SUR NATIONS PRESSE INFO
Posté par NP Info Nord-Pas-de-Calais
le 23 juin 2009
J-5 avant le premier tour des municipales à Hénin-Beaumont.
Et forcément, tous les regards sont braqués vers ce Front national tout puissant.
Sur le papier, la mairie paraît encore inaccessible, mais l’élection devrait asseoir davantage le FN dans la ville (27,92% réalisés aux dernières européennes).
Le résultat d’un travail de fourmi qui a permis de banaliser le parti frontiste dans le paysage héninois.
Vendredi, jour de marché à Hénin.
Steeve Briois a les dents du bonheur.
Tout sourire, la tête de liste FN serre les pognes, tend la joue, s’arrête pratiquement à chaque étal pour bavarder.
Personne pour rejeter la main ou le tract tendu.
Le FN a déjà triomphé.
En témoigne l’intérêt suscité ce vendredi chez la presse nationale pour cette ville moyenne (27.000 âmes) :
tout le monde veut voir cette improbable greffe dans une terre solidement vissée à gauche.
A une grosse semaine du premier tour, Steeve Briois n’est pas le seul à arpenter le marché.
Les autres (neuf listes en lice) sont également présents.
Certains candidats paraissent plus tendus, lui est comme un poisson dans l’eau.
Le FN n’a pas la pression :
gonflé par trois mois d’ « affaire Dalongeville », plus fort que jamais, il est quasi assuré de grossir son électorat face à une gauche morcelée en cinq listes. Rien à perdre.
Le FN fait son marché
Ailleurs, des candidats frontistes déambulant dans les allées d’un marché seraient peut-être regardés d’un mauvais œil.
Plus ici, où ils font partie du décor.
On discute, on commente les derniers soubresauts de l’affaire Dalongeville.
« Dernières révélations : des maisons de passe payées par la Municipalité », claironne Marine Le Pen (deuxième sur la liste).
« Des partouzes organisées par la Mairie », quelques mètres plus loin.
Et encore, « Le 28 (date du premier tour, ndlr), grand ménage ! »
Des formules toutes trouvées qui font mouche sur leur passage.
Le Front national joue sur du velours.
Depuis trois mois, chaque semaine apporte son lot de révélations croustillantes motivant un nouveau tract.
Et forcément, ce FN, qui dénonce depuis quinze ans la gestion municipale, s’en donne à cœur joie.
« Ils ont dit que si le FN passait, le marché serait supprimé », interpelle un commerçant.
Steeve Briois rigole : « Ils en sont encore à ces conneries ? ».
Campagne permanente
Stigmatisé ailleurs, le FN paraît ici banalisé.
Aucun logo sur le tract du jour.
A Hénin, le parti de Jean-Marie Le Pen prend un autre visage.
Celui de Steeve Briois (36 ans), enfant du pays, rejoint par Marine Le Pen (candidate aux législatives 2002 dans la circonscription voisine de Lens, puis dans celle d’Hénin en 2007).
La référence aux thèmes familiers du FN, sécurité, immigration, etc., est aussi moins présente.
On préfère jouer la carte locale.
Et si l’animosité demeure sans doute sur le marché, c’est désormais elle qui se fait discrète. Tout juste quelques regards en biais.
Et parfois un candidat adverse qui tend un tract « plus recommandable ».
Marine Le Pen parle de « greffe réussie »; un cas d’école presque pour le FN.
Quinze ans de campagne inlassable ont inscrit le FN dans le paysage.
« Les gens n’ont plus peur de se dire FN, ils sont habitués à nous voir.
On fait souvent les marchés, et pas seulement en campagne électorale », confie Bruno Bilde, quinzième position sur la liste.
Mais cela n’a pas toujours été le cas. Il fut un temps où les gens taisaient leurs affinités frontistes.
Un temps où les campagnes de tractage du FN étaient assimilées à une provocation et finissaient parfois en altercation.
Tout en marchant, Steeve Briois nous fait comprendre combien cette époque est révolue.
Désormais, le FN avance tranquillement
.
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