Les Cahiers du Capitaine Coignet (1776 – 1865) :
une leçon de patriotisme
(Éditions Arléa)
Histoire
C'est en 1851-1853 que paraissent à Auxerre, chez Perriquet, les Souvenirs d'un des plus célèbres combattants de l'épopée napoléonienne : Jean-Roch Coignet. « Soldat de la 96e demi-brigade, soldat et sous-officier au 1er régiment des grenadiers à pied de la Garde, vaguemestre du Petit et du Grand Quartier impérial, capitaine d'état-major en retraite, premier chevalier de la Légion d'honneur, officier du même ordre», tels sont les titres qui figurent sur la couverture de cette première édition, laquelle, tirée à cinq cents exemplaires seulement, est aujourd'hui rarissime.
Selon Octave Uzanne, célèbre bibliophile de la seconde moitié du XIXème siècle, Jean-Roch Coignet, vétéran des armées impériales, tenait en 1860, à Auxerre, un débit de tabac, « Au Lancier Polonais », et il consacrait ses après-midi à vendre les exemplaires de ses Souvenirs dans les cafés de la ville.
Selon Octave Uzanne, célèbre bibliophile de la seconde moitié du XIXème siècle, Jean-Roch Coignet, vétéran des armées impériales, tenait en 1860, à Auxerre, un débit de tabac, « Au Lancier Polonais », et il consacrait ses après-midi à vendre les exemplaires de ses Souvenirs dans les cafés de la ville.
Communicatif, le vieux militaire n'hésitait pas à engager la conversation avec les consommateurs.
À qui lui disait: « Il fait chaud », Coignet ne manquait pas de répondre aussitôt: « Pas si chaud qu'à Austerlitz, mon brave; c'est là que ça chauffait, nom d'un tonnerre, en 1805 ! », et, sans une minute de répit, le capitaine poursuivait son récit, ne manquant jamais d'ajouter: « Tout ça, voyez-vous, c'est conté là-dedans, dans mes deux volumes que j'ai imprimés de ma poche, mon bon ami ; vous pouvez bien, sacrebleu ! Vous les offrir pour un gros écu, afin d'obliger un vieux soldat de la 96e demi-brigade ! » Et c'est ainsi que la toute première édition des Souvenirs fut diffusée, par son auteur lui-même, ce brave infatigable de Marengo, d'Eylau et de Wagram.
Jean-Roch Coignet fut un des premiers de la Grande Armée des « »obscurs » et des «sans-grades» à rédiger et à publier de son vivant ses mémoires. Les Mémoires d'un autre Grognard resté célèbre, ceux du sergent Adrien Bourgogne -qui a laissé un texte très proche de celui de Coignet - ne seront véritablement publiés en volume qu'en 1898, à l'initiative de Paul Cottin.
Jean-Roch Coignet fut un des premiers de la Grande Armée des « »obscurs » et des «sans-grades» à rédiger et à publier de son vivant ses mémoires. Les Mémoires d'un autre Grognard resté célèbre, ceux du sergent Adrien Bourgogne -qui a laissé un texte très proche de celui de Coignet - ne seront véritablement publiés en volume qu'en 1898, à l'initiative de Paul Cottin.
Au cours de la période 1880-1914, de nombreux témoignages de combattants des armées impériales sont publiés, faisant sortir de l'oubli des noms comme ceux de Routier, Desboeufs, Chevillet, Lecoq, Vincent Bertrand, Robinaux, Marcel, Lavaux...
Mais revenons à Coignet. Né en 1776, enfant quasi abandonné à la jeunesse inexistante, il est appelé au service à l'âge de vingt-trois ans, et, dès lors, il participera à toutes les campagnes du Consulat et de l'Empire. Du passage du mont Saint-Bernard à la plaine de Marengo, d'Ulm au cimetière enneigé d'Eylau, Jean-Roch est là, toujours là, et au plus près de l'Empereur. Plus tard, on le retrouve en pleine campagne de Russie, ainsi qu'à celles d'Allemagne et de France.
Le 18 juin 1815, notre Grognard, bien sûr, est à Waterloo.
À la chute de l'Aigle, comme tous ses frères d'armes, Jean-Roch Coignet est démobilisé.
Commence alors pour lui, à Auxerre, une existence de « demi-solde » (sous la surveillance de la police de Louis XVIII).
Notre ancien Grognard se marie, et les jours passent, tranquilles. Durant la monarchie de Juillet, Coignet devient porte-drapeau de la Garde Nationale de sa ville. En août 1848, survient un événement douloureux: sa chère épouse disparaît. Le capitaine, qui a alors soixante-douze ans -et qui n'a appris à lire et à écrire que bien tardivement, et bien imparfaitement - décide de commencer la rédaction de ses souvenirs. « Il me fallait me creuser la tête pour me rappeler tous mes souvenirs depuis l'âge de huit ans », écrit-il.
Deux ans plus tard, Coignet achève ses Mémoires. Rédigés dans un français phonétique et très approximatif, ils seront publiés sous le Second Empire.
Jean-Roch Coignet s'éteint en 1865.
Ressortis de l'oubli par l'érudit Lorédan Larchey, qui en donna une version non intégrale dès 1883, ces Souvenirs connurent d'emblée un très vif succès, et furent réédités à de nombreuses reprises.
Il fallut cependant attendre 1968 pour que paraisse, chez Hachette, à l'initiative de l'académicien Jean Mistler, une édition fidèle au manuscrit original. C'est cette édition que nous republions ici.
« Ce n'est pas l'histoire des autres que j'ai écrite, c'est la mienne, avec toute la sincérité d'un soldat qui a fait son devoir et qui écrit sans passion », déclare Coignet.
Écoutons parler ce Brave, ce fidèle des fidèles de l'Empereur, ce Grognard de l'épopée qui colporte au long de son récit, telles de précieuses icônes, les images de la légende impériale.
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