Le temps de la « bise »…
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Temps difficiles ?
Pas assez pour la grande « jacquerie »…
Portemont, le 2 décembre 2010
SDF hivernaux
Les SDF, “la bise venue”, c’est un souci. En été, on ne les regarde pas trop. Après tout… « pas de loyer, pas d’impôts, pas de femme, pas de mômes, et donc pas de problèmes, sont libres comme le vent, après tout, j’aurais peut-être envie d’être SDF »… Dans le genre « pensées idiotes », on ne fait guère mieux, mais c’est humain.
En revanche, avec le froid, le gel, la neige… on est plus réaliste.
Et, sans se mettre à leur place, en sortant de l’immeuble, l’estomac gavé par le petit-déj, la Navigo RATP bien dans la poche, on ressent tout de même un certain malaise. Le gus ou la gus, y’en a de plus en plus des SDF à sexe faible, il a passé la nuit là, sous des cartons au pire, dans une toile de tente Don Quichotte au mieux, avec un froid pareil, pas de doute, c’est pas comme sous la couette !
On a le droit de se demander, mais surtout, faut pas entrer dans les détails, pourquoi sont pas allés au foyer. Paraît, c’est le Gouvernement et la Municipalité qui le disent, qu’il y a des places vides chaque nuit dans les hébergements d’urgence… enfin, c’est pas mon affaire, mais quand même.
C’est pas « notre » affaire. Vrai. Et après tout, s’ils sont SDF, quelque part, « ils » ont dû le vouloir, non ?
Et puis… on n’est pas responsable. La mondialisation, Brukzelles, les déficits… tout ça, c’est l’évolution normale de la société. C’est donc normal qu’il y en ait qui restent au bord de la route.
Vrai. Absolument. C’est « normal » qu’il y ait des SDF comme il est normal que dans une dictature, qu’il y ait des disparus, une police politique et des camps de concentration.
Les SDF, ils sont utiles, ils ont une fonction sociale. Importante, capitale. Ils nous font peur. Ils sont là pour ça. Et, à la limite, le RMI ou RSA, qu’on leur donne, au Gouvernement, une biture chaque mois, c’est leur salaire. On les paie pour être SDF. On les paie pour nous faire peur. C’est fabuleux, l’époque que l’on vit, les « disparus », ils sont payés pour vivre et mourir dans des camps sans barbelés, sans chiens policiers, sans kapos, sans miradors !
Quelle époque !
Quant à la police politique, pas besoin, y’a Pôle Emploi qu’en fait office.
Sans eux… sans les SDF, et, également, et faut pas l’oublier, sans les crédits à la consommation qui nous remplissent les boites aux lettres chaque semaine, et nous vident les comptes en banque chaque mois, sans les SDF et les Crédits, sans ces deux stupéfiants sociaux, y’aurait longtemps qu’on aurait fichu la pagaille, qu’on serait descendus dans la rue, qu’on aurait fait la Révolution.
Pendus par les Crédits… |
Ne serait-ce qu’il y a cinq ans, avec le Référendum sur la Constitution. Nous on a voté contre, et ils nous l’ont fait passer quand même !
En d’autres époques, sans crédits et sans SDF, du temps où « un salaire devait permettre au chef de famille de nourrir sa famille »… du temps où quelques irréductibles clochards au teint fleuri faisaient les joies des touristes parisiens… en ce temps béni, clôt définitivement un ou deux ans après Mai 68, en ces temps bénis donc, on n’aurait jamais accepté d’être bernés, trahis, roulés dans la farine. On serait descendus dans la rue. On aurait fichu la pagaille. On aurait fait la Révolution.
Mais aujourd’hui, avec cinquante euros en fin de mois, en plus, ou en moins le plus souvent à la banque, on regarde le SDF, sans en avoir l’air, du coin de l’œil, et arrivé au boulot, on sourit au patron. Au petit patron qui lui-même, a la trouille de son banquier.
Un système parfait. Une forme accomplie du “Meilleur des mondes”.
Le SDF se les gèle, et nous on a peur. Et les gros, les gras, les obèses de chez Mammon et, eux, ils se frottent les mains qu’ils ont douces, pfuiiitt pfuiiitt font les actions et autres “valeurs” boursières sous leurs doigts, ça produit pas de cal, ce papier-là, pas plus que les couverts argentés du Fouquet’s.
Le SDF se les gèle, et nous on a peur. Et “nos” soldats vont répandre la mort afin de produire encore plus de candidats aux explosions suicides. Le terrorisme “islamique”, c’est presque aussi bon que les SDF pour qu’on la ferme. Et à cause de cette “menace”, on voit maintenant des bidasses professionnels armés jusqu’aux dents dans nos métros et dans nos bus… alors que jadis la République interdisait aux “militaires” d’agir sur le sol national. Là, ils sont prêts à répondre à toutes les “menaces”, à commencer par celle du Peuple. C’est-à-dire nous, à supposer qu’on se réveille…
Le SDF se les gèle, et nous on a peur. Et les banques continuent de faire du n’importe quoi. 100 milliards d’euros pour venir en aide aux banquiers irlandais… pas mal ! Le quart, sur dix ans, et y’aurait plus d’enfants morts de paludisme !
Le SDF se les gèle, et nous on a peur. Et on laisse Kadhafi monter des camps de la mort en plein désert pour les sans-papiers dont il est chargé de protéger l’Europe vieille, égoïste et riche. Celle de Brukzelles. Celle des banquiers. Celle de Mammon.
Le SDF se les gèle, et nous on a peur. Et on nous met le Veau d’Or dans nos assiettes. Enfin… virtuellement !
Rodolphe Clauteaux
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