vendredi 6 avril 2012






Ephéméride du 6 Avril.

1768 : Bougainville débarque à Tahiti.

Parti de Brest en 1766, à la tête d'une mission diplomatique et scientifique, il prend possession de l'île au nom du roi Louis XV.

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On sait que les voyages maritimes, autrefois, étaient le plus souvent bien loin d'être des parties de plaisir. Il n'en demeure pas moins que, parfois, et en l'occurence pour l'équipage de Bougainville, il semble qu'il ait pu y avoir d'assez surprenants -et non moins agréables- intermèdes.

Ecoutons Bougainville lui-même faire le récit de son arivée à Tahiti :


"...A mesure que nous avions approché la terre, les insulaires avaient environné les navires. L'affluence des pirogues fut si grande autour des vaisseaux, que nous eûmes beaucoup de peine à nous amarrer au milieu de la foule et du bruit. Tous venaient en criant tayo, qui veut dire ami, et en nous donnant mille témoignages d'amitié ; tous demandaient des clous et des pendants d'oreilles. Les pirogues étaient remplies de femmes qui ne le cèdent pas, pour l'agrément de la figure, au plus grand nombre des Européennes et qui, pour la beauté du corps, pourraient le disputer à toutes avec avantage.

La plupart de ces nymphes étaient nues.... Je le demande : comment retenir au travail, au milieu d'un spectacle pareil, quatre cents Français, jeunes, marins, et qui depuis six mois n'avaient point vu de femmes ? Malgré toutes les précautions que nous pûmes prendre, il entra à bord une jeune fille, qui vint sur le gaillard d'arrière se placer à une des écoutilles qui sont au-dessus du cabestan; cette écoutille était ouverte pour donner de l'air à ceux qui viraient. La jeune fille laissa tomber négligemment un pagne qui la couvrait, et parut aux yeux de tous telle que Vénus se fit voir au berger phrygien : elle en avait la forme céleste. Matelots et soldats s'empressaient pour parvenir à l'écoutille, et jamais cabestan ne fut viré avec une pareille activité...." (Louis-Antoine de Bougainville, Voyage autour du monde par la frégate du Roi La Boudeuse et la flûte L'Étoile, 1771).

C'est cet ouvrage qui servira de support au fameux Supplément au voyage de Bougainville de Denis Diderot, rédigé en 1772.

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1804 : Mort de Jean-Charles Pichegru.
Napoléon a dit de lui : "Comme Général, PICHEGRU était un Homme d’un talent peu ordinaire".

De fait, dans l'imagerie populaire, il restera avant tout comme celui qui a réalisé une opération proprement inimaginable : capturer une flotte entière, par une charge de cavalerie ! Il faut dire que la flotte en question était prise dans les glaces, la plupart des canons pointés en hauteur, les bateaux ayant été figés de biais, et ne pouvant donc pas tirer sur leurs assaillants. Il n'empêche, la chose reste unique dans les annales...

Mais Pichegru représente aussi autre chose : dans cette période où, en réalité, rien n'était écrit d'avance (le fameux sens de l'Histoire, dont on nous aura tant rebattu les oreilles, n'existe pas...), Pichegru montre bien comment tout aurait pu être différent, et comment un très grand nombre de protagonistes de la Révolution auraient très bien pu changer de camp : Danton lui-même n'a jamais fait mystère du fait que, s'il ne servait pas la Cour et Louis XVI c'est, tout simplement, parce que celui-ci ne lui offrait pas assez d'argent...

Quoi qu'il en soit, valeureux soldat et très brillant général, Pichegru, comme tant d'autres, aurait pu... Avec lui, ou avec d'autres, les choses auraient pu prendre une autre tournure... Il ne s'agit pas de cultiver de vains regrets mais, tout simplement, de le savoir, et de ne pas être dupe des boniments et des images d'Epinal d'une histoire officielle prétendant que la Révolution était inéluctable, et inscrite dans l'ordre des choses...

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De l’Encyclopedia universalis :

Fils d'un cultivateur du pays d'Arbois, Pichegru parvient très jeune à devenir répétiteur de mathématiques à Brienne ; il s'engage comme soldat en 1780 (contrairement à la légende, Napoléon n'aura donc guère eu le temps de profiter de ses connaissances mathématiques) et fait la guerre d'Amérique. Sergent-major en 1789, il milite avec ardeur au club des Jacobins de Besançon et devient lieutenant-colonel d'un bataillon de volontaires. La rapidité de ses promotions est alors foudroyante ; en octobre 1793, il commande en chef l'armée du Rhin. Il est subordonné à Hoche (ce qu'il supporte mal) pour la délivrance de l'Alsace ; au printemps de 1794, soutenu par la faveur de Saint-Just, il commande l'armée du Nord, conjugue ses actions avec Jourdan pour achever la conquête de la Belgique et, en janvier 1795, s'empare de toute la Hollande. Pichegru apparaît alors comme l'un des plus glorieux et des plus sûrs entre les chefs « sans-culottes » des armées de la République.

De passage à Paris en avril 1795, il reçoit pleins pouvoirs de la Convention pour mater l'insurrection populaire de germinal an III. Est-ce alors que, premier général révolutionnaire appelé à trancher de l'épée les nœuds de la politique, il entrevoit à son ambition de nouvelles perspectives ? À peine nommé au commandement de l'armée nouvellement créée de Rhin-et-Moselle, il accepte d'avoir une série d'entrevues avec un agent du futur Louis XVIII et du prince de Condé ; il s'engage par écrit à mettre sous quelque délai son armée au service de la royauté, moyennant énormément d'argent, le bâton de maréchal, le gouvernement de l'Alsace et la propriété de Chambord. C'est dans de telles vues qu'il entame fort mollement sa campagne d'été de 1795, laisse battre Jourdan sans le secourir et se replie. Se sentant suspecté, il offre sa démission, qui est acceptée contre son attente en mars 1796 ; ici prend fin une carrière militaire qui promettait mieux.

Député, et aussitôt président des Cinq-Cents (avril 1797), Pichegru se pose alors ouvertement en leader de la droite et prépare secrètement un coup d'État royaliste ; Barras le paralyse en le menaçant de publier une note sur sa trahison, remise par d'Antraigues à Bonaparte en juin ; arrêté le 18-Fructidor, Pichegru est déporté en Guyane, s'évade et se réfugie à Londres. Il n'abandonne pas la partie ; lié à l'élaboration du complot de Cadoudal, il débarque clandestinement à Biville en janvier 1804, vient à Paris, met en rapport avec Cadoudal son vieil ami (et déjà complice ?) Moreau, mais est arrêté. Le 6 avril au matin, il est trouvé étranglé dans sa prison....

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1814 : Abdication de Napoléon.
Tout va très vite, depuis la fin de l'année 1813 :
"...Le 1er décembre les puissances alliées déclarent "qu'elles ne font point la guerre à la France, mais à l'empereur seul, ou plutôt à cette prépondérance qu'il a trop longtemps exercée, hors des limites de son empire, pour le malheur de l'Europe et de la France". Quand on voit s'approcher le moment où nous allions être renfermés dans notre ancien territoire, on se demande à quoi donc avaient servi le le bouleversement de l'Europe et le massacre de tant de millions d'hommes ?...
...Paris depuis des siècles n'avait point vu la fumée des camps de l'ennemi, et c'est Bonaparte qui, de triomphe en triomphe, a amené les Thébains à la vue des femmes de Sparte. Paris était la borne d'où il était parti pour courir la terre : il y revenait laissant derrière lui l'énorme incendie de ses inutiles conquêtes...."
(Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, L a Pléiade, tome I, page 847).
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Ci dessus, le salon de l'abdication, dans le château de Fontainebleau.
C'est dans ce salon, aménagé à partir de 1808 et garni de brocart, que Napoléon signa sa première abdication, sur le guéridon placé en son milieu. L'ameublement de la pièce n'a pas été modifié depuis.

1896 : Les premiers Jeux olympiques de l'ère moderne s'ouvrent à Athènes.

Le baron Pierre de Coubertin a réussi son pari...

Un jeune journaliste français suit ces premiers Jeux Olympiques pour la Gazette de France. Il s'appelle Charles Maurras.

On pourra lire ci dessous, grâce au beau travail de l'excellent site www.maurras.net, les lettres publiées dans la Gazette du 15 au 22 avril 1896 :

http://www.scribd.com/doc/2415040/Lettres-des-Jeux-olympi...

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2010 : "Première" mondiale au Muséum.
Le Muséum national d’histoire naturelle annonce l’acquisition d'un minéral d’une extrême rareté : une fluorite du Mont-Blanc, qui ne se trouve nulle part ailleurs dans le monde, et qui a été reconnue "Bien culturel d’intérêt patrimonial majeur".
C'est une première en france et dans le monde, pour un objet d'histoire naturelle:
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Publié dans Ephéméride....Ou: Balade dans notre Culture.
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