mardi 17 janvier 2012
Nord-Pas-de-Calais : vestiges de la Grande Guerre de 1914/1918
- Patrimoine de France -
Elle est « Grande » surtout par l’ampleur de l’affrontement entre Nations ennemies, l’ampleur du désastre, mais aussi par le courage des hommes et des femmes qui l’ont faite, vécue. Douloureuse, Inoubliable.
Aujourd’hui les principaux sites endeuillés ont revêtu leurs habits de mémoire. Soulignons l’immense travail accompli par la Région Nord Pas de Calais, la réhabilitation des sites de guerre pour honorer les sacrifices des hommes et femmes disparus au combat, commémorer dans la dignité leur souffrance et respecter le devoir civique de mémoire.
Un patrimoine militaire, riche, méconnu, demeure dans cette Région. Il mérite d’être porté à la connaissance des jeunes générations dans un esprit de paix, de liberté, de fraternité. Les années passent, les anciens Combattants ont disparu. Le décès du dernier Poilu français Lazare Ponticelli fait basculer la Première Guerre Mondiale dans l’histoire passée, révolue. Et pourtant, pour qu’advienne notre liberté, ces hommes ont supporté l’insupportable. Que leurs noms vivent pour toujours.
La Carrière Wellington, Mémorial de la Bataille d’Arras
Lorsque les milliers de soldats britanniques au matin du 9 avril 1917 s’élancent à l’assaut du front allemand, ils émergent d’une vaste carrière souterraine aménagée talentueusement par les tunneliers venus spécialement de Nouvelle Zélande.
La bataille d’Arras, la plus grande attaque « surprise » de la Première Guerre mondiale fut préparée en sous-sol, dans ces carrières de craie inutilisées, creusées depuis le Moyen Age. Baptisées « Wellington » du nom d’une ville de Nouvelle Zélande d’où étaient issus ces jeunes ingénieurs, techniciens, sapeurs, elle conservera ce nom pour la postérité. Les néo-zélandais n’ont pas pris les armes mais prouvé leur immense savoir-faire en génie civil. Elles sont aujourd’hui scénarisées avec talent et décrivent le quotidien de la vie des milliers de soldats qui y vécurent quelques heures, quelques jours, quelques semaines ... On parcourt en silence les mètres de galeries où pouvaient séjourner 24 000 hommes !
Helen Pollock, artiste sculpteur, fille d’un sapeur néo-zélandais d’une compagnie de transmissions au sein d’une unité du génie, revenu du front, a grandi dans le silence de cette guerre.
A l’entrée de la Carrière, son œuvre « Falls the shadow », 18 bras et mains tendus vers le ciel sculptés dans une argile rouge provenant de deux pays alliés, illustre la souffrance, l’espoir fragile. L’émotion est à fleur de peau. On parcourt en silence les mètres de galeries restées en l’état.
Les Casemates de La Citadelle à Montreuil / Mer
Petite sous-préfecture du Pas de Calais, ville bourgeoise, tranquille, paisible, connue pour ses remparts médiévaux, son École de Peinture à Etaples, son École militaire préparatoire : Montreuil / Mer, cité attractive, offre beaucoup d’atouts pour une installation militaire. Sa ligne de chemin de fer, ses hôtels particuliers, gentilhommières, petits châteaux sont l’idéal pour loger officiers et hommes de guerre. Et surtout les Casemates de la Citadelle, vestiges de la guerre de 1870, jamais utilisées, peuvent constituer une solide et immense base logistique. La Citadelle sera le Grand Centre décisionnaire de l’armée britannique, leur Grand Quartier Général, le point névralgique de la gigantesque organisation de la Bataille de la Somme.
C’est là qu’est décidée, préparée et conduite cette Bataille meurtrière sous la houlette du Général Douglas Haig dont la statue équestre fut édifiée en centre-ville après la guerre, mais dont la présence a toujours été controversée. Les Casemates se visitent en l’état ; elles seront ultérieurement réhabilitées et scénarisées. Visite intéressante : c’est un immense Rendez-Vous avec l’Histoire.
La poésie de guerre, des plumes contre les canons
4 novembre 1918 : Wilfred Owen, poète anglais meurt à 25 ans, à Ors, dans le Cambrésis, sur les berges du canal de la Sambre. Sept jours plus tard l’armistice était signé.
Il a passé sa dernière nuit dans la Maison Forestière, au lieu-dit : Ors En hommage, à cet homme, aux poètes disparus pendant la guerre, la Maison forestière d’Ors, actuellement en cours de réhabilitation, sera visitable comme un autre lieu de mémoire, un hymne à une jeunesse perdue. Wilfred a laissé des poèmes dont certains à l’état de brouillon. Il fait entendre un chant fort, sombre et lucide, sans mièvrerie, celui de l’homme meurtri, humilié, nié dans son humanité. Là où les gestes échouent à décrire la réalité d’un champ de bataille, la poésie de guerre sonne juste.
Cette guerre a donné une voix à ces poètes, et la leur a reprise bien vite.
Les 1ères Assises du Tourisme de Mémoire
La filière du tourisme mémoriel est récente dans son développement. Cimetières militaires, ossuaires, citadelles, nécropoles, forteresses, sont des acteurs aujourd’hui reconnus. Ils ne dorment plus. Ils n’attiraient autrefois que les Anciens Combattants. A présent les jeunes s’y intéressent. Cela leur offre l’occasion de mieux comprendre le passé et participe à la formation d’une conscience politique. Les 1ères Assises du tourisme de mémoire au Sénat le 26 mai 2011 en sont l’éclatante illustration. Rendez-vous sur ses sites en 2014 pour l’anniversaire du début de la Première Guerre mondiale.
Source(legaulois.info)
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