout leur rôle dans la sélection des individus interviewés..

Les rapports plus que tendus entre Bouchet et le duo infernal Robert/
Vardon expliquent sans doute l’absence des Identitaires dans cet
ouvrage.

Pour rappel, Fabrice Robert et Philippe Vardon avaient réussi
en 2002 à exclure Christian Bouchet d’Unité Radicale quelques moisavant sa dissolution.

Par la suite, ils avaient tenté de l’agresser
physiquement à plusieurs reprises. Depuis, leurs relations ne se sont évidemment pas arrangées.

Que retenir de ce livre ? L’une des premières informations qui ressort
de ce livre concerne les références idéologiques citées par les jeunes
militants.

Mis à part peut-être Le Digabel/Gillieth (qui trouve le

moyen de saluer la pugnacité et la persévérance d’Hitler, mais la
provocation est le fond de commerce de la bande à R&A), la plupart
revendiquent l’héritage politique de Maurras ou du GRECE.

Certains
comme De Chassey du RF affinent le point de vue en évoquant le
Maréchal Pétain.

Kavan Herbin pour sa part récite la liste parfaite
des auteurs que tout bon militant nationaliste-révolutionnaire se doit de faire semblant de connaître (Rossel, Blanqui, Georges Valois, Georges Sorel …).

Ces interviews montrent également la quasi-unanimité

au sujet de Le Pen et du FN. Aucun ne conteste aujourd’hui la place et
le rôle du FN dans le camp nationaliste. Ils estiment même inutile de
créer une structure concurrente au FN (Le MNR, Le Parti Populiste et
la Nouvelle Droite Populaire ou Convergences Nationales apprécieront
le message).

Pour ces militants, le Front National reste toujours le

parti autour duquel tous les nationalistes doivent se retrouver pour
les élections, même si certains avouent être en désaccord avec la
ligne incarnée par Marine Le Pen.

On constate également que l’impact
et l’influence de Guillaume Faye sur les jeunes militants d’extrême droite a quasiment disparu.

L’imminence de la « Guerre Ethnique »
prophétisée par Faye il y a quelques années et qui faisait tant fantasmer les militants radicaux d’alors passe aujourd’hui pour une chimère et un alibi à l’inaction. Les récentes sorties de l’ancien du GRECE à propos d’Israël ou des USA, ainsi que l’interview-piège menée
par William Bonnefoy, ont considérablement terni son message et son
image.

Cependant si Guillaume Faye perd du terrain chez les militants

politiques, il reste toujours une référence pour des cercles moins
encadrés ou formés politiquement comme le milieu bonehead ou les
groupuscules nationalistes déconnectés des structures d’extrême droite
classiques.

Au final, en comparant les réponses on découvre qu’il

existe peu de divergences idéologiques entre ces jeunes nationalistes,
excepté Pierre Gillieth, qui rappelons-le a une dizaine d’années de
plus que les autres militants interrogés.

Du coup son parcours
idéologique et ses analyses expliquent sans doute qu’il soit
quelquefois éloigné des constats des autres militants. A l’unisson,
ces militants nous livrent le nouveau discours d’une fraction de
l’extrême droite sur l’immigration.

Afin d’éviter d’être taxé de
raciste, en préambule à toute théorie, l’immigration extra-européenne n’est plus désignée par les jeunes nationalistes comme l’ennemi, mais comme une victime … du patronat. Par conséquent ces populations doivent quitter le sol européen !

En ce qui concerne l’Islam la
plupart considère que cette religion est synonyme de danger pour «leur Europe » sans pour autant en faire leur ennemi numéro 1, refusant ainsi de tomber dans une vision du monde simpliste dessinée par un «axe américano-sioniste ».

La très forte hostilité de ces militants vis-
à-vis des USA et d’Israël est d’ailleurs l’un de leurs points communs.

Au final après avoir refermé ce livre on a le sentiment qu’une fois de
plus, Christian Bouchet n’a pas sorti ce livre au hasard.

L’ouvrage
roule clairement en faveur de la mouvance gravitant autour d’Alain Soral.

Tout est fait pour en faire le nouvel idéologue ou penseur de

la jeunesse nationaliste radicale ou « anti-système ».

En plus des
interviews, C. Bouchet n’a pas hésité à rajouter des articles sur
Soral ou sur l’université d’été d’Egalité et Réconciliationde 2007,
pour mieux enfoncer le clou.

Si Soral aimerait bien se voir dans ce
costume, « la réalité du terrain nationaliste » est plus compliquée comme il a pu s’en apercevoir à plusieurs reprises. Lors des défilésdu 1er mai frontiste, le cortège E&R n’était constitué que de quelques
dizaines d’individus, et ils ont parfois dû faire face à l’hostilité
de sympathisants et militants frontistes.

Quant à son association avec
Batskin (à travers un bar associatif, « Le Local », financé en partie par l’ancien Gudard Frédéric Chatillon, occupé aujourd’hui uniquement par Ayoub), elle a vite tourné court, les sympathisants ou militants
d’E&R un peu bronzés s’étant fait prendre à parti à plusieurs reprises
par les amis du « Beau Serge » dans le bar, obligeant Soral et ses
amis à trouver un autre local pour E&R.

[1] André-Yves Beck, ancien militant du FNJ, de Troisième Voie, de
Nouvelle Résistance et d’Unité Radicale, aujourd’hui membre de la
direction des Identitaires.
Il est également parti combattre en 1991
en Croatie avec des militants nationalistes Français.
Au sein de

Nouvelle Résistance il avait tenté d’infiltrer Socialisme
International et Ecolo-J à Grenoble ainsi que la Scalp local. Il est
toujours le directeur de la communication du maire d’Orange, Jacques
Bompard, membre du MPF de Philippe de Villiers et ancien d’Occident et
du FN et a été élu conseiller municipal de Bollène en 2008 sur la
liste conduite par l’épouse de J. Bompard.

[2] Sébastien Legentil, militant de Bourges, vient du mouvement
skinhead et a fréquenté toute la galaxie nationaliste radicale, en
particulier Réfléchir & Agir ou Unité Radicale. Proche à présent de
Terre & Peuple, il poursuit ses activités musicales avec le label
Martel en tête et le groupe Wolfsangel.

[3] Ancien militant de l’Action Française et du FNJ. Après avoir
rejoint Unité Radicale, il suit Robert et Vardon aux Identitaires. Il
est alors porte-parole du mouvement. Depuis plusieurs mois il s’est
fait plus discret chez les Identitaires, se concentrant sur son nouvel
objectif, devenir assistant parlementaire d’un élu de la Ligue du
Nord. Il continue de faire cependant partie de la direction du
mouvement et s’occupe en particulier du secteur des élus identitaires
via la « fédération identitaire ».

[4] Ancien Secrétaire Départemental du FNJ du Lot et Garonne, puis
responsable du FN et tête de liste pour les régionales en 1992. En
1998, il quitte le FN pour le MNR en fondant son mouvement
l’Alternative Nationale, dans le but de regrouper militants FN et MNR
sur une ligne « identitaire européenne sans ambiguïté » prônantun «
discours radical ». Il publie alors son bulletin La Lettre de
L’Alternative Nationale. Devant son refus de rentrer dans le rang, il
est exclu du MNR et rejoint Unité Radicale. A la dissolution d’UR, il
se rapproche de l’équipe de Militant et profite de son bulletin,
transformé en Lettre d’Eddy Marsan, diffusé et financé gràce aux
crédits qui lui sont alloués en tant que Conseiller Régional, pour
régler ses comptes avec les différentes tendances et personnalités de
la scène nationaliste. Ce qui lui vaudra quelques « cassages de
gueules » lors de réunions unitaires, comme lors de la journée de
l’Identité à Paris en 2003 ! Il semble qu’Eddy Marsan ait disparu des
rangs nationalistes, certaines mauvaises langues affirmant que son
goût immodéré pour la fête et la vie nocturne l’aurait poussé à
rejoindre Ibiza !

[5] Membre du MNR en 2001 et d’UR, responsable régional MNJ du
Languedoc-Roussillon. Il était également directeur de la revue
Montségur. Il se déclarait alors comme National-Bolchevique !

[6] Ancien militant FN qui passe aux mégrétistes en tant que
secrétaire de circonscription et prend immédiatement contact avec les
NR par le biais de Résistance ! Devenu conseiller municipal MNR de La
Madeleine (59), il participe aux initiatives d’Unité Radicale tout en
animant Terre & Peuple localement. Il s’est ensuite rapproché des
Identitaires après leur création en 2003.

[7] Kavan Herbin est un personnage bien particulier. Il est d’abord
gaulliste au lycée, puis bonapartiste. Il entre ensuite à l’Action
Française pour ensuite fonder un groupuscule souverainiste L’Alliance
pour la Résistance Nationale. Dans une interview, il prétend également
avoir été Président des Jeunesses bonapartistes entre 2005 et 2006
Aujourd’hui il se déclare « indépendantiste français » et partisan
d’un « socialisme français et d’une nation syndicale ». Il dirigela
Gauche Nationale et son journal La Cocarde. Il serait également à
l’origine du site « les nationalistes avec Le Pen » en 2007.
Il a
appartenu à l’Action Sociale Populaire avant d’en être exclu par le
pasteur Blanchard en 2007.

[8] On se demande ce que Gillieth fait dans les pages de ce livre, ce
dernier étant plus proche de la quarantaine que de ses 20 ans. Il a
été membre de l’UNI puis du GUD sur Toulouse, et à partir de 1992
intègre le FNJ et le Renouveau Etudiant. Il quitte le FN pour Terre et
Peuple en 1998. Il écrit pour Rivarol et Ecrits de Paris et prend la
direction de Réfléchir et Agir en 2001 en amenant une coquette somme
d’argent sur le tapis. Il a également écrit un B.A.BA sur les Gaulois
pour Pardès et s’occupe de la maison d’édition Auda Isarn, qui a
récemment édité Combat pour Thule, roman de science-fiction nazi qui
fait fureur dans les milieux néo-nazis allemands et anglo-saxons. Il
va encore sans doute nous traiter de « gestapistes », ce en quoi il
nous déçoit : ses prédécesseurs nous qualifiaient plus souvent de «
gestapettes ».

Faut-il voir dans ce changement sémiologique le

résultat de l’orientation sexuelle de certains membres de Réfléchir
&
Agir ?


[9] Il est à l’origine du groupuscule Action-Nation à Lyon en 2004. Il
transforme ce mouvement en 2006 en Mouvement Social et Populaire. La
ligne politique de ces mouvements a beaucoup évolué au fil du temps
(passant d’un nationalisme classique à une ligne NR). Grégory Gennaro,
a été membre du FN et semble entretenir de bonnes relations avec
l’Oeuvre Française. Il participe au projet européen Metapedia (sorte
de wikipedia) aux côtés de Christian Bouchet. Après avoir répondu aux
questions de Bouchet, Gennaro a refusé de voir ses réponses publiées,
justifiant sa demande par son éloignement de la mouvance nationaliste.
Depuis quelque temps Gennaro semble avoir développé un discours
mélangeant patriotisme, références à De Gaulle et Hugo Chavez. Bien
évidemment tout cela ressemble beaucoup à la ligne nationale-
républicaine d’Alain Soral. Il n’y a rien d’étonnant à cela puisque
Gennaro aurait demandé à ses troupes (c’est à dire pas grand monde)de
rejoindre Egalité et Réconciliation. Cependant Gennaro continue de
temps à autre à « piger » pour le FN puisque après s’être occupé du
site « Les Jeunes avec le Pen » en 2007, il a été directeur de
campagne pour David Rachline, directeur du FNJ, pour les élections
législatives à Fréjus en 2008.

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