lundi 7 janvier 2013

FRANCAIS PAR LE SANG VERSE



HARKIS : LES CAMPS DE LA HONTE

  (HOCINE Le Combat d'une vie)





Hocine Louanchi

En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des Arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village.

À l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désœuvrés et l’isolement total de la société française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat.

Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13)

Écoutez Hocine Louanchi joint au téléphone... émotions et voile de censure levé ! « Les Accords d'Évian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. » (H.Louanchi)

Interviewdu 26 mars 2012 sur radio-alpes.net



HARKIS, Les Camps de la HONTE (HOCINE Le Combat d'une vie)
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Camp Joffre, dit camp de Rivesaltes




Le camp Joffre est un vaste ensemble militaire de plus de 600 hectares à cheval sur les communes de Rivesaltes et de Salses. Il fut construit en 1938 dans le but d'en faire un camp d'instruction. L'emplacement fut choisit avec soin. La plaine du Roussillon est proche des Corbières. Une ligne de chemin de fer passe à proximité, il se trouve à côté d'un voie de communication (la nationale), puis plus tard de l'autoroute, et il est près de la mer.
1935
La commune de Rivesaltes, desservie par une voie ferroviaire, à 40 km de la frontière espagnole, occupe une position stratégique. A 5 km environ de Rivesaltes,  l’armée prend possession d’un espace de 612 hectares à cheval sur Rivesaltes et Salses, pour édifier un camp dont la vocation initiale est d’être un centre militaire d’instruction.
Ce sera le Camp Joffre car l'idée émanait du Maréchal mais la construction ne débutera qu'en 1938


1939
A cette époque, la surface bâtie est de 39 hectares et comprend 16 îlots dont 9 seulement sont aménagés.
Desservis par des allées caillouteuses, les blocs, désignés chacun par une lettre de l’alphabet, sont en fibrociment, les toits recouverts de briques.
De par l’entrée en guerre de la France, le Camp Joffre devient un lieu de transit pour les militaires du département en attente d’affectation.


1940
Arrivée des premiers « étrangers » : Républicains espagnols, Indochinois, militaires indigènes, coloniaux (tirailleurs sénégalais et annamites).
Ils formeront les premières « compagnies de travailleurs étrangers ».

Juin 1940
Signature d’un armistice : la France est coupée en deux et les camps situés en « zone libre », c’est-à-dire sous la tutelle du gouvernement de Vichy, passent sous la surveillance du Ministère de l’Intérieur.
La Défense Nationale met 600 hectares (sur les 612 ha) à la disposition de la Préfecture des Pyrénées-orientales. La capacité d’hébergement est évaluée à environ 17.000 à 18.000 personnes.

1941
Réquisition de la plupart des îlots pour en faire un « centre de regroupement familial » et arrivée des premiers internés : Tziganes, Républicains espagnols et Juifs de diverses nationalités qui viennent des autres camps de la zone libre.
Les femmes sont regroupées avec leurs enfants de sexe féminin et leur fils de moins de 14 ans. Au dessus de cet âge, ils vivent avec les hommes.
Les baraquements sont aménagés avec des couchettes superposées, sans hygiène et sans électricité.
Le manque de nourriture et les vêtements en loques font des ravages malgré le soutien des associations caritatives qui organisent une part de la vie du camp : distribution de vivres et de vêtements, soins aux malades, mise en place de foyers, d’écoles, de jardins d’enfants et de bibliothèques.
Enfants faisant de la gymnastique au camps de Riversaltes - 1941-1942 - Centre de Documentation Juive Contemporaine
 
1942
Le gouvernement de Vichy cède aux exigences des allemands. Les îlots K et F deviennent le « Centre national de rassemblement des Israélites », c'est-à-dire un centre de triage et de transit des juifs de la zone sud avec pour certains une destination finale : Drancy.
Jusqu’à sa fermeture en novembre 1942, ce centre verra passer 19.509 personnes.


Novembre 1942
Le camp vidé de ses populations tzigane et juive, à la suite de l’invasion de la zone sud par les allemands, redevient un camp militaire.
Il sera encore utilisé après la Libération pour la détention de prisonniers de guerre allemands et de collaborateurs.


1962
A l’indépendance de l’Algérie le camp sera un « centre d’hébergement » provisoire pour les Harkis qui seront abrités sous des tentes.
Camp de Riversaltes en 1962


1963
Le camp devient le centre de formation et d’entraînement pour le 24° RIMA de Perpignan.

Actuellement, l’ensemble du camp est en ruine.
Trois stèles, sur le site même, commémorent le souvenir de ceux qui y ont séjourné.
Le Conseil Général a racheté à l'armée une partie du camp pour créer un mémorial.






 
Honneurs et Commémorations
Récemment trois stèles ont été inaugurées pour commémorer les heures sombres de l'histoire du camp Joffre. La première est dédiée aux juifs internés à Rivesaltes, et plus précisément à ceux qui en sont morts, qu'ils aient été déporté ou qu'ils soient morts sur place. Le texte est le suivant :
Des milliers de juifs étrangers qui s'étaient réfugiés en France furent arrêtés et internés en 1940 dans le Camp de Rivesaltes, en zone libre. D'août à octobre 1942, plus de 2250 d'entre eux, dont 110 enfants, furent livrés aux nazis en zone occupée par l'autorité de fait, dite "Gouvernement de l'Etat Français". Déportés dans le camp d'extermination d'Auschwitz, presque tous y furent assassinés parce qu'ils étaient nés juifs. N'oublions jamais ces victimes de la haine raciale et xénophobe.
Zakhor
Les fils et filles des déportés juifs de France, le 16 janvier 1994.
- Première commémoration officielle au Camp Joffre de Rivesaltes -
Cette stèle fut profanée en 2002. Elle fut remise en état et deux autres l'accompagne depuis ce jour. La première indique ceci :
Cette nouvelle stèle en hommage aux victimes de la Shoah dans les Pyrénées-Orientales a été inaugurée le Dimanche 22 juin 2003 suite à sa profanation une nuit d'octobre 2002.
Sous la présidence de Christian Bourquin, Président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales.
Sous l'égide de Me Serge Klarsfled, Président national des fils et filles des déportés juifs de France, membre du bureau exécutif du Conseil représentatif des institutions juives de France, Président des lieux de mémoire pour la fondation de la mémoire de la Shoah.
Avec le concours de Philippe Benguigui, délégué régional des fils et filles des déportés juifs de France, Président de l'association Zokhor pour la mémoire.
Et la seconde :
Lors de cette journée de recueillement le 22 juin 2003 le Président du Conseil Général a soutenu rendre officiellement hommage à toutes les victimes de la barbarie nazie en confirmant la création du futur Mémorial-Historial du Camp de Rivesaltes sur l'emplacement même de cette tragédie.
La seconde stèle est dédiée aux républicains espagnols
In Memoriam
Ici ont été internés, des enfants, des femmes, des hommes civils et militaires, lors de "la retirada" espagnole de février 1939.
L'AACVGRE
"Vivez, la vie continue, les morts meurent et les ombres passent, emporte qui laisse et vit qui a vécu...". Antonio Machado, poète républicain espagnol (1875-1939)
La troisième, elle est consacrée à la mémoire des harkis internés à Rivesaltes.
Honneur aux harkis
25 septembre 2001
Journée d'hommage national aux harkis


La République Française témoigne sa reconnaissance envers les rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices qu'ils ont consentis.
Loi du 11 juin 1994, art. 1er
Elle est accompagnée d'une plaque plus modeste dont le texte est le suivant.
Stèle commémorative à la mémoire des soldats réguliers et supplétifs issus de l'armée d'Afrique
En hommage à la communauté harkie qui, fidèle au drapeau et aux valeurs de la République s'honore de tous ses combattants morts pour la France au cours des différents conflits qu'elle a connus.
En souvenir de ceux qui de 1962 à 1972 ont vécu en ce camp et qui par loyalisme ont consenti tant de sacrifices.
Rivesaltes, le 2 décembre 1995.
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