Que le Dieu de la Paix et de la Vérité nous aide sur le dur chemin qui mène à la Résurrection
la semaine prochaine pour tous qui suivent le calendrier julien (« orthodoxe »)
Agenda (prochaines rencontres et sessions)
Editorial : Pour que vienne un monde nouveau : autour du cas de Mohamed Merah
Nouvelles et France du monde : Arabie saoudite + Tunisie ; Turquie ; Syrie ; Soudan ; Egypte.
Livre (article) : pourquoi « Jésus » est-il écrit « ‘Îsâ » dans le Coran ? + un documentaire arménien
•• Agenda :
• Ecole de mémorisation de la Parole, avec le Père Frédéric Guigain, à partir de son dernier livre « l’Evangile selon St Matthieu traduit de l’araméen » dans la salle paroissiale de l’église St Paul-St Louis (5, passage St Paul, 75004) : Dates : lundis 09/04; 23/04; 28/5; 11/06; 25/06 de 20h30-21h30. Chaque séance est indépendante des autres.
• Samedi 21 avril de 14h à 17h : devant le succès des ateliers de mémorisation, un atelier de mémorisation supplémentaire aura lieu le 21 avril à St Christophe de Javel (Métro Javel - entrée plutôt par le 8-10 rue St Christophe). Cet atelier se fera à partir du livre de Père Fr. Guigain : l’Evangile selon St Matthieu traduit de l’araméen, aussi, que ceux qui en possède déjà un exemplaire l’apportent avec eux, pour s’habituer à le manipuler.
• Mercredi 11 avril et 9 mai : La foi aux temps apostoliques et les deux dérives apparues ensuite (en deux parties), par le P. Edouard-Marie Gallez, à l’Espace Bernanos 4, rue du Havre, Paris 9e (St Louis d'Antin /tout près de la gare St Lazare)
• Jeudi 19 avril, 18h, Paris : Diffusion du film « Génocide arménien de 1915 : l’hommage aux victimes » présenté par Thomas Wallut, journaliste et auteur du film, avec le père Assadourian, curé de la paroisse arménienne catholique de Paris et G. Guerguérian, juriste et membre de l’Observatoire arménien, à l’Espace Bernanos 4, rue du Havre, Paris 9e (St Louis d'Antin /tout près de la gare St Lazare)
• Dimanche 22 avril 16 h : messe en mémoire des victimes du génocide arménien en la Cathédrale Notre Dame de Paris, autour de Mgr Ghabroian / le collectif Van (Vigilance arménienne contre le négationnisme) sera présent sur le parvis (M° Saint-Michel Notre-Dame).
• Mardi 24 avril, 15h, Paris : messe arménienne apostolique autour de Mgr Zacharian à la Cathédrale apostolique arménienne Saint-Jean-Baptiste 15, rue Jean-Goujon 75008 Paris (M° Place Monge ou Censier-Daubenton), puis manifestation sur les Champs-Elysées jusqu'à la statue du prêtre-compositeur Komitas.
• Vendredi 25 mai de 8h30 à 22h : journée de l’AED, et Nuit des Témoins et Palme de la Liberté 2012 à la cathédrale Notre Dame à Paris (et dans d'autres villes de France, à d'autres dates).
• Pentecôte, Dimanche 27 mai, 16h, à lundi 28 mai fin de journée: journée EEChO avec Pierre Perrier et EEChO sur le thème de l’anthropologie de Jésus, à Saint Lambert des Bois (78). Inscription obligatoire à communication@eecho.fr
• Jour du Christ : samedi 2 juin, à Paris : porte de la Muette de 16 h à 22 h (dépliant ici).
• Dimanche 3 juin : ordination diaconale de notre ami Georges Hadaya à St Ephrem
SESSION D’ÉTÉ d’EEChO :
du dimanche 8 au mercredi 11 juillet 2012 (ou au 12 au matin)
se retrouver autour des chercheurs Pierre Perrier, P. Fr. Guigain, P. E-M Gallez :
~ Dimanche 8 : à partir de 11h30 : beaucoup ont demandé d’être mis au courant des avancées en islamologie et en théologie avec le P. Edouard-Marie Gallez, avec des échanges /ateliers [messes à 9 h et à 18h sur place] ~
~ Lundi 9 : journée de mémorisation animée par le P. Frédéric Guigain ! ~
~ Mardi 10 : journée animée par Pierre Perrier sur le christianisme des origines ~
~ Mercredi 11 : journée avec les trois chercheurs, échanges et questions ~
En plus, divers pôles auront l’occasion de faire part de leurs avancées.
Lieu : Bonnelles, chez les Soeurs orantes de l'assomption (Yvelines)
Coût : 200 Euros tout compris (repas, etc.). Inscription obligatoire à communication@eecho.fr
Pour que vienne un monde nouveau…
En ce temps de la Passion, il convient de se rappeler le sens de mot martyr, étymologiquement témoin, qui désigne celui qui témoigne jusqu’à donner sa vie par amour de Dieu et des autres.
Cependant la définition islamique du martyr – šahid en arabe, étymologiquement témoin également – semble être la même : celui qui a donné sa vie pour la Cause, donc pour le Bien. À un détail près cependant : le chrétien donne sa vie en union à Notre Seigneur, qui est LE martyr par excellence. Cela fait toute la différence entre le modèle chrétien et le « martyr » islamique, illustrée actuellement par la proclamation de Mohamed Merah comme martyr de l’Islam, sur d’innombrables sites web (surtout en arabe).
Rappelons les terribles faits. Le 11 mars, — suite de l’éditorial / version PDF —
L’Apôtre Thomas et le prince Ying : le livre très attendu de Pierre Perrier a pris du retard suite aux difficultés de réaliser trois éditions presque conjointes, en français, chinois et anglais. Le projet est en bonne voie pour juin.
•• Nouvelles de France
• Tous les chrétiens portent le souci de la défense de la vie. La danse de 700 clowns tristes organisée par Alliance-Vita le 24 mars à l’esplanade des Droits de l’Homme du Trocadéro dernier vaut qu’on s’y arrête. Il convient aussi se rappeler que la fin de la vie humaine est un mystère qui doit être respecté et qu’aucun critère de mort ne eut trancher arbitrairement. Cette Strasbourgeoise de 59 ans a été tenue pour morte durant deux semaines, et on allait la débrancher quand elle s’est manifestée : elle n’avait jamais perdu conscience !
• L'aveuglement des responsables sur la question de l'intégration est très grave, car c'est à une intégration à l’envers, une dés-intégration que l’on assiste passivement en banlieue, en étant désinformé quotidiennement. Dans son analyse-témoignage, Jean-François Chemain explique:
“L’intégration ne peut être qu’intellectuelle, culturelle, avant d’être matérielle... Au lieu de cela, j’assiste quotidiennement à la dés-intégration de la France sur fond de religion. Confrontés à la pression incessante et multiforme de l’islam, les petits européens de souche, en banlieue, se définissent souvent comme musulmans, et parfois comme arabes. C’est tout d’abord la conséquence des nombreux mariages mixtes, dont les fruits sont systématiquement musulmans, sans plus de référence à leur part d’origine « chrétienne ». Les enfants au patronyme européen se définissent systématiquement comme « arabes » dès lors qu’ils ont un prénom musulman. La pression unanimiste du groupe en ce sens est trop forte pour y échapper. Ceux qui conservent un prénom « européen » (le plus souvent issu de téléfilms américains) font souvent de la surenchère islamique pour avoir la paix, et s’intégrer dans le groupe. La religion est bien, en banlieue, LE critère d’intégration, et il joue ici en sens inverse de ce que l’on voudrait.”
•• Nouvelles du monde :
• Arabie Saoudite : Le 12 mars, le cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, grand mufti d’Arabie saoudite, a déclaré “qu’il est nécessaire de détruire toutes les églises de la région.” L’absence de réaction de la part des responsables politiques ou religieux ou d’autres milieux intellectuels et médiatiques ne peut s’expliquer par la volonté de ne pas « jeter de l’huile sur le feu » (l’absence de réaction est plutôt un encouragement), mais bien par un grand embarras, lié à la défense de la liberté religieuse des chrétiens.
• Tunisie (Tunis) : Il n’est pas besoin de l’appel du Mufti saoudien pour que des salafistes tunisiens s’en prennent à une église, celle des Orthodoxes avenue Mohamed V,
dont voici la photo. L'article de Bussines News précise que l'église a déjà subi plusieurs attaques depuis novembre 2011 ; le commentaire d'un Tunisien indique que le ministère de l'Intérieur serait situé à une centaine de mètres de là. Cela en dit long sur ce que subit la population (les premiers commentaires en parlent).De fait, le 28 mars dernier, le terrorisme religieux institutionnalisé a de nouveau frappé en Tunisie, tandis que se multiplient les procès (souvent à huit-clos et /ou sans avocat) pour atteinte à l'islam. Deux trentenaires, diplômés chômeurs, de Mahdia, une ville côtière tunisienne, ont été condamnés à 7 ans et demi de prison pour atteinte à l'Islam après avoir publié sur Facebook des caricatures de Mahomet. L’un des condamnés, Ghazi Béji, s’est réfugié en Europe sur les conseils de militants des droits de l'homme, l’autre, Jabeur Mejri, est en prison et a été torturé. Le père de Ghazi a déclaré que “le procès a eu lieu dans le secret”.
• USA-Egypte : le Père Zacharia Botros est passé de la chaîne al-Hayat (qui continue), à la chaîne AL-FADY – http://www.alfadytv.tv/ (que l’on peut capter également sur Eutelsat Hot Bird 13b et sur Galaxy 19 – voir ici)
• Turquie : impunité pour des meurtriers
On savait que la justice turque est idéologique et soumise au pouvoir ; elle vient d’en donner une preuve supplémentaire en classant définitivement, ce 12 mars, la tuerie qui eut lieu le 2 juillet 1993, à Sivas (centre de la Turquie), dans un hôtel.
Trente-quatre intellectuels venus célébrés un poète alevi du XVIe siècle dénommé Pir Sultan Abdal, périrent dans l’incendie allumé par une foule hystérique de nationaux-islamistes – accidentellement, trois des incendiaires moururent aussi. L’armée et la police laissèrent faire pendant plus de huit heures – il y eut aussi soixante blessés. Les pompiers arrivèrent sur les lieux avec plus de six heures de retard et tabassèrent certains survivants de l’incendie. Cinq salafistes ont fait l’objet de poursuites mais n’ont jamais été arrêtés. Ils ne risquent plus d’être inquiétés.
À l’approche de l’anniversaire du génocide arménien, les autorité de l’est du pays appellent à la haine des Arméniens par des pièces de théâtre. Son attitude n’est pas meilleure vis-à-vis de son voisin arabe (syrien) : la Turquie organise sur son propre sol la logistique des bandes armées qui sévissent de l’autre côté de la frontière ; plusieurs officiers turcs ont été arrêtés en Syrie. Et ces jours-ci s’est tenue à Istanbul une réunion des Occidentaux et des groupes jihadistes en vue d’intensifier la guerre terroriste en Syrie, dans le but probable de lui faire subir le même sort qu’aux deux autres pays arabes que sont l’Irak et la Libye.
• Syrie : les souffrances d’un peuple pris dans une guerre terroriste
Le terrorisme n’est pas seulement la désintégration des structures politiques et sociales d’un pays par des campagnes d’assassinats, c’est aussi la pression psychologique réalisée par un matraquage médiatique collaborant au projet d’agression.
Nos amis syriens arrivés en France, dont certains ont perdu des membres de leur famille ou parfois leur maison, ne cessent de dire que la présentation de la situation donnée dans nos médias ne correspond pas à la réalité, en premier lieu à cause des bandes armées islamistes dont la présence et les méfaits sont occultés depuis un an. L’orientation médiatique est unilatéralement pro-islamiste : comme l’ont dit Marc Semo de Libération, Alain Frachon du Monde et Sylvain Attal de France 24, il n’est pas question, pour un journaliste, d’espérer disposer de la moindre parcelle de liberté d’expression sur ce sujet qui touche à la politique étrangère de la France : “Soit on est aux ordres, soit on change de département”. Néanmoins, le grand quotidien allemand Der Spiegel vient de publier l'interview d'un jihadiste de l'ASL hospitalisé au nord du Liban, qui explique en se vantant : « Nous avons enterré plus de 150 personnes après les avoir tuées par balles ou décapitées. Nous sommes experts dans le domaine de meurtre... Beaucoup de gens peuvent torturer, mais rares sont ceux qui osent tuer. Pour cette raison, mes collègues m’ont confié la mission de bourreau à Baba Amr (c’est-à-dire à Homs) ». L’attribution de 9 000 morts à la « répression » fait penser aux « armes de destruction massives » inventées pour préparer l’invasion de l’Irak en diabolisant ses dirigeants : la très grosse partie de ces morts est le résultat des attentats et des massacres perpétrés depuis un an par les groupes jihadistes venus de divers pays, formés au terrorisme urbain et puisamment armés et encadrés (depuis la Turquie et le Liban). La haine a fait le reste, elle engendre la haine. La récente rencontre d'Istanbul illustre ces manoeuvres.
Cela fait un an que l’administration Obama a décrété que le gouvernement syrien devait disparaître au profit d’une “opposition politique” qui ne s’est jamais constituée, et pour cause : sur 23 millions d’habitants, elle ne pouvait compter sur la sympathie que d’au plus 700 000 personnes, si l’on peut parler de “sympathie” là où les pires potentialités de haine, de violence et de mensonge ont été systématiquement exploitées. Le pouvoir en place a pu contenir ces montrueuses potentialités (que l'on voit dans d'autres pays islamiques), et il s’est réformé, ce qui est impensable de la part d'un régime musulman comme tel - mais la Syrie se veut laïque. Au milieu de cette désinformation, les Evêques ont voulu faire entendre leur voix. Dès septembre 2011 à Paris, le patriarche des Maronites, peu suspect de sympathie pro-syrienne, expliquait qu’il fallait donner ses chances à Mr Bashar al-Assad qui a lancé une série de réformes ; d’après des fuites, l’entretien qu’il eut avec le sommet de l'Etat fut houleux, surtout quand on lui présenta un plan de déplacement des chrétiens vers l’Occident. Cette information est recoupée par la protestation d’autres Evêques. En Syrie comme ailleurs, les chrétiens sont le fermentlqui maintient l’espérance et la modération dans la spirale des vengeances qui pourrissent les sociétés islamiques.
Mère Agnès-Mariam de la Croix parle de ces terribles souffrances consécutives à la guerre terroriste. Voici un extrait de sa lettre :
“Tous les acteurs de la vie civile ont été une cible préférentielle du terrorisme camouflé en résistance armée : les chauffeurs de taxi, les marchands ambulants, les facteurs et surtout les fonctionnaires de l’administration civile ont été les victimes innocentes des actes qui ont dépassé le simple assassinat pour revêtir les aspects les plus barbares du crime gratuit (..) Nous avons surpris ce stratagème par nous-mêmes lors d’une visite à Homs : (...) Un homme venait d’être la cible d’un attentat de la part des bandes armées parce qu’il avait refusé de fermer son magasin. Sa voiture avait été dynamitée et lui a été littéralement « haché en morceaux ». Nous avons surpris plusieurs badauds qui au lieu de porter secours à la personne assassinée, actionnaient leurs téléphones portables. Ils filmaient et nous avons entendu l’un d’entre eux enregistrer ces paroles sans doute à l’adresse d’une des chaînes satellitaires : « Voici ce qu’endurent les citoyens syriens de la part des escadrons de la mort de Bashar El Assad ».”
La tromperie est bien rôdée. Et parmi les photos qu’on ne verra jamais dans nos médias, il y a celle-ci prise à Homs, ,
ou celle-ci prise à Idlib
(photo : La bataille pour la Syrie, in Afrique-Asie, mars 2012, p.46). O ne verra pas non plus la joie des Syriens à l’annonce de la reddition des milices de Homs. À Homs même, des familles chrétiennes entières (mais aussi chiites et alaouites) ont été massacrées et 900 chrétiens expulsés par les milices : cette situation est dénoncée par les Evêques syriaques ; des massacres de chrétiens continuent autour de Homs.
Le gouvernement syrien est multiconfessionnel (majoritairement sunnite, et non alouite comme on le prétend dans les médias). Malgré les risques d’attentats terroristes, des millions de Syriens ont manifesté dans la rue leur soutien à leur gouvernement, même si l’armée n’a pas toujours les mains propres. Toute guerre civile est une sale guerre, même si elle ne touche qu'une petite partie du pays. Pour comprendre les enjeux et les vecteurs extérieurs, on peut lire cet article du web canadien ou celui-ci. Deux ecclésiastiques et une religieuse de Syrie, catholiques et orthodoxes, s’expriment sur cette vidéo de 26 minutes. La désinformation est dénoncée également par le P. Zahlaoui, proche de Myrna de Soufanieh, qui cherche à comprendre les raisons de l’agression contre la Syrie, si conforme au vieux projet américain dévoilé par un général US. Il est plausible que la position française officielle soit dans cette ligne. Continuons à prier pour la paix en Syrie, dans la justice et la vérité pour nos frères chrétiens.
• Soudan et Sud-Soudan
Le 9 juillet 2011 le Soudan du Sud peuplé de 8-9 millions d’habitants a pris son indépendance. En se séparant du reste du pays, il entrait en possession de 75% des réserves pétrolières soudanaises estimées. Le Nord possède l’oléoduc, à travers lequel le pétrole du Sud est transporté vers la Mer Rouge pour être exporté.
Dans tout cela, les États-Unis ont choisi de jouer un rôle après avoir longtemps soutenu le gouvernement islamiste de Omar el Béchir à Khartoum, responsable d’un atroce génocide et qui est poursuivi par la justice pénale internationale. Le pétrole est pour beaucoup dans ce revirement : vu qu’une part importante des gisements avait été attribuée aux Chinois, les Américains ont été amenés à soutenir (enfin) la libération du Soudan du Sud. Ce revirement fut providentiel pour ces populations noires, essentiellement chrétiennes, martyrisées depuis plus de trente ans et victimes d’une véritable politique génocidaire de la part des Arabo-musulmans de Khartoum depuis 1982. Les Américains font construire un nouvel oléoduc qui rendra le nouvel Etat indépendant du Nord – et ils l’insèrent dans leur dispositif militaire, ce qui est nettement moins positif.
L’enjeu pétrolier se conjugue avec ceux de l’ethnie et de la religion : cela mène à un nouveau génocide des Noubas au Kordofan, par les forces de Khartoum. Quant aux négociations entre les deux Etats, elles piétinent. La population subit dramatiquement la situation : « En plus du nettoyage ethnique et des problèmes politiques liés à cette guerre, le Soudan du Nord considère les chrétiens des Montagnes Nuba comme des infidèles qui ont besoin d’être islamisés par le djihad (guerre sainte) » explique un travailleur humanitaire sur place.
• Egypte : le sort des Coptes
Un article de Coptic Solidarity International résume l’oppression dont les Coptes sont victimes – on pourrait dire que tout le peuple égyptien subit l’oppression, à ceci près que les musulmans en sont en même temps les victimes et les acteurs, dans un système qui détruit le pays. Rappelons que les élections récentes ont été marquées par des fraudes massives (portant sur 12 millions de bulletins), et que si le parlement, qui compte près de 500 sièges, représentait les Egyptiens, les députés coptes y seraient au moins 50 – et non pas 6. On peut trouver ici une liste commémorative des atrocités commises contre les Coptes depuis 1972.
•• Livre et documentaire arménien
• Le documentaire sur la civilisation arménienne paru en 2011 a été traduit en anglais et est encore lisible quelques jours avec le lien suivant : http://www.catholictv.tv/new/
• À propos de l’article : Dye Guillaume et Kropp Manfred, Le nom de Jésus (‘Îsâ) dans le Coran et quelques autres noms bibliques: remarques sur l’onomastique coranique, in Figures bibliques en islam, sous la direction de Guillaume Dye et Fabien Nobilio, Bruxelles, Ed. E.M.E., 2011
Pourquoi le Coran utilise-t-il le nom de ‘Îsâ (Jésus) pour celui de Yasû‘ (équivalent arabe de l’hébreu Yešû‘a) utilisé par les chrétiens arabes depuis toujours ?
Depuis qu’existe l’islamologie occidentale, les chercheurs se demandent pourquoi on trouve les consonnes ‘YSW pour le nom coranique de Jésus au lieu de YSW‘ , comme si le ‘aïn final (‘) était passé devant. En effet, le texte coranique donne à lire ‘Îsâ, alors que les chrétiens arabes disent Yasû‘. Or, qu’une consonne passe de la quatrième à la première place est une évolution impossible. On est face à une impasse qu’aucune hypothèse ne parvenait à expliquer. À titre de remarque plus que d’hypothèse, Le messie et son prophète rapprochait l’incomplétude du nom de YSW (sans le « ‘ » final), de la réalisation non encore accomplie de la signification de ce nom – Yešû‘a voulant dire « Salut » ou « Il sauve » en hébreu, ce salut plénier devant encore arriver, mais il est vu selon le messianisme très politique des « nazaréens ». Pour autant, le « ‘ » initial de ‘Îsâ n’était pas expliqué.
En fait, les auteurs montrent que la seule philologie – une discipline où le Professeur Manfred Kropp est une sommité autant du point de vue théorique que pratique dans le domaine sémitique – permet de rendre compte du passage de YSW‘ à ‘YSW, à condition de se placer au pur point de vue de la langue arabe parlée. Dans ce parler, on constate en effet la tendance “à ajouter un ‘ayn pour « arabiser » un terme emprunté. C’est toujours le cas aujourd’hui, par exemple avec ma‘karûna, emprunt de l’italien maccheroni” (p.184). Un tel point de vue n’avait été que peu envisagé jusqu’ici, peut-être parce que la recherche restait hypnotisée par l’idée du langage divin du Coran (Dieu appelant qui Il veut comme Il veut) ou par celle des supposés « polythéistes » arabes (évidemment supposés ne pas utiliser le nom de Jésus).
Pour illustrer les évolutions qui ont dû avoir lieu dans la prononciation populaire arabe, les auteurs s’appuient sur de nombreux exemples de « déformations » coraniques de noms propres (par exemple le syriaque Šlîmûn qui devient Sulaymân en arabe, le š devenant un s comme dans ‘Îsâ) – mais ils en donnent également hors du Coran et notent :
“Si l’on souhaite expliquer la forme ‘Îsâ en se fondant uniquement sur des éléments linguistiques, on constatera qu’il semble raisonnable de partir de la forme araméenne YSÛ‘, dont on voit qu’elle est représentée, dans les dialectes araméens de l’Antiquité tardive, de diverses manières, par exemple : ysw‘ en syriaque, vocalisé Yêšû‘ en syriaque occidental et Κô‘ en syriaque oriental (prononcé Κô, le ‘ayn final tombant dans la prononciation syriaque orientale)” (p.184).
En effet, il est “simple (et plausible) de partir de l’idée que la transmission est avant tout orale. Et là, à partir de la prononciation de Κô‘, c’est à dire Κô, les choses s’expliquent très facilement, comme l’avait bien vu FRAENKEL : a) chute du ‘ayn final dans la prononciation du mot araméen ; b) passage de -ô à -â ; c) passage de -š- à -s- ; d) ajout d’un ‘ayn à l’initiale” …
“la question n’est pas tant le nombre de changements que la logique avec laquelle ils s’imposent – et ils apparaissent ici d’autant moins arbitraires qu’ils se retrouvent tous (mis à part la chute du ‘ayn final, qui dépend bien sûr du terme emprunté) dans un autre exemple, à savoir le nom de la ville d’Ascalon (Ashqelôn), souvent mentionnée dans la Bible (par exemple Amos 1,8). En effet, l’arabe ‘Asqalân ou ‘Asqulân doit être comparé au syriaque ’ašqalûn et à l’hébreu ’ašqelôn : on retrouve le passage de alif (’) à ‘ayn (‘) à l’initiale, tout comme ceux de -š- à -s- et de ô /û à â ” (p.187).
Dans La fondation de l’Islam (2002), A.-L. de Prémare avait déjà relevé la graphie de « ‘Îsâ » dans des graffiti arabes (donc proches du parler) découverts par Y. Nevo dans le Néguev – ils ne sont pas datés mais paraissent contemporains des origines de l’Islam arabe – ; une telle prononciation populaire du nom de Jésus a donc pu être écrite dans des formules qui, manifestement, ne dépendent pas de celles du Coran (p.197). La question se pose sans doute de manière plus simple encore si l’on se rappelle que les feuillets qui serviront plus tard à confectionner le Coran des Califes sont des brouillons de prédications destinées à endoctriner des Arabes chrétiens : tout prédicateur avisé ne reproduit-il pas les noms tels que les prononcent ceux à qui il compte s’adresser ? En l’occurrence, il devait s’agir des chrétiens arabes qui lui étaient géographiquement les plus proches.
On peut dire que cette étude résout une vieille énigme. D’un article paru sur le web, il ressortait que l’écriture défective (c’est-à-dire sans diacritisme) des plus anciens Corans ne s’explique plausiblement qu’en tant qu’ils étaient des brouillons (en vue de prédications à des Arabes – chrétiens puisque nécessairement familiers de leur contenu) : cette conclusion rejoint ce que suggère la présente étude. Espérons que ces avancées islamologiques aideront, avec d’autres, à sortir de la légende des « polythéistes arabes » inventée pour accréditer l’idée d’une Révélation nouvelle faite par Dieu aux Arabes musulmans.
Une remarque pour finir sur un détail typographique : la police de caractères utilisée dans le livre Figures bibliques… permet difficilement de distinguer la translittération du « ‘ » de celle du « ’ » ; heureusement, la reproduction de nombreux termes en écriture hébraïque, syriaque ou arabe est parfaite.
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