
(à gauche et à droite : Lycée Janson de sailly, fondé 1884)
Desouche Histoire : Les collèges dans la France moderne (fin XVIe – début du XVIIIe)
Bonjour à tous ! Cette semaine je vous propose un article sur les collèges aux XVIIe et XVIIIe, en s’intéressant plus particulièrement aux Jésuites, principale congrégation enseignante.
L’enseignement proposé par ces religieux peut paraître étonnant par sa modernité, loin du cliché qui voudrait que l’Église étouffe les savoirs…
Nos collèges actuels sont encore les héritiers des collèges jésuites, ne serait-ce que par la numérotation des classes (de la 6e à la Terminale). Bonne lecture !
Le collège de Clermont (actuel lycée Louis-le-Grand) est fondé par les Jésuites en 1563. En 1682, Louis XIV lui accorde son patronage et l’établissement est renommé « Collège Louis le Grand » ; il accueille alors environ 3000 élèves. (Photo de la Cour intérieure du lycée).
Le collège en tant qu’établissement d’enseignement secondaire naît au XVe siècle en Italie, sous l’appellation de contubernium, des expériences des pédagogues humanistes (Gasparino Barzizza, Guarino Veronese et Vittorino Da Feltre), qui proposent de nouvelles méthodes d’enseignement telles que la division des élèves en classes de niveaux avec un contenu pédagogique propre, la spécialisation des professeurs et l’apprentissage des humanités (latin, grec et dans une moindre mesure hébreu). Conjuguée aux expériences pédagogiques des Frères de la Vie Commune (dans le Nord), cette forme d’enseignement prend sa forme quasi-définitive au XVIe siècle avec les Jésuites.
Le collège finit par s’imposer en tant qu’établissement de transition entre les petites écoles et l’Université grâce à un enseignement innovant et sa gratuité. L’Église et de leurs côtés les protestants y voient aussi un moyen d’encadrer les jeunes gens et les mettent au service de la Réforme ou de la Contre-Réforme.
Il s’agit aussi de former les élites futures de la société et d’assurer le recrutement clérical. De fait, le collège s’inscrit pleinement dans le processus de « civilisation des mœurs » auquel a déjà été consacré un article : le collège du XVIIe forme le parfait « honnête homme ».
Les collèges d’Ancien Régime se divisent en trois catégories. Les « collèges de plein exercice » se situent au meilleur niveau car ils comportent les cycles complets de grammaire (quatre classes : de la 6e à la 3e), d’humanités et rhétorique (deux classes) et de philosophie (deux classes).
Au niveau inférieur, les collèges ne possédant pas de cycle de philosophie sont nommés les « collèges d’humanités ».
Enfin, les écoles de grammaire ou « régences latines » ne connaissent que le premier cycle et ne servent que d’appoint à l’enseignement élémentaire (apprentissage de rudiments de latin).
I. Les congrégations enseignantes
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