ET SI MARINE AVAIT RAISON ?
Tectonique des plaques nationalistes :
Europe–Israël, même combat ?
Le voyage en Israël est devenu du dernier chic… nationaliste ! Le Néerlandais Geert Wilders, le Flamand Filip Dewinter, l’Autrichien Heinz-Christian Strache et bien d’autres, tous y sont ou en reviennent. Comme si la lutte des Européens contre l’islam passait forcément par Tel Aviv. Une stratégie dangereuse.
Extrait d’un article paru dans l’hebdomadaire Minute du 8 décembre 2010
Le bal a été ouvert samedi dernier 4 décembre par le Néerlandais Geert Wilders. Le fondateur du Parti pour la liberté (PVV), troisième parti des Pays-Bas et qui soutient, sans y participer, la coalition gouvernementale, est un habitué de l’Etat hébreu. Cela fait une bonne quarantaine de fois qu’il s’y rend. Il a même failli s’y établir. Mais cette fois, il a franchi un nouveau palier. D’abord en donnant de la publicité à sa rencontre avec Avigdor Lieberman, le ministre des Affaires étrangères israélien, qui, entre autres coins enfoncés dans le « processus de paix », veut relancer la colonisation en Cisjordanie. Ensuite, accompagné de deux députés du PVV, Wim Kortenoeven et Raymond de Roon, en apportant son soutien inconditionnel, au cours d’un long discours prononcé à Tel Aviv, à la politique menée par l’Etat hébreu, au point de lancer : « Levons-nous avec Israël parce que les Juifs n’ont pas d’autre Etat, tandis que les Palestiniens en ont déjà un : la Jordanie. […] Nous devons dire la vérité. La vérité est que la Jordanie est la Palestine, la vérité est que la Samarie et la Judée font partie d’Israël, la vérité est que Jérusalem ne peut pas tomber, la vérité est qu’Israël est la seule démocratie dans une région sombre et tyrannique, la vérité est qu’Israël est la clé de voûte de l’Occident. » Et de conclure son discours par ces mots : « C’est ici qu’Israël a allumé la lumière de la liberté et que les Européens et les Américains doivent aider les Israéliens à faire briller la lumière sur les ténèbres. »
Une réception à la Knesset comme apothéose
Le même jour, c’est une délégation au grand complet qui arrivait sur le sol israélien, pour y tenir, avec les Néerlandais, une réunion d’une « Alliance des partis européens pour la Liberté et les droits civils », jusque-là inconnue. Parmi les participants, liste non exhaustive, les Autrichiens Heinz-Christian Strache et Andreas Mölzer, respectivement président et député européen du FPO, le parti propulsé dans les années 1980 par Jorg Haider et qui pèse aujourd’hui autour de 20 % des voix et jusqu’à 27 % dans la capitale, Vienne ; Filip Dewinter et Franck Creyelmans, du Vlaams Belang (VB) flamand, le premier étant jusqu’alors tenu pour le chef de file de la ligne radicale du VB, le second étant président de la commission des Affaires étrangères du parlement flamand ; les Allemands Patrick Brinkmann, du mouvement pro-NRW, et Rene Stadtkewitz, de Die Freiheit, parti fondé en septembre dernier après que Stadtkewitz a été exclu de la CDU d’Angela Merkel ; le Suédois Kent Ekeroth, député du Sverigedemokraterna (Démocrates suédois), qui a fait son entrée au Parlement en septembre dernier avec 5,7 % et vingt élus, etc.

Filip Dewinter
Si tout n’a pas encore filtré du programme de ce voyage, on savait, lundi, qu’outre la réunion européenne symboliquement délocalisée en Israël, Filip Dewinter, et bon nombre des autres protagonistes, avaient un agenda bien rempli. Avec participation à un colloque intitulé « La plénitude de la loi des actes militaires appliqués par un État souverain contre les attaques terroristes des islamistes fondamentalistes », en présence du maire d’Ashkelon, à une portée de roquettes de la bande de Gaza ; avec déplacement « sur la frontière entre Israël et la bande de Gaza, rencontre des militaires israéliens » et explication de « la situation par un officier de haut rang de l’armée israélienne » [1] ; avec aussi, au moins pour Filip Dewinter, réception à la Knesset, le Parlement israélien.
Dès le premier jour de sa visite, Filip Dewinter avait lancé qu’« Israël mène en partie notre lutte contre les fondamentalistes islamistes et contre le terrorisme » : « Nous devons unir nos forces pour combattre l’islamisme ici et chez nous. » Et Heinz-Christian Strache, dans un entretien au journal autrichien Krone Zeitung, avait assuré avoir « beaucoup de choses communes » avec le théoricien du sionisme Theodor Herzl, auteur de L’Etat juif (1896). En Israël, le patron du FPO a ajouté : « Nous portons une responsabilité particulière vis-à-vis de ce pays prospère. Il a été édifié par des gens qui viennent d’Europe, certains volontairement, mais la plupart suite aux persécutions des nazis. »
Une Déclaration de Jérusalem qui va faire parler
Et ce mardi 7 décembre, Heinz-Christian Strache et les autres dirigeants européens devaient lancer [2], depuis Jérusalem, la… « Déclaration de Jérusalem ». Un texte, qui, après de nombreux amendements des différents signataires, proclame leur indéfectible attachement aux droits de l’homme et en l’humanisme… et voit en Israël un « partenaire privilégié » face au terrorisme – islamique, bien sûr, mais en est-il d’autres ? –, à l’islamisme, à l’extrémisme, etc.
« Nous avons vaincu les systèmes totalitaires comme le fascisme, le national-socialisme et le communisme, y lit-on. Maintenant, nous nous trouvons devant une nouvelle menace, celle du fondamentalisme islamique, et nous prendrons part au combat mondial des défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme. » Au nombre desquels, on l’a compris, il faut compter les Israéliens. Et les Palestiniens dans tout ça ? Il était envisagé de mentionner la « question palestinienne » par une formule consensuelle, mais sans qu’il soit fait allusion à un possible Etat palestinien. Pas question de fâcher les hôtes.
Ce voyage, et cette Déclaration de Jérusalem, constituent un événement considérable dans le paysage politique européen, qui peut faire croire, en première analyse, […]
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