mardi 7 décembre 2010

Côte d’Ivoire : l’État français continue de soutenir les musulmans

Depuis Chirac, un renversement des alliances

Du temps de sa présidence, Jacques Chirac avait déjà semé la pagaille en soutenant les rebelles musulmans du nord contre le président élu, Laurent Gbagbo. S’en étaient alors suivis les « accords de Marcoussis », en 2003, par lesquels le chef des rebelles devait devenir premier ministre. Résultat de ce renversement d’alliance : la France qui, jusqu’alors, était bien vue en Côte d’Ivoire y perdait son crédit et les résidents Français se voyaient contraints de se rapatrier en raison des menaces et des manifestations anti-blancs.

Avec Nicolas Sarkozy, la position du gouvernement n’a pas changé : il soutient toujours les musulmans… comme dans les Balkans contre nos Frères Serbes, pourrions-nous rappeler. Le prix de la paix sociale ?

Sarkozy appelle Gbagbo à démissionner

Nicolas Sarkozy a de nouveau appelé le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir après l'élection d'Alassane Ouattara, reconnue par la communauté internationale.
Le président français a précisé lors d'une conférence de presse à New Delhi que Paris était « très vigilant » sur la sécurité des Français résidant en Côte d'Ivoire.
Laurent Gbagbo a prêté serment samedi pour un nouveau mandat. Alassane Ouattara a remis de son côté un serment écrit. Il est soutenu par les Nations unies, l'Union africaine, l'Union européenne, les États-Unis et la France notamment.

« La volonté des Ivoiriens doit être respectée. C'est la position de toute la communauté internationale et de tous les États voisins de la Côte d'Ivoire », a dit Nicolas Sarkozy, qui s'est entretenu avec Laurent Gbagbo au téléphone une fois au cours du week-end. « Je lui ai tenu le langage suivant: c'est à lui de choisir le rôle qu'il veut tenir dans l'Histoire. Il a organisé ces élections, elles se sont bien déroulées, aucune contestation n'est possible il doit maintenant laisser le pouvoir au président-élu », Alassane Ouattara, a ajouté le chef de l'État.

L'armée ivoirienne a annoncé qu'elle rouvrirait lundi à 06h00 locales (06h00 GMT) les frontières terrestres, aériennes et maritimes du pays. Elle les avait fermées jeudi soir après l'annonce par la Commission électorale de la victoire d'Alassane Ouattara à l'élection présidentielle, résultat invalidé ensuite par le Conseil constitutionnel qui avait proclamé vainqueur Laurent Gbagbo.

Le PS s'emmêle au nom de vieux liens d'amitié

Alors qu'Henri Emmanuelli a dénoncé la « campagne de dénigrement » à l'encontre de Laurent Gbagbo, Martine Aubry estime que le président sortant « se doit de respecter le choix de son peuple ».

Les socialistes connaissent Laurent Gbagbo depuis longtemps. Depuis les années 1980 en fait, lorsque, incarcéré sous Houphouët-Boigny, François Mitterrand lui rend visite en prison avant d'obtenir sa libération. Gbagbo sera ensuite expulsé vers la France où il rejoindra le PS et tissera des liens d'amitié avec de nombreux cadres du parti, Jack Lang et Henri Emmanuelli en tête, mais aussi Jean-Luc Mélenchon. À l'époque, au PS, la traditionnelle rivalité entre l'aile gauche et l'aile droite du parti se cristallise aussi autour du cas Gbagbo.

Les socialistes se souviennent encore d'une réunion «épique» du bureau national à son sujet. Éric Besson s'était alors violemment opposé à Laurent Gbagbo et à son concept d' « ivoirité », avant de le traiter de « dictateur ». « Le ton est monté et il en est presque venu aux mains avec Mélenchon », se souvient un participant. Cette amitié de certains socialistes avec le président ivoirien perdure aujourd'hui, même si en 2004, François Hollande, alors premier secrétaire du PS, le déclare « infréquentable ».

« Garantir la paix civile »

Avant les élections de décembre, Jack Lang lui a rendu visite et lui a apporté son soutien. Hier, il l'a exhorté à quitter la présidence : « Tu te grandirais en reconnaissant les résultats », a-t-il lancé. Vendredi dernier, Henri Emmanuelli avait dénoncé dans un communiqué « les donneurs de leçons » en France, qui mènent selon lui « une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique dirigée contre les autorités ivoiriennes ». Un soutien clair et sans faille à Laurent Gbagbo, mais qui va à l'encontre de la ligne officielle du PS, qui prend désormais ses distances.

Laurent Gbagbo « se doit de respecter le choix de son peuple », et de « tout faire pour garantir la paix civile », a tranché hier Martine Aubry. Avant le scrutin, le secrétaire national du PS aux relations internationales, Jean-Christophe Cambadélis, s'était rendu en Côte d'Ivoire pour redire la ligne officielle du parti adoptée en 2008 : « Pas d'évolution dans le statut des relations du PS avec Gbagbo sans élections. Je déplore aujourd'hui que l'on ne se soit pas donné les moyens pour contrôler l'élection et la rendre inattaquable », assure Cambadélis. À défaut de réussir à ramener Gbagbo à respecter les résultats du scrutin, il vient de lui écrire pour lui demander la levée des restrictions imposée à la presse.

Source : le Figaro

(legaulois.info)
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