CHRONIQUE DE L'ISLAMISATION DE LA BELGIQUE
Élections communales belges : le vote musulman, grand vainqueur à Bruxelles
Posté par europeanwolf
le 15 décembre 2012
Emir Kir, premier bourgmestre musulman de Bruxelles
Le
bourgmestre sortant, Jean Demannez, également socialiste, bougonne.
Pour Emir Kir, gonflé à bloc par ses résultats, plus question d’attendre
pour s’emparer du maïorat de Saint-Josse, selon un accord conclu
précédemment avec le bourgmestre sortant. Il veut d’emblée être sacré « bourgmestre empêché », ce qui signifie que le titre bourgmestre lui serait accordé, mais qu’afin qu’il puisse continuer à exercer son mandat de Secrétaire d’État régional jusqu’en juin 2014, le bourgmestre sortant Demannez (1215 voix de préférence) occuperait encore le fauteuil
maïoral durant dix-huit mois. Mais Demannez a finalement refusé de
jouer les utilités et a claqué la porte. Rudi Vervoort, bourgmestre
d’Evere et Président de la Fédération bruxelloise du PS, a demandé à Kir
d’abandonner son mandat de Secrétaire d’État régional à la Propreté,
mais a accepté qu’il devienne bourgmestre de Saint-Josse. Le nouveau
bourgmestre de Saint-Josse fut soutenu durant la campagne par un autre
socialiste d’origine turque, Resul Tapmaz, qui se présentait lui sur la
liste SP.a, les socialistes flamands. Bruxelles acquiert ainsi son
premier bourgmestre musulman.
Succès pour trois candidates voilées
Un autre membre de la famille Kir, à savoir Canan Kir,
la cousine du nouveau bourgmestre de Saint-Josse, a défrayé la
chronique électorale de cette année 2012. On se souvient qu’après avoir
failli être recrutée par la NVA, elle s’était présentée, voilée, sur la
liste des Bleus de Saint-Josse. Sa désastreuse campagne électorale, qui
l’avait vue incapable de s’exprimer de manière satisfaisante dans l’une
des deux langues officielles de Bruxelles, ne lui a finalement rapporté
que 91 voix. Mais ceci n’a pas empêché trois autres candidates voilées
de réaliser d’excellents scores électoraux. Ainsi Mahinur Özdemir,
élue conseillère communale en 2006 et devenant, en 2009, la première
femme voilée à siéger au Conseil régional bruxellois, se présentait sur
la liste CDH de Schaerbeek sur laquelle, avec 1135 voix, elle a obtenu
un meilleur score que la tête de liste, Denis Grimberghs. Ce score
aurait dû lui permettre d’obtenir l’échevinat : impossible, dit-on au
CDH, en raison de… son voile. Celui-ci n’avait pourtant pas gêné,
jusqu’à ce jour, le parti de Joëlle Milquet, qui a soutenu Özdemir au
Conseil régional bruxellois. Comprenne qui pourra. Toujours à
Schaerbeek, mais sur la liste PS cette fois, Derya Alic
réalise un meilleur score encore qu’Özdemir. Également élue conseillère
communale en 2006, elle porte le foulard islamique, mais se dévoile
lorsqu’elle siège au conseil communal. Avec 1234 voix, elle s’est
classée sixième sur la liste PS de Schaerbeek. À Molenbeek, c’est Farida Tahar
qui se présentait sur la liste de l’ex-bourgmestre PS Philippe
Moureaux, en 28e position. Elle a remporté 601 voix, le dixième score de
sa liste. Si les autres candidates voilées citées sont d’origine
turque, Farida Tahar est, elle, d’origine marocaine. Elle a d’ores et
déjà déclaré qu’elle siègerait voilée au conseil communal.
Deux élus pour le parti islamiste ISLAM
Le parti ISLAM
se définit clairement comme un parti islamiste. Contrairement à la
formation islamo-gauchiste Égalité qui, comme nous le verrons, s’est
présentée dans huit communes bruxelloises, ISLAM a adopté une stratégie
plus sobre en ne présentant que quatre candidats dans trois communes : Redouane Ahrouch (42 ans, Anderlecht), Lhoucine Aït Jeddig (50 ans, Molenbeek), Abdelhay Bakkali Tahiri (51 ans) et Zeynebe Bakkali Tahiri
(Bruxelles-Ville). Ces deux derniers, qui ont obtenu respectivement
1144 et 733 voix, n’ont pu être élus. Par contre, avec Ahrouch (1446
voix et 4,13 %) et Aït Jeddig (1102 voix et 4,12 %), la liste ISLAM
décroche deux conseillers communaux, Ahrouch à Anderlecht et Aït Jeddig à
Molenbeek. Ces deux élus auraient reçu le soutien d’une partie de la
communauté chiite (C. Torrekens).
Un collectif nommé Vigilance musulmane avait lancé un appel en faveur du vote blanc à Bruxelles et en Wallonie, dans une vraisemblable volonté de boycotter le système politique actuel jugé peu favorables à certaines revendications.
Redouane
Ahrouch n’est pas un inconnu de la mouvance islamiste de Bruxelles. En
1999, il avait guidé le premier parti islamiste de Bruxelles, à savoir
le parti Noor, dont le parti ISLAM est l’héritier (il en est, en fait,
la troisième refondation). Interrogé à propos de la sharia, Ahrouch, qui
définit son parti comme « belge, démocrate et musulman », a déclaré : «
Comme je l’ai dit, je suis un démocrate et je suis contre son
imposition à des gens qui n’en veulent pas. Sur le principe, je ne
conteste pas la sharia. Si une majorité devait s’exprimer en sa
faveur par référendum, alors pourquoi pas. Mais pour l’instant, il y
aurait trop de mains coupées si nous devions suivre ses principes étant
donné le nombre de délits commis dans notre ville. C’est pour cela que je prône le dialogue et surtout la prévention auprès des jeunes. »
(« Je ne conteste pas la sharia », entretient de David Baudoux,
Sudpresse, 16 octobre 2012). Tout commentaire serait superflu. Cette
ascension d’ISLAM témoigne également de la croissance de trois
revendications au sein de la communauté musulmane : repas halal, jours
de congés islamiques et port du foulard.
La lente ascension du parti islamo-gauchiste Égalité
Le
parti Égalité se présente comme une formation islamo-gauchiste,
égalitariste, palestiniste et antisioniste. Il accueille dans ses rangs
aussi bien des musulmans que des marxistes ou des anarchistes. Ce parti a
présenté des listes dans pas moins de huit communes sur dix-neuf :
Koekelberg (2,1 %), Anderlecht (1,86 %), Saint-Josse (1,80 %), Molenbeek
(1,78 %), Saint-Gilles (1,18 %), Bruxelles-Ville (1,13 %), Schaerbeek
(0,9 %) et Ixelles (0,89 %). Ces scores n’ont pas permis à Égalité
d’obtenir un élu, peut-être du fait de la dispersion de ses forces, sans
doute aussi du fait des succès électoraux de l’extrême-gauche
(PTB+/PVDA) qui chasse sur les mêmes terres.
La montée en puissance des mosquées
Pour
certains, seuls les votes pour des petites formations ethniquement ou
religieusement ciblées devraient être considérés comme des « votes
communautaires ». Le fait est que l’on peut distinguer quatre types de
vote communautaire :
- Celui qui consiste à voter pour des candidats de souche jugés susceptibles de défendre les intérêts de la communauté à laquelle on appartient.
- Celui qui consiste à voter, sur des listes mixtes, pour des candidats issus de sa communauté, exclusivement et pour ce seul fait.
- Celui qui consiste à voter pour un parti exclusivement composé de membres de sa communauté.
- Celui qui consiste à voter « blanc » (en Belgique, le vote est obligatoire) sous-prétexte que l’on considère qu’aucun parti en lice n’est susceptible de défendre les intérêts de sa communauté.
Or,
il a été fait usage, de ces quatre types de vote qui, totalisés, donne
au vote communautaire une grande importance, particulièrement à
Bruxelles, même si l’on peut considérer aussi que cela a contribué à la
dispersion du vote musulman. En-dehors de la NVA et du PTB+/PVDA, on a
entendu bien peu de cris de victoire au lendemain des élections
communales de ce 14 octobre, y compris parmi les grands partis
traditionnels dont on retient aujourd’hui surtout les bons scores des
candidats allochtones, notamment musulmans. Et certaines mosquées ont
vraisemblablement joué un rôle important dans ce succès. Ainsi, à la
veille du scrutin, un SMS émanant desdites mosquées ont appelé à voter
pour le PS, dans des communes où les élus d’origine marocaine sont
effectivement très nombreux. Mme Corinne De Permentier, tête de liste MR
à Forest, a ainsi reçu une copie de ce message dont la teneur était
celle-ci : « Chers frères, chères sœurs, nous voterons ce week-end,
Inch’Allah ! Soyons solidaires dans nos votes, soyons tous PS. Les
autres partis comme le MR ou Ecolo ne se soucient pas de notre religion
et lui causent parfois du tort. Exemple : port du voile à l’école,
organisations d’événements… ». La suite de ce SMS invitait
explicitement à voter pour des candidats d’origine marocaine sur la
liste du parti socialiste (« De Permentier : « les mosquées ont aidé le
PS à Forest et à Molenbeek » », LaLibre.be,
16 octobre 2012). Des candidats auraient ainsi aussi bénéficié du fait
qu’ils vivent à proximité d’une mosquée ou qu’ils y ont fait tout
simplement campagne (« À quand une bourgmestre belge voilée ? », Carte
blanche de Corinne Torrekens, Le Soir, Mardi 16 octobre 2012).
En outre, le nombre de votes blancs et nuls est en augmentation par
rapport à 2006, particulièrement dans les communes où la population
musulmane est importante. Un collectif nommé Vigilance musulmane avait lancé un appel en faveur du vote blanc à Bruxelles et en Wallonie, dans une vraisemblable volonté de boycotter le système politique actuel jugé peu favorables à certaines revendications.
La victoire du vote communautaire musulman
Dans
la commune de Forest, 6 élus PS sur 14 sont d’origine marocaine. À
Anderlecht, sur vingt élus de la liste PS, 13 sont des allochtones. À
Saint-Josse-ten-Noode (commune d’élection d’Emir Kir), 12 des 15 élus PS
sont d’origine étrangère, pour la plupart d’origine turque. À
Koekelberg, le PS obtient 8 élus dont… 7 allochtones ! Sur la liste PS
de Schaerbeek, sur les 13 élus, on compte 9 allochtones. Mais le PS n’a
pas le monopole du vote allochtone, ainsi la liste du bourgmestre (FDF)
Bernard Clerfayt, toujours à Schaerbeek, obtient 18 élus, dont neuf
allochtones (« Le vote communautaire a battu des records », Dhnet.be,
16 octobre 2012). Ces résultats ajoutés au succès de certaines petites
listes communautaires, dont ISLAM, et à l’augmentation du vote blanc,
auquel ont appelé d’autres organisations communautaires, donnent toute
la mesure de la montée en puissance du vote allochtone musulman aux
cours des élections communales du 14 octobre 2012.
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