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Tradition Catholique Contre-Révolutionnaire
La gnose sexuelle de Jean-Paul II
« L’acte sexuel est le langage authentique des personnes »
(Jean-Paul II, Cité du Vatican, 22 août, 1984)
C’est dans l’atmosphère délétère pénétrée des rêves illusoires et naïfs du « vivre libre et jouir sans entraves » de l’ère post-hippie et de la messianité politique - à l’intérieur même du mouvement provoqué par ce « vent de folie révolutionnaire qui s’introduisit dans le Temple de Dieu » où il était de bon ton de faire exploser tous les cadres théoriques et moraux antérieurs - que doivent être replacées et situées, les positions doctrinales de Jean-Paul II portant principalement sur la valeur et la « dignité de l’homme ».
Dans ce cadre de rénovation doctrinale de l’Eglise se situent les 129 discours donnés lors de ses audiences du mercredi dans la salle Paul-VI, de septembre 1979 à novembre 1984, que Jean-Paul II consacra à ce qu’il nomma « la théologie du corps », et que George Weigel n’hésite pas à considérer comme une « une des plus audacieuses reconfigurations de la théologie catholique depuis des siècles [...] une sorte de bombe à retardement théologique réglée pour exploser, avec des conséquences considérables, sans doute au XXIe siècle » [1].
« L’homme est devenu image et ressemblance de Dieu non seulement à travers sa propre humanité mais aussi à travers la communion de personnes que l’homme et la femme forment dès l’origine. » (Théologie du corps, 14/11/1979).
N’oublions pas que Karol Wojtyla est un penseur appartenant à la famille intellectuelle de la phénoménologie » [3], mais à l’inverse d’Edith Stein, qui partira de la phénoménologie pour aboutir au néothomisme, il partira malheureusement du thomisme, qu’il élargira en y intégrant le « point de vue » phénoménologique de la conscience de l’homme.
Karol Wojtyla s’inscrit donc clairement dans un horizon philosophique phénoménologique puisque, après la guerre, envoyé à l’école théologique de l’Angelicum à Rome pour ses études doctorales et ayant soutenu en 1948 sa thèse en théologie, il reprendra ses études philosophiques jusqu’en 1953, où il soutint à l’Université de Lublin une thèse consacrée à l’éthique phénoménologique de Max Scheler, intitulée « Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler », développée plus tard dans son livre « Personne et Acte ».
« C’était une mission, une vocation; c’était le sacerdoce de l’art. Les acteurs, en tant que «prêtres de l’art», dotés d’une force illimitée pour renouveler le monde, pour refaire l’humanité entière, pour guérir la morale à travers la beauté prêchée, transmettaient les plus hautes valeurs métaphysiques. Tel-les étaient les idées chantées par l’ «archiprêtre» Kotlarczyk » (in « Pierre m’aimes-tu ? », p. 64).
“ Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. ” » [5].
Le peuple d’Israël, seul, a reçu des promesses de bénédictions concernant un royaume sur la terre, et il ne faut jamais confondre Israël et l’Église ; ils ne sont pas interchangeables et Dieu accomplira ses plans à l’égard des uns et des autres, à l’heure qu’il choisira.
On peut de la sorte dire sans se tromper que la judaïsation de l’Église moderne, c’est-à-dire l’adaptation de l’église de l’Écriture aux promesses réservées à Israël, a plus fait pour pervertir sa mission et la détruire spirituellement, que toutes les autres causes combinées.
Les « scandaleuses béatitudes » de l’église moderne
Notes.
1. G. Weigel, Witness to Hope, pp. 336, 343.
2. Une anecdote est particulièrement révélatrice de l’état d’esprit de Karol Wojtyla quelques années avant de devenir le Pape Jean-Paul II. La version polonaise de son livre « Amour et responsabilité » comprenait un appendice intitulé « Sexologie et morale ». Lorsqu’il s’est agi de publier la traduction française, c’est le Père de Lubac qui avait été pressenti pour en rédiger la préface. Mais certains se sont sentis bien avisés de lui suggérer de demander que l’appendice en question soit retiré de l’édition française au motif que les questions qui y étaient abordées étaient tellement concrètes qu’elles semblaient en deçà de la dignité des prêtres et des évêques. A cela Karol Wojtyla s’est opposé farouchement en affirmant que les pasteurs devaient pouvoir parler avec simplicité du désir et de la satisfaction sexuelle avec leurs fidèles, sauf à ne pas être à la hauteur des exigences de leur mission. Et que s’il se trouvait des prudes pour s’en offusquer, c’était tant pis pour eux !
3. Le groupe polonais auquel fut lié intellectuellement Karol Wojtyla, avec Przywara et Ingarden, est un médiateur historiquement crucial pour les phénoménologues de Göttingen et pour Max Scheler. Karol Wojtyla sera formé à cette école extrêmement riche, pépinière de la philosophie contemporaine, puisque s’y mêlent des confluents brentaniens (les analyses de l’intentionnalité par Kazimir Twardowsky) et husserliens, avec des traditions scolastiques et logiciennes puissantes, et dont on retrouve l’héritage jusque chez des logiciens israéliens comme Yoshua Bar-Hillel, à l’Université de Jérusalem.
4. Ainsi dans l’encyclique « Redemptor hominis », la référence reviendra à quatre reprises. On remarquera d’ailleurs qu’au paragraphe n° 13 la restriction “ en quelque sorte ” a disparu :
- « Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère de la Rédemption. »
Le théologien privé, Karol Wojtyla, confond en réalité la nature et la grâce, la vie humaine et la vie divine, l’une étant “ en quelque sorte ” présente à l’autre, selon lui, en tous et pour toujours, comme il le répète clairement au paragraphe 14 de « Redemptor hominis » : « Le Christ est en quelque sorte uni à l’homme, à chaque homme sans aucune exception, même si ce dernier n’en est pas conscient. » L’absence de toute condition à l’union de tous au Christ, et donc au salut de tous, conduit à l’affirmer comme donné à tous, sans distinction de religion. « L’événement de la Rédemption est le fondement du salut de tous », écrira Jean-Paul II dans son encyclique « Redemptoris Missio », citant à l’appui de cette affirmation son encyclique inaugurale « Redemptor hominis » : « Parce que chacun a été inclus dans le mystère de la Rédemption, et Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère. » On peut affirmer que cette pensée a gouverné tout le pontificat de Jean-Paul II, jusqu’à son ultime Lettre apostolique « Mane nobiscum » du 7 octobre 2004, instituant l’année de l’Eucharistie :
« En Lui, Verbe fait chair, se révèle en effet non seulement le mystère de Dieu, mais le mystère même de l’homme. Parce que dans le Christ la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous à une dignité sans égale. Car, par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme (G. S. 22, 2). »
5. Il n’y a pas que dans Gaudium et spes que Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, a introduit des thèses naturalistes hérétiques portant sur une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Dieu fait homme, et tout homme ; comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était devenu Dieu. Dans une autre encyclique (Dominum et vivifican-tem, 18 mai 1986), Jean-Paul II affirme la prétendue habitation de l’Esprit Saint « dans le cœur de chaque homme ». Le Saint-Esprit « est donné aux hommes. Et de la surabondance de ce Don incréé, chaque homme reçoit dans son cœur le don créé particulier par lequel les hommes deviennent participant de la nature divine. Ainsi, la vie humaine est pénétrée de la vie divine », écrit-il d’une manière stupéfiante. Et il y a de quoi sursauter à une telle proposition car dire que Dieu « s’est fait proche de chaque homme » en prenant chair dans le sein de la Vierge Marie, est une chose. Dire qu’il « s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » en est une autre. Cette affirmation, extraite de « Gaudium et Spes », respire en réalité positivement l’hérésie, symétrique de l’hérésie nestorienne, mais de sens contraire dont les conséquences désastreuses sur les folles affirmations de certains est d’une claire évidence. Nestorius niait toute « communication des idiomes », ou échange entre le Fils de Dieu et le Fils de Marie, de leurs attributs et opérations propres, de telle sorte qu’il niait la maternité divine de Marie. Le concile d’Éphèse l’a condamné en 431, en proclamant la Vierge Marie “ Mère de Dieu ”, Theotokos. Puisque Marie a donné naissance à Jésus de Nazareth, elle est Mère de Dieu, car Jésus est Fils de Dieu, Dieu lui-même. La nouvelle hérésie, introduite au concile Vatican II par le jeune archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, consiste, au contraire de l’ancienne, à affirmer une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Fils de Dieu fait homme, et tout homme ; comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était fait Dieu !
(lebloglaquestion.wordpress.com)
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