dimanche 3 juillet 2011


Des "gamins" font la loi ?

Dans la soirée de samedi, vers 22 heures 30, une bande d'une vingtaine de jeunes gens ont attaqué le commissariat de Champigny-sur-Marne dans le Val-de-Marne. Ils étaient armés de mortiers, de barres de fer et ont lancé divers projectiles sur les fonctionnaires de police présents - aucun n'a été blessé - et pour dégrader les locaux.

Neuf d'entre eux, des renforts ayant été appelés, ont été interpellés et placés en garde à vue. Ils étaient âgés de 15 à 20 ans.

Ce n'est malheureusement plus "une première" que cette offensive concertée contre l'autorité policière et le lieu de son exercice. On a déjà connu depuis 2007 des commissariats ou des gendarmeries prises pour cibles d'une vindicte scandaleuse démontrant comme l'exigence de sûreté publique est contredite en son coeur même.

Ce qui à Champigny-sur-Marne est plus étonnant réside dans la cause de cette agression collective. Cette bande prétendait dénoncer la création d'une unité de police spéciale destinée à lutter contre les trafics dans la commune. Autrement dit, il ne suffit plus de s'opposer à la loi mais maintenant on veut la faire ou au moins empêcher de naître celle qui vous déplaît. Quelle impudence que d'oser combattre les délits !

Je ne crois pas qu'il faille minimiser le sens de cet épisode alors que ce dernier représente un degré de plus dans la contestation ostensible ou trop ordinaire de l'Etat, de son rôle, de ses missions. Il n'y a rien de dérisoire dans cette émergence caricaturale d'une contre-loi comme il y a une contre-culture.

Aussi, les propos du préfet de Val-de-Marne, Pierre Dartout, et de son entourage me semblent inadaptés quand ils allèguent : "C'est plus une connerie de gamins désoeuvrés qu'une opération programmée" (20 minutes, nouvelobs.com). Ils sont sujets à caution, que l'affaire soit intrinsèquement grave ou qu'elle perde de son importance symbolique après enquête.

Dans tous les cas, rien de plus maladroit que cette réaction immédiate semblant par avance exonérer !

On a tort de plaisanter avec ces incidents de la vie sociale qui, à force de se multiplier, sont pris à la légère parce qu'on ne se sent plus le courage de les tarir à la source par une politique digne de ce nom.

Ce qui s'est produit à Champigny-sur-Marne est-il vraiment si drôle ?

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