Desouche Histoire : La noblesse contre la monarchie absolue (XVIIIe siècle)
Michel-Barthélémy Ollivier, Le Thé à l’anglaise servi dans le salon des quatre-glaces au Palais du Temple à Paris en 1764.
Une idée longtemps admise, car entrant dans le schéma
marxiste de la lutte des classes dominant dans les universités
françaises au cours des années 1950-1970, voudrait que la noblesse et la
bourgeoisie se soient opposées au XVIIIe siècle, la bourgeoisie étant
finalement sortie victorieuse de cette « lutte des classes » à l’issue
de la Révolution.
La noblesse de la fin du XVIIIe n’aurait été qu’une
vieille citadelle assiégée, garante des anciennes traditions et lois du
royaume soumises aux coups de boutoirs de la bourgeoisie des Lumières.
Et si elle était présente aux Etats généraux de 1789, ce ne pouvait être
que pour s’opposer à toute tentative de réforme, conserver ses droits
et privilèges.
Ces idées, enseignées longtemps dans les écoles et jusque dans les
facultés, ont été balayées depuis les années 1980 environ mais
persistent dans le grand public.
Au contraire, la noblesse a très
largement épousé les idées des Lumières (y compris la plus ancienne)
qu’elle a contribué à façonner.
Elle se montrait tout aussi critique que
la bourgeoisie sur l’« arbitraire royal », le « despotisme ministériel
», la censure, les inégalités dans la société, les entraves au
libéralisme économique.
Dans les décennies pré-révolutionnaires, il n’y a
pas lieu d’opposer une pensée bourgeoise à une pensée noble.
I. La noblesse et les Lumières

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